Tous ceux qui ont déjà eu l'occasion d'évoquer le ballon rond en sa présence le savent : Bart De Wever et le football, c'est loin d'être une histoire d'amour. L'homme fort de la N-VA aurait pourtant pu faire un numéro 6 intéressant, grâce à ses indéniables qualités à la récupération. Peu avant la mi-temps du mois d'août, l'homme politique passe d'un podium à l'autre en deux jours, pour prendre la pose au Bosuil à côté de la Croky Cup, avant de s'inviter au Kiel pour célébrer avec le Beerschot le titre acquis en D2.
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Tous ceux qui ont déjà eu l'occasion d'évoquer le ballon rond en sa présence le savent : Bart De Wever et le football, c'est loin d'être une histoire d'amour. L'homme fort de la N-VA aurait pourtant pu faire un numéro 6 intéressant, grâce à ses indéniables qualités à la récupération. Peu avant la mi-temps du mois d'août, l'homme politique passe d'un podium à l'autre en deux jours, pour prendre la pose au Bosuil à côté de la Croky Cup, avant de s'inviter au Kiel pour célébrer avec le Beerschot le titre acquis en D2. Quand les vainqueurs découvrent le revers de la médaille, plus de bourgmestre à l'horizon. Ce week-end, c'est sans Bart De Wever que les deux clubs anversois ont avalé la Wallonie de travers. Dans la foulée d'un succès maîtrisé du Standard au Kiel, le Great Old n'a pas pu contenir le grand galop estival du Zèbre. Anvers battu par Liège, puis par Charleroi. Coup dur d'envergure. De l'autre côté de la frontière linguistique, la trêve internationale est accueillie par des sourires. Charleroi et son sans-faute sont en tête, avec les Rouches dans le rétroviseur. Comme si, privées de la ferveur des rues, les fêtes de Wallonie avaient décidé d'opter pour celles des terrains, avec quelques semaines d'avance sur le programme. Une liesse à huis clos, paradoxe de clubs généralement animés par leurs tribunes bruyantes, mais qui semblent moins gênés que Gand ou Bruges par ces matches en catimini. Chez ces deux rivaux qui aiment rappeler que tout les oppose, il ne faut pas gratter bien loin pour découvrir des points communs. La stabilité, pour commencer. Dans le onze aligné par Philippe Montanier chez les Rats, tous les joueurs étaient déjà présents à Liège la saison dernière. Chez Karim Belhocine, seul l'expérimenté Guillaume Gillet fait office de nouveau venu. En cette période agitée, où les repères sont rares, la continuité est une arme précieuse. Il suffit de compter les transferts effectués cet été par Ostende, Eupen et Mouscron, inconfortablement installés en fond de classement, pour se rendre compte des vertus de la continuité. Là où plusieurs coaches doivent jouer les ostéopathes pour dessiner l'échine de leur équipe, les deux Français s'appuient sur une colonne vertébrale stable. À l'école du football hexagonal, on a également appris à Montanier et Belhocine les bienfaits de la rigueur et de l'organisation. À Sclessin, le coach normand est arrivé avec la mission de solidifier un secteur défensif souvent trop perméable ces dernières saisons. En quatre rencontres, et un seul but encaissé, le Standard semble sur le bon chemin, même si la voie empruntée n'est pas la préférée des amateurs de spectacle. Dans le Pays Noir, son confrère franco-algérien a ajouté le rigoureux vétéran Guillaume Gillet à sa muraille, sans perdre en efficacité offensive. Sur leurs 24 derniers matches disputés en championnat, les Carolos ont conservé quatorze fois le zéro. Pour seulement onze buts encaissés par Nicolas Penneteau. Au pays des bons résultats, on joue forcément la montre sur le marché des transferts. La stabilité, elle est aussi dans la recette pratiquée chaque été par Mehdi Bayat, qui attend les bonnes affaires et vend un titulaire par an pour faire sourire la trésorerie. Cet été, le bon de sortie s'est posé entre les mains de Núrio, parti pour une fortune à Gand avec l'aide d'un Mogi Bayat jamais bien loin quand il faut vendre un joueur au-delà de sa valeur. Du côté de Sclessin, c'est le très contesté Mërgim Vojvoda qui a pris la direction de Turin, où les dirigeants du Toro ont vu en lui un potentiel qui pourrait avoir échappé à bon nombre d'observateurs des pelouses belges. Des latéraux prometteurs, sans être irremplaçables. Sur les terres de la Pro League, le mercato est souvent le moment de vérité de la saison. Celui où les comptes parlent, dans un championnat qui a compris qu'il était voué à se consacrer à l'import-export de talents. Pourtant, certains ont tendance à oublier que la progression sportive passe par des mises à l'étalage ponctuelles et réfléchies pour remplir les caisses sans vider le vestiaire. La Wallonie serait-elle devenue un exemple de rigueur ?