Le Tivoli est le dernier village où, un chef pas comme les autres résiste fort aux réalités économiques du foot professionnel. Depuis son retour parmi l'élite en 2000, ce club fondé le 26 décembre 1912 lutte âprement avec un mini budget (2,5 millions d'euros, le plus petit de D1)) et une moyenne de 4.000 spectateurs. Tout n'est pas rose au Tivoli secoué pas des " affaires " comme la défenestration récente du manager sportif Stéphane Pauwels, etc.
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Le Tivoli est le dernier village où, un chef pas comme les autres résiste fort aux réalités économiques du foot professionnel. Depuis son retour parmi l'élite en 2000, ce club fondé le 26 décembre 1912 lutte âprement avec un mini budget (2,5 millions d'euros, le plus petit de D1)) et une moyenne de 4.000 spectateurs. Tout n'est pas rose au Tivoli secoué pas des " affaires " comme la défenestration récente du manager sportif Stéphane Pauwels, etc. Mais cela n'a pas ébranlé l'empereur du jeans qui a l'habitude de humer le vent, de deviner les soubresauts de la mode, etc. S'il a beaucoup dépensé, le football lui a apporté une notoriété intéressante dans ses florissantes affaires. En D3 et en D2, Filippo Gaone était toujours très entouré au club. En 1997, trois coaches se succédèrent au Tivoli en une saison : Mark Talbut, André Colasse et Cosimo Schena. C'est la fin d'une époque, le début des ménages à trois du Tivoli. L'arrivée de Jean-Claude Verbist change totalement la donne. Cet ancien joueur du club s'est forgé un gros vécu et beaucoup de relations en tant que syndicaliste parmi les forces vives de la région. Fin 1996, il se contente de missions de scouting avant de monter en grade, d'intégrer le conseil d'administration et de devenir le manager du club en mai 1997. Ses contacts seront utiles. En 1998, il se lance à la recherche d'un jeune entraîneur aux dents longues. Il déniche Marc Grosjean qui abat du très bon travail à l'Union Namur. Jean-Claude Verbist réorganise le club, écarte une série de personnes qui se mêlent de tout, procède au nettoyage du conseil d'administration. La Louvière vit désormais au rythme de trois personnes : Jean-Claude Verbist-Marc Grosjean et Filippo Gaone. En 2000, cette formule est gagnante et La Louvière se propulse parmi l'élite du football belge. " C'était alors un plaisir de travailler avec Filippo Gaone ", précise Verbist. " Il ne mesurait pas sa confiance. Marc Grosjean avait les coudées franches sur le plan sportif. Il me consultait et les dossiers étaient ensuite présentés au président. Ce dernier a toujours compris et accepté nos choix qui tenaient compte de réalités du club. Il n'y avait plus d'interférences et le club réagissait très vite en cas de problèmes " Grosjean approuve totalement cette analyse. En début de saison, les Loups engagent Benoît Thans qui n'était pas heureux à Beveren. Les résultats ne sont pas bons. Les piliers de l'équipe sont âgés. Grosjean doit finalement plier bagages et cède sa place à Daniel Leclercq qui sauve le club et, grâce à son passé français, met le doigt sur ce qui ne va pas : La Louvière s'en sort mais est encore un club amateur. A la fin de la saison, la crise éclate entre le président et Verbist. Ce dernier, le patron et Leclercq conviennent de ne pas prolonger le contrat de Frédéric Tilmant. Des contacts sont pris avec des successeurs. Mais sans prévenir le coach et le manager du club, Gaone offre un nouveau contrat à Tilmant qu'on surnomme le troisième fils du président. En réalité, comme il le prouve actuellement dans son rôle d'adjoint, Tilmant est un enfant de la région, une référence sentimentale pour les supporters, un gars qui mouille son maillot pour Filippo Gaone qui lui a donné du travail, permis de revenir en Belgique, de jouer en D1, etc. Jean-Claude Verbist se fâche, tape du poing sur la table, signe des déclarations fracassantes dans Sport-Foot Magazine, met en doute la gestion de Filippo Gaone. La question est soumise au vote lors d'un conseil d'administration. Verbist quitte le club. C'est une crise importante : le vocabulaire gaonien n'est pas toujours bien compris par la presse. Passionné de football, l'homme fort du Tivoli n'est pas un grand communicateur. Ce premier trio permet d'observer que La Louvière n'a pas les moyens d'avoir une politique à long terme, d'offrir un cadre de travail motivant et moderne à ses collaborateurs, de nourrir un grand projet pour ses jeunes, de bâtir des cellules commerciales et administratives. Gaone déniche un nouveau manager de club : Roland Louf qui attira Ariel Jacobs au Tivoli afin de briser l'inattendue courbe descendante des résultats de Daniel Leclercq en 2000-2001. Louf a tout de suite réduit la voilure, s'est séparé de gros contrats avant de découvrir de nouveaux marchés. En France, il n'était plus question d'aller chercher des mercenaires comme Nicolas Ouédec mais bien de bons joueurs, issus des centres de formations, perdus en National ou à la recherche de nouveaux défis. La Louvière puisa avec bonheur dans le vivier français : Michael Klukowski, Michael Murcy, Maâmar Mamouni, Serge Djamba-Shango, etc. En Belgique, le duo Louf-Jacobs mit la main sur Manaseh Ishiaku, Yannick Vervalle, George Blay, Davy Cooreman, etc. " C'était formidable de travailler dans un climat de confiance ", avance Louf. " En D3 et en D2, le président assistait souvent aux entraînements qui se déroulaient le soir. Un étage plus haut, La Louvière passa à un rythme de travail professionnel. Après les débuts en D1, avec son lot de problèmes et de découvertes comme c'est le cas pour tous les promus, Ariel Jacobs a stabilisé l'équipe, lui a offert une assise, une méthode de travail. C'est un psychologue et cela prouve aussi qu'on doit faire confiance aux gens qui ont envie. Jacobs et moi-même n'avions pas le passé le plus huppé. Gaone aurait pu opter pour des gars qui sont présents à perpète en D1. Il a eu l'audace de faire confiance à des gens qui avaient faim, si je puis dire. Gaone est inépuisable et ne jure que par des collaborateurs qui bossent. Nous avions justifié les espoirs qu'il plaça en nous. Ce furent des moments formidables. La Louvière n'a pas gagné la Coupe de Belgique par hasard : ce fut le résultat d'un très gros travail de notre triangle, comme vous dites. " Après trois ans de présence au Tivoli, Ariel Jacobs et Roland Louf furent recrutés par Genk et Mouscron. Le futur est éternellement incertain et cela use les collaborateurs de Gaone qui, tôt ou tard, lessivés, vidés, changent d'univers. Après les départs de Roland Louf et d'Ariel Jacobs, Filippo Gaone entame la formation de son troisième triumvirat. Tout le monde s'étonne lorsqu'il préfère se doter d'un directeur général avant de s'atteler à la recherche d'un entraîneur. Il débusque en Stéphane Pauwels une personne capable de relever le défi fixé par le président : reconstruire une équipe avec peu d'argent. Pour cela, il va chercher Albert Cartier, ancien entraîneur de Metz pour occuper le poste de coach. Ces deux-là se connaissent du temps de Gueugnon lorsque Cartier y officiait en tant qu'entraîneur et que Pauwels s'y rendait souvent pour y visionner les internationaux algériens lorsqu'il était en poste à Alger. Une complicité était née entre les deux hommes. Pourtant, Cartier ne faisait pas partie des premiers candidats. Pauwels et Gaone n'envisageront sa candidature qu'une fois celles de Laurent Roussey (entraîneur adjoint de Lille), de Jos Daerden et de Ludovic Batelli (en poste à Amiens) écartées soit pour des motifs financiers ou d'incompatibilité ; Emilio Ferrera fut également contacté mais opta immédiatement pour l'offre du Brussels. Pourtant, les premiers contacts s'avèrent difficiles. Le Vosgien accepte les conditions salariales mais désire un contrat de deux ans afin d'obtenir une certaine compensation en cas de licenciement. Gaone lui dira alors : - Vous n'avez pas confiance ? Cartier accepte le contrat d'un an... Durant six mois, le trio va offrir un visage harmonieux. Uni dans tous les combats. Gaone donne carte blanche à ses nouveaux acolytes pour la reformation du noyau. Il n'y a plus que neuf joueurs sous contrat. Cartier fait marcher son influence pour attirer Geoffray Toyes et Mario Espartero qu'il a eu sous ses ordres à Metz alors que Pauwels active ses réseaux français et fait venir dans le Centre des joueurs comme Fadel Brahami, Rafik Djebbour, Yannick Zambernardi, Marc Clamy et autre Nasser Daineche. Le tout pour 64.000 euros, le prix des indemnités de formation payées à Cassis pour Daineche, au Racing Club de Paris pour Clamy et la prime à la signature pour Djebbour. " Il a fallu reconstruire un groupe pour trouver un nouvel équilibre sur et en dehors du terrain ", explique Cartier. " On a privilégié des joueurs qui avaient la mentalité adéquate ". Gaone, fortement accaparé par ses affaires, se montre discret dans toutes ces négociations et n'apparaît que pour signer les contrats et fixer des salaires en rapport avec le budget du club. Les jeunes doivent souvent se contenter d'un salaire de moins de 1.000 euros brut par mois alors que celui des plus gros calibres (Toyes, Espartero et Djebbour) oscille entre 5.000 et 6.000 euros. Pourtant, malgré toutes ses économies de bout de chandelle, les caisses demeurent vides. Et il devient urgent de vendre si le club ne veut pas filer vers la faillite. Le dernier jour du mercato d'été, La Louvière lâche Peter Odemwingie pour 575.000 euros grâce aux contacts que Pauwels entretient avec son ancien employeur lillois. Si ce coup réjouit Gaone, il semble qu'il soit source de première tension entre le président et son directeur général qui voulait réinvestir une partie de la somme récoltée au contraire du président. Pauwels n'avait-il pas compris la précarité des caisses louviéroises ? Certes, il savait le club sans richesse mais l'avait-il imaginé au bord du gouffre ? Non. Or, le spectre d'un dépôt de bilan n'est pas éloigné. Sinon pourquoi encore pousser à effectuer des transferts lors du mercato hivernal. Durant la Noël, Pauwels négocie les départs de Michael Klukowski et de Manaseh Ishiaku à Bruges mais c'est dans son dos et celui de Cartier que celui de Matthieu Assou-Ekotto au Standard s'effectue pour une croûte de pain. Il semble que cela soit à ce moment que le triumvirat commence à vaciller. Les relations s'effritent entre Gaone et Pauwels qui se rapproche de plus en plus des joueurs. L'émergence de l'avocat Laurent Denis date de ce moment-là. La saignée du deuxième mercato porte également un coup au système de Cartier qui rêvait de réaliser un deuxième tour identique au premier : " L'équipe avait été fortement modifiée en été. Nous étions parvenus à trouver un certain équilibre. Et celui-ci a été rompu de la faute du mercato qui a fait plus de mal que de bien. Il perturbe le travail en profondeur. Il a fallu que l'on reconstitue un noyau et nous avons privilégié la solution interne en lançant les jeunes. Pour des raisons économiques mais également parce que le président avait marqué son intention de développer ce secteur ". Pourtant, le clash semble inévitable et cela aboutit au limogeage de Stéphane Pauwels à qui la direction reprochera d'avoir fait perdre de l'argent au club sur de nombreux dossiers non sportifs, le président ayant regretté le manque de présence de son directeur général dans des dossiers commerciaux et administratifs. Ce licenciement sera très mal perçu par les joueurs d'autant plus qu'il intervient dans un contexte financier délicat. Certains n'ont pas reçu leurs émoluments du mois de février. La raison ? Le compte de La Louvière a été bloqué par le club de Roulers qui exigeait de recevoir l'argent (105.000 euros) du transfert de Manaseh Ishiaku. Si La Louvière avait accepté de payer une somme à Roulers, les deux parties divergeaient sur son montant. Alors qu'une procédure de compromis arbitral avait été entamée, Roulers avait procédé à une saisie d'arrêt aboutissant au blocage du compte louviérois. N'ayant pas respecté les règles juridiques, Roulers devra débloquer le compte de La Louvière et se verra infliger des dommages et intérêts. Pourtant comment expliquer que certains joueurs aient pu être payés à heure et à temps et d'autres pas ? Ce retard aura certaines implications. Wagneau Eloi, qui en était déjà venu aux mains avec le comptable du club, a été menacé d'expulsion de son hôtel et a dû régler lui-même une note qui incombe normalement au club. Incidents qui s'ajoutent à d'autres. Comme les levées des options de contrat de nombreux joueurs. Il devait y avoir un accord bilatéral pour aboutir à ces levées. Pourtant, les joueurs n'ont pas été prévenus. Dans un tel contexte, la mise à l'écart de leur confident a été très mal perçue par le groupe. " Nous avons été surpris et peinés. Il aurait pu et dû finir la saison avec nous. Par respect ", dit Geoffray Toyes. Le président devra descendre dans les vestiaires pour apaiser le courroux des joueurs. Pourtant cela n'a pas convaincu tout le monde. Certains éléments se posent des questions et, orphelins de leur homme de confiance, réfléchissent à leur avenir au club. La remarque vaut également pour l'entraîneur qui sort aigri de ce départ. Après avoir attendu de nombreux mois une proposition de prolongation, il a enfin eu une entrevue avec Filippo Gaone jeudi dernier. Pour qu'il reste, le président devra avancer des arguments solides. Sans doute en termes financiers mais également sportifs car l'arrivée des jeunes ne doit pas masquer les carences de cette équipe. " On n'a aucune chance de ne vivre que des jeunes ", ajoute Cartier. " Pour qu'ils s'épanouissent, il faut que des cadres les guident. Or ceux-là, il faudra aller les chercher ailleurs. Il ne faut pas se voiler la face. Nous terminerons la saison avec un noyau de 18 joueurs, c'est beaucoup trop peu. On ne pourra pas tenir une saison complète avec ce nombre ". Et si la politique de transferts des Loups a réussi cette saison, on ne peut l'ériger en habitude. Le départ de Pauwels a créé un vide au poste de manager. Le secrétaire du club, José Lambert, ancien relations publiques de la société Sigma active dans le monde du cyclisme, a repris le rôle de tampon entre la direction et les joueurs mais ne s'occupe aucunement du domaine sportif, financier et commercial laissant ce travail au duo Gaone-Denis. Mais celui-ci n'a pas le carnet d'adresses de Pauwels. Les managers extérieurs ne s'y trompent pas et commencent à affluer au Tivoli. Roger Henrotay a déjà pointé le bout de son nez en proposant plusieurs Brésiliens bon marché. Pas cher, certes mais de quel niveau ? Une autre question se pose. Alors que tout le monde pensait que les transferts avaient rempli les caisses, il semble que celles-ci soient vides. Mais où est passé l'argent ? Certes, on a toujours évoqué le chiffre de deux millions d'euros de rentrées. Ce qui est erroné puisqu'il faut retirer de cette somme les commissions dues aux intermédiaires û même si l'agent de Michaël Murcy attend toujours la sienne après le départ de son poulain au Danemark û et les autres déductions. Mais le restant ? Gaone commencerait-il à se rembourser après avoir énormément investi ses fonds personnels ? Ou le passif était-il plus important que les 300.000 euros constaté à l'arrivée de Pauwels ? En attendant l'avenir semble s'assombrir à moins qu'un énième transfert sauve une nouvelle fois le club de la banqueroute. Silvio Proto sera au centre de toutes les attentions lors des prochains mois. Pourtant, le club ne devra pas se montrer trop gourmand dans ce dossier car une clause stipule que le joueur puisse partir pour un montant de 625.000 euros. Il faudra donc négocier ce transfert en toute honnêteté avec le joueur et son manager Piero Allatta... qui ne figure pas sur la liste des agents reconnus sur le site de la FIFA. Pierre Bilic et Stéphane Vande VeldeSans prévenir Grosjean et Verbist, Gaone OFFRE UN NOUVEAU CONTRAT à TILMANT, son troisième fils LE FUTUR éTERNELLEMENT INCERTAIN use les collaborateurs de Gaone qui, lessivés, changent d'univers