Le foot est vraiment formidable. Le temps d'esquisser un nuage de certitudes et l'orage de la réalité déverse ses torrents de vérités. Le temps d'écrire cette phrase et son contraire saute aux neurones. En foot, la vérité de l'instant est balayée par la réalité du suivant.
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Le foot est vraiment formidable. Le temps d'esquisser un nuage de certitudes et l'orage de la réalité déverse ses torrents de vérités. Le temps d'écrire cette phrase et son contraire saute aux neurones. En foot, la vérité de l'instant est balayée par la réalité du suivant. Une action, une contre-action. Un même homme, deux conclusions qui tiennent dans les 10 secondes que prend le temps de les formuler. Un vrai révélateur d'humilité. Il n'y a pas de vérité si ce n'est que " quand les hommes participent à quelque activité que ce soit, tout et son contraire s'expriment, existent et meurent. "Je vous contais dernièrement la nouvelle efficacité défensive d'Arsenal contre Man City : épatante. Avec le destin d'un joueur réincarné. LaurentKoscielny joue ce match parce que ThomasVermaelen a la grippe. Le Français tousse d'abord, devient l'antidote ensuite. Un match superbe et un but qui rapporte. Que demander de plus. On est épaté par cette jeune équipe qui, enfin, sait défendre. On remarque que sur le banc, à côté d' Arsène Wenger, il y a une nouvelle tête. Le légendaire, fidèle et discret Pat Rice a jeté l'anorak. Lui qui accompagnait Wenger depuis son arrivée, il y a seize ans, a pris sa retraite. La cogne de nounours laisse la place à un cogneur. Une gueule de GI style Full Metal Jacket. Ses petits soldats deviennent de vrais Gunners version inverse. Ils canonnent moins mais mouillent les mèches des artificiers d'en face. Il s'appelle Steve Bould, à ne pas confondre avec le génial pianiste Glenn Gould. Si ce n'est que l'un comme l'autre cherchent la partition parfaite. Sans fausse note. Le musicien frôlait l'autisme, le footeux recherche l'étanche. Bould a fait partie de cette défense de plombier avec qui rien ne fuitait. Avec, comme paroxysme, ce titre en 1991. Avec David Seaman, Lee Dixon, Nigel Winterburn à ses côtés, ils n'ont encaissé que 18 buts sur toute la saison. Détail important, cette défense de béton n'a rien raté. 100 % de temps de jeu pour tous. Ça aide. C'est de cette période qu'est née l'expression : " Boring Arsenal ". 1-0 et on ferme. Depuis qu'il est l'adjoint d'Arsène, il l'ouvre beaucoup. Les gamins aussi mais eux ce sont leurs oreilles. Koscielny, héros de Manchester et zéro contre Chelsea. Quoique. On en revient à nos fameuses vérités. Sur le premier but il fait ce qu'on reproche à beaucoup d'autres... de ne pas faire. Il n'oublie pas de s'occuper de son adversaire. Problème : il oublie de regarder le ballon. Règle n°1 : ne pas se laisser obnubiler par le ballon, surtout sur phase arrêtée ou centre. Donc Koscielny applique la règle d'or mais Torres marque. Grande vérité. Et que voit-on quelques minutes plus tard sur l'égalisation d'Arsenal ? David Luiz et John Terry qui ne regardent que le ballon et oublient Gervinho. En deux actions entre deux grandes équipes avec de grands joueurs, on a tout et son contraire. " Comment est-ce possible ? ", hurlent les uns. " A ce niveau-là, c'est impardonnable !", gémissent les autres. Ceux qui se permettent ce genre de jugement oublient que sans cela, le foot se résumerait à de la logique tactique et à un élitisme que l'argent achèterait. A prix d'or. Comme celui du silence... Heureusement que l'imperfection fait partie de notre monde. Heureusement que le plantage fût-il d'une seconde, voire de son dixième, permet tous les possibles. Heureusement que l'aboutissement mène, parfois, à l'endormissement. Depuis deux ans Man City a la meilleure défense. La saison dernière, ils n'ont encaissé que cinq buts sur phase arrêtée. Après six journées, ils en sont déjà à ce total. Embourgeoisement à 100.000 euro la semaine ? Peut-être. Joyeuse incertitude du sport. Peut-être. Notons que notre joyau national Vincent Kompany est le joueur qui tackle le plus et commet le plus de fautes de son équipe. Il y a comme un " blème " autour de lui. Lui, l'élégant, le brillant, le magnifique. Il l'est et le reste comme la certitude qu'en foot, il n'y en a pas. FRÉDÉRIC WASEIGE " En foot, la vérité de l'instant est balayée par la réalité du suivant. "