La zone, c'est la conception de jeu appliquée par la majorité des équipes qui militent aujourd'hui au plus haut niveau. C'est aussi le fil rouge de la formation des jeunes préconisée par l'Ecole fédérale des entraîneurs. Ce sont bien sûr les nombreuses compétences attendues au bout de quelques années de pratique footballistique avec ce système qui justifient ce choix. La disponibilité mentale, la concentration, l'intelligence tactique, la polyvalence, la créativité, la solidarité et la communication en seront normalement les acquis les plus remarquables. Il faut néanmoins rester les pieds sur terre et accepter que d'autres conceptions, comme celle du marquage individuel, ont leurs avantages spécifiques. Si la défense à quatre et à plat, comme fondation d'un bloc-équipe, était la panacée universelle, ça se saurait, et tout le monde l'appliquerait.

Ce n'est pas le cas et cela ne le sera jamais ! Ainsi, la Grèce, sous la direction d' Otto Rehhagel, s'est qualifiée pour la phase finale de l'EURO, sur base d'un 3-5-2 avec marqueurs individuels soutenus par un libéro. Autrement dit, la défense de zone n'a pas que des avantages, elle présente aussi quelques faiblesses qui ne sont pas du tout négligeables.

De nouveaux espaces de jeu

L'espace de jeu disponible aujourd'hui ne se trouve plus de manière classique sur les ailes.

Dans le dos du bloc : le terrain compris entre la dernière ligne et le gardien de but est devenu un véritable champ de mines dans notre football actuel. Il suffit de relever l'énorme pourcentage de buts inscrits, même au plus haut niveau, suite à une passe vers l'avant savamment dosée entre deux défenseurs.

Sur le côté du bloc : le flanc opposé à celui où se trouve le ballon est souvent un no man's land que les meilleures équipes exploitent avantageusement par des renversements de jeu en une ou deux passes isolant ainsi un joueur qui plonge dans l'aile non marchante. La qualité technique des ZinedineZidane, Luis Figo, DavidBeckham... en font une arme maîtresse du Real Madrid.

A l'intérieur du bloc : en plus de l'espace à l'extérieur du bloc, il en existe aussi entre les lignes de celui-ci. L'attaquant de pointe qui décroche à la Raúl peut mettre le feu au bloc-équipe. Faut-il le suivre ou non ? Un neuf et demi, au contraire d'un dix ou d'un neuf classiques, se retrouve souvent libre de tout marquage rapproché.

Le faux confort psychologique

Le danger le plus insidieux de la pratique de la zone est de se sentir bien et surtout dégagé de toute véritable responsabilité personnelle. C'est alors que de graves manquements peuvent apparaître.

Le manque d'engagement : on ne peut décider d'aller au duel que si on se sent responsable et qu'on est conscient du danger que représente un adversaire libre de tout marquage en zone de vérité. Il faut une décision d'action immédiate et individuelle. Combien de goals ne voit-on pas, particulièrement lors des centres, inscrits par un adversaire qui se présente seul, comme à la parade, entre plusieurs défenseurs dans les 16 mètres !

Une mauvaise gestion du un contre un : qu'il y ait de moins en moins de grands défenseurs sur le plan individuel est logique. En effet, si un jeune joueur n'est jamais confronté, homme contre homme, face à des attaquants qui veulent le dribbler, comment voulez-vous qu'il perfectionne ses fondamentaux défensifs ? La même réflexion a d'ailleurs toute son importance pour celui qui attaque. Ne pratiquer que de la zone peut s'avérer une erreur grave !

Conclusion

Les mises en garde précédentes sont importantes en période de formation. Elles le sont tout autant chez les seniors. Michel Pavon, le coach des Girondins Bordeaux signalait dernièrement qu'après quelques semaines d'entraînement, il était toujours vital de souligner les fondamentaux du football et donc d'insérer une ou plusieurs séances pratiques avec des connotations de marquage à la culotte. Un savant dosage entre la zone et la pratique du marquage individuel est en tous les cas le meilleur chemin pour maîtriser les nouveaux espaces de jeu et pour éviter que les joueurs ne se complaisent dans un confort psychologique de type placebo.

par Frans Masson - Directeur de la Formation à l'Union Belge.

La zone, c'est la conception de jeu appliquée par la majorité des équipes qui militent aujourd'hui au plus haut niveau. C'est aussi le fil rouge de la formation des jeunes préconisée par l'Ecole fédérale des entraîneurs. Ce sont bien sûr les nombreuses compétences attendues au bout de quelques années de pratique footballistique avec ce système qui justifient ce choix. La disponibilité mentale, la concentration, l'intelligence tactique, la polyvalence, la créativité, la solidarité et la communication en seront normalement les acquis les plus remarquables. Il faut néanmoins rester les pieds sur terre et accepter que d'autres conceptions, comme celle du marquage individuel, ont leurs avantages spécifiques. Si la défense à quatre et à plat, comme fondation d'un bloc-équipe, était la panacée universelle, ça se saurait, et tout le monde l'appliquerait. Ce n'est pas le cas et cela ne le sera jamais ! Ainsi, la Grèce, sous la direction d' Otto Rehhagel, s'est qualifiée pour la phase finale de l'EURO, sur base d'un 3-5-2 avec marqueurs individuels soutenus par un libéro. Autrement dit, la défense de zone n'a pas que des avantages, elle présente aussi quelques faiblesses qui ne sont pas du tout négligeables. L'espace de jeu disponible aujourd'hui ne se trouve plus de manière classique sur les ailes. Dans le dos du bloc : le terrain compris entre la dernière ligne et le gardien de but est devenu un véritable champ de mines dans notre football actuel. Il suffit de relever l'énorme pourcentage de buts inscrits, même au plus haut niveau, suite à une passe vers l'avant savamment dosée entre deux défenseurs. Sur le côté du bloc : le flanc opposé à celui où se trouve le ballon est souvent un no man's land que les meilleures équipes exploitent avantageusement par des renversements de jeu en une ou deux passes isolant ainsi un joueur qui plonge dans l'aile non marchante. La qualité technique des ZinedineZidane, Luis Figo, DavidBeckham... en font une arme maîtresse du Real Madrid. A l'intérieur du bloc : en plus de l'espace à l'extérieur du bloc, il en existe aussi entre les lignes de celui-ci. L'attaquant de pointe qui décroche à la Raúl peut mettre le feu au bloc-équipe. Faut-il le suivre ou non ? Un neuf et demi, au contraire d'un dix ou d'un neuf classiques, se retrouve souvent libre de tout marquage rapproché. Le danger le plus insidieux de la pratique de la zone est de se sentir bien et surtout dégagé de toute véritable responsabilité personnelle. C'est alors que de graves manquements peuvent apparaître. Le manque d'engagement : on ne peut décider d'aller au duel que si on se sent responsable et qu'on est conscient du danger que représente un adversaire libre de tout marquage en zone de vérité. Il faut une décision d'action immédiate et individuelle. Combien de goals ne voit-on pas, particulièrement lors des centres, inscrits par un adversaire qui se présente seul, comme à la parade, entre plusieurs défenseurs dans les 16 mètres ! Une mauvaise gestion du un contre un : qu'il y ait de moins en moins de grands défenseurs sur le plan individuel est logique. En effet, si un jeune joueur n'est jamais confronté, homme contre homme, face à des attaquants qui veulent le dribbler, comment voulez-vous qu'il perfectionne ses fondamentaux défensifs ? La même réflexion a d'ailleurs toute son importance pour celui qui attaque. Ne pratiquer que de la zone peut s'avérer une erreur grave ! Les mises en garde précédentes sont importantes en période de formation. Elles le sont tout autant chez les seniors. Michel Pavon, le coach des Girondins Bordeaux signalait dernièrement qu'après quelques semaines d'entraînement, il était toujours vital de souligner les fondamentaux du football et donc d'insérer une ou plusieurs séances pratiques avec des connotations de marquage à la culotte. Un savant dosage entre la zone et la pratique du marquage individuel est en tous les cas le meilleur chemin pour maîtriser les nouveaux espaces de jeu et pour éviter que les joueurs ne se complaisent dans un confort psychologique de type placebo. par Frans Masson - Directeur de la Formation à l'Union Belge.