La championne de karaté Julie Debatty et l'ex-international Espoir Alexandre Di Gregorio se marient le 12 juin

La marmite sportive, JulieDebatty est tombée dedans quand elle était petite : " Mon père est professeur de karaté et je suis pratiquement née au-dessus de la salle que gèrent mes parents. Avant de marcher, j'imitais les mouvements et... les kiai des karatékas. C'est venu de manière spontanée : je m'y suis initiée dès l'âge de... deux ans et demi. Cela va faire 20 ans que je le pratique. J'aimais beaucoup l'équitation également, mais à un moment donné, entre l'école, le karaté et les chevaux, il a fallu faire un choix. Avec un certain succès : à ce jour, j'ai déjà collectionné... 17 titres de championne de Belgique. J'ai également remporté la Coupe du Monde à deux reprises : une avec les Juniors, en 2000, et une avec les Seniors, en 2002 ".
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La marmite sportive, JulieDebatty est tombée dedans quand elle était petite : " Mon père est professeur de karaté et je suis pratiquement née au-dessus de la salle que gèrent mes parents. Avant de marcher, j'imitais les mouvements et... les kiai des karatékas. C'est venu de manière spontanée : je m'y suis initiée dès l'âge de... deux ans et demi. Cela va faire 20 ans que je le pratique. J'aimais beaucoup l'équitation également, mais à un moment donné, entre l'école, le karaté et les chevaux, il a fallu faire un choix. Avec un certain succès : à ce jour, j'ai déjà collectionné... 17 titres de championne de Belgique. J'ai également remporté la Coupe du Monde à deux reprises : une avec les Juniors, en 2000, et une avec les Seniors, en 2002 ". Seulement voilà : le karaté ne nourrit pas sa femme. Ce sport est très peu médiatisé et le plus beau palmarès du monde ne suffit pas à séduire des sponsors. " Lorsque j'étais plus jeune, j'adorais participer aux concours de Miss ", raconte Julie. " Une année, j'ai été élue première dauphine de Miss Liège. Je n'ai pas pu participer à Miss Belgique, car je n'avais pas encore 16 ans. A l'époque, je me serais volontiers vue mannequin. Les jeunes filles ont toujours, à cet âge-là, des rêves de princesses : elles aiment porter de belles robes, être bien coiffées. Pour moi, c'était aussi une façon de prouver qu'on pouvait pratiquer le karaté tout en gardant une allure très féminine. Et puis, cela m'a aidé à être davantage médiatisée. Une championne de Belgique de karaté, cela n'intéressait personne. Par contre, une miss qui pratique le karaté, c'était différent ". Aujourd'hui, Julie est employée par l'échevin des Sports de la Ville de Liège, donne des cours de karaté et a inventé le... kaérobic : " En gros, c'est du karaté sur fond musical. Un jour, j'ai pensé que les entraînements seraient moins rébarbatifs si on pouvait s'y adonner en musique. D'autres femmes partageaient mon avis : beaucoup d'entre elles m'ont confié que, si elles hésitaient à choisir le karaté, c'était parce qu'elles avaient peur de prendre des coups et qu'il y avait trop d'hommes... Par contre, elles étaient volontiers tentées par l'aérobic et j'ai donc songé à joindre les deux. Cela a marché. Malheureusement, je n'ai pas eu l'idée de faire du kaérobic une marque déposée. D'autres s'en ont inspiré et ont aussi utilisé le nom ". Son fiancé, l'attaquant de Charleroi AlexandreDiGregorio (qui fêtera ses 24 ans demain), est encore loin d'avoir bâti un tel palmarès. Ces dernières années, il a plutôt joué de malchance. Ancien international Espoir, il avait réussi à inscrire trois buts en six matches sous le maillot du RC Genk, en 2001. Il était parti plein d'enthousiasme vers le Mambourg, mais une blessure au pied a mis du temps à guérir. En outre, il s'est retrouvé dans une équipe qui ne tourne pas et n'a pas toujours bénéficié de la confiance de son entraîneur : " Je ne prends pas beaucoup de risques en affirmant que je ne remporterai jamais 17 titres de champion, ni deux Coupes du Monde. Pour l'heure, mon objectif se limite à reconquérir ma place dans l'équipe fanion du Sporting. C'est à moi à travailler et l'engagement de VictorIkpeba ne me tracasse pas. Je peux aussi évoluer sur le flanc droit ou dans l'entrejeu. Mais pour cela, il faut que je sois débarrassé de mes pépins physiques. Je n'avais jamais été blessé aussi longuement, précédemment. J'ai accueilli l'arrivée de RobertWaseige avec beaucoup d'espoirs. Je n'avais jamais travaillé avec lui mais j'avais eu l'occasion de l'apprécier de loin. Quand il était l'entraîneur du FC Liégeois j'y faisais mes classes en équipes d'âge. L'un de mes grands regrets est de n'avoir jamais pu évoluer en équipe Première à Rocourt. Lorsque j'ai intégré le noyau A, le club avait déménagé à Bureaufosse et le stade ancestral avait été démoli. Il m'a fallu longtemps avant que je me décide à prendre le chemin de Rocourt pour aller au... cinéma ! " Lorsqu'on est blessé, le rôle du partenaire prend encore plus d'importance. " Entre sportifs, on se comprend car on passe souvent par les mêmes tracas ", dit Julie. " Lors de la Coupe du Monde, je m'étais fracturé le poignet, et un peu comme dans le cas de la fracture du pied d'Alexandre, on n'a pas directement cerné la nature du mal et on n'a pas pu me guérir comme il l'aurait fallu. Au bout du compte, j'ai aussi perdu un an. On est vite oublié. Le tout, c'est de savoir se relever. Je suis persuadé qu'Alex y parviendra aussi. La vie est parfois pleine de coïncidences. L'an passé, j'avais été élue Sportive Liégeoise de l'Année. Robert Waseige m'avait remis le prix. Il s'en est souvenu lorsqu'il a débarqué à Charleroi et en a parlé à Alexandre ". Quelle impression cela fait de vivre avec une championne de karaté ? " Pour moi, cela ne change pas grand-chose ", affirme Alex. " Mais beaucoup de gens sont étonnés lorsque je leur présente Julie. Ils s'attendaient à découvrir un mastodonte et découvrent une jeune fille très élégante. Ce sport a encore la réputation d'être excessivement masculin ". " Moi, je n'apprécie pas du tout le football féminin ", avoue Julie. " Ce sport n'est pas fait pour les femmes. Le karaté est, de loin, plus féminin... mais je n'appréciais pas davantage le football masculin. J'ai toujours pratiqué un sport individuel, où la philosophie est très différente : lorsqu'on perd, on ne peut s'en prendre qu'à soi-même. J'ai longtemps eu du mal à accepter les spécificités d'un sport collectif : en foot, on peut gagner des matches en étant mauvais, simplement parce que ses partenaires autour de soi sont bons. Mon père n'aimait pas du tout le ballon rond et ne regardait jamais un match à la télévision. Aujourd'hui, je ne suis toujours pas devenue fanatique, mais j'aime suivre les grands tournois internationaux, comme la Coupe du Monde et le Championnat d'Europe, et j'apprécie le Real Madrid... pas uniquement parce qu'il y a DavidBeckham, aussi pour le jeu qu'il développe. Forcément, j'essaye de suivre le plus possible les matches de Charleroi... et il ne me déplairait de m'essayer un jour comme présentatrice de Match 1. Un autre regard sur ce monde de machos, pourquoi pas ? J'aimais beaucoup l'ambiance de Genk. Ce côté festif et bon enfant m'a sans doute aidé à chasser mes préjugés. Avant de connaître Alex, j'avais juré que je ne sortirais jamais avec un amateur de football et encore moins avec un footballeur. Et pourtant... Alex est devenu l'homme de ma vie ". Ils viennent du froid mais Out of Africa leur a offert un rêve. " Non, moi, j'ai un rêve. Caroline n'en a pas encore trouvé ", rit Christian Wilhelmsson, l'avant anderlechtois. " Elle essaie, vous savez ! Moi, les animaux me fascinent. Ma s£ur est zoologue. Nous devons cette passion à notre grand-mère, qui avait des tortues, des lapins, de tout. En fait, nous lui rapportions tous les animaux que nous trouvions. Maintenant, j'ai un perroquet, qui... miaule. J'aimerais avoir un chien mais avec mes déplacements, c'est difficile, surtout que Caroline travaille, pour ne pas rester entre ses quatre murs. Nous aimerions diriger une réserve en Afrique. Ma s£ur possède les connaissances requises, Caroline peut s'occuper des animaux. Et moi ? (il rit) Je passerai mon temps sur la plage. J'aimerais un tigre, un cygne et quelques chiens ". Caroline joue au football, un sport couramment pratiqué par les Suédoises. Elle a commencé à l'âge de neuf ans. Elle a évolué à Lörby IF, en D2, et se produit maintenant dans une équipe internationale, plutôt pour rencontrer des gens. De même, elle suit des cours d'aérobic. Christian : " Pourtant, en Suède, elle était très motivée par le foot et s'entraînait quatre ou cinq fois par semaine. Je ne discute guère football avec elle. Mon père est mon interlocuteur privilégié. Parfois, je pense trop au foot et je réponds n'importe quoi quand Caroline s'adresse à moi. Ce sont deux sports différents. Il ne faut pas les comparer. Le championnat du monde féminin a été de grande facture. Le football est le premier sport féminin en Suède. On retransmet des matches en direct et il n'est pas rare de dénombrer 5.000 personnes dans les tribunes. Ceci dit, on rencontre beaucoup de lesbiennes en football. Pourquoi ne pas le dire ? Nous n'avons pas de tabous, en Scandinavie. Nous vivons et nous laissons vivre. Nos parents nous laissent énormément de liberté. Nous venons d'une petite ville, mais à Stockholm, par exemple, cette liberté est beaucoup plus manifeste encore. Elle se traduit aussi par l'ouverture de la société. Mêmes les personnalités sont aisément abordables, ce qui a coûté sa vie à notre ministre des Affaires Etrangères, d'ailleurs. Pour nous, ce fut un choc terrible. Sans me comparer à cette personnalité, je ne refuse pas d'interview ni de rencontre avec les supporters parce que je ne veux pas vivre sur mon île. Je ne me prends pas pour une vedette. Je veux être ouvert à tous. Ce n'est pas parce que j'ai eu une queue de cheval à la DavidBeckham qu'il est mon exemple. Je n'aime pas imiter les autres et d'ailleurs, j'ai longtemps eu les cheveux courts ". Christian poursuit : " C'est moi qui ai fait le premier pas vers Caroline mais je suis plus âgé. Je trouve chouette que les femmes puissent draguer ! Les latins sont différents. Ils fondent généralement des grandes familles et ils sont pieds et poings liés par l'anneau du mariage. Mes parents sont divorcés. Ça ne me pose aucun problème. Cependant, nous voulons être fidèles l'un à l'autre ". Caroline : " Le pardon est un long chemin "... La route du jeune couple a été pavée d'obstacles. Christian est parti en Norvège alors que Caroline devait achever ses humanités en Suède. Elle le rejoignait pendant les vacances scolaires et parfois, elle mettait à profit un pont pour passer quelques jours précieux en sa compagnie : " Je rentrais souvent à la dernière minute. Mes parents ne se sont jamais opposés à ces voyages, même si j'étais encore très jeune. De fait, nous sommes sans doute plus libres qu'en Belgique ". Christian : " Ce fut plus dur pour elle car elle n'avait pas le choix, contrairement à moi. D'autre part, j'ai dû me battre, loin des miens, pour me faire une place dans l'équipe. Nous savions que nous devions patienter. Nous communiquions beaucoup par téléphone. Il est difficile, dans ces conditions, de connaître vraiment l'état d'esprit de l'autre, d'imaginer ce qu'il fait, comment il vit. Nous ne sommes pas jaloux et nous savions ce que nous voulions. C'est ce qui nous a soutenus ". Le jeune couple s'est déjà intégré à sa nouvelle vie. Il aménage son cocon, se fait de nouveaux amis et s'intègre avec la même aisance que la plupart des Scandinaves. Tous deux profitent des leçons de français dispensées à Anderlecht. " Les Belges sont très serviables, accueillants, gentils. L'accueil n'est pas le même en Suède, surtout dans les grandes villes. Or, à Bruxelles, tout le monde se précipite pour nous aider, nous guider ". Istvan Dudas sait se servir de ses mains, et pas seulement quand il enfile ses gants de gardien de but. Son garage est devenu un véritable atelier de montage automobile. Il est occupé à fabriquer une Lotus Seven, un modèle sportif légendaire. Un écrou par-ci, un rivet par-là, l'homme sait de quoi il parle. " Je monte cette voiture pièce par pièce ", explique le keeper de Charleroi. " On m'a livré tous les éléments dans quelques dizaines de caisses, ainsi qu'un guide de montage très précis. C'est comme un grand jeu de Lego, finalement. J'ai eu l'idée de me lancer dans ce défi en regardant une émission de la télévision anglaise dans laquelle un médecin expliquait qu'il était parfaitement possible de fabriquer soi-même sa Lotus. Je me suis pris au jeu et Miklos Lendvai vient parfois me donner un coup de main ". Les voitures, c'est l'une des passions de Dudas. Une passion qu'il aurait déjà pu regretter. Il possédait autrefois une Subaru Impreza, un monstre du bitume... " qui nous a valu notre deuxième cambriolage dans cette maison. Elle avait été repérée. Un matin, ma femme a eu la frousse de sa vie en arrivant en bas de l'escalier. La porte avait été fracturée, mon portefeuille et mon trousseau de clés avaient disparu. Ainsi que la Subaru, qui dormait dehors ". Le bolide n'a jamais été retrouvé et Istvan ne se fait plus d'illusions depuis longtemps : " Elle avait sans doute été commandée par des trafiquants et je suis sûr qu'elle a directement été exportée. En attendant, je vais devoir me battre pour convaincre un juge de ma bonne foi. Parce que la compagnie d'assurances ne veut pas nous rembourser. Nous avons dû rédiger la déclaration de vol en français et nous avons commis des erreurs mais c'est triste d'être pénalisé pour cela ". Madame Dudas, Timea Kiss, en a encore des frissons dans le dos : " Quelques mois plus tôt, la maison avait déjà été retournée alors que nous étions en vacances. Deux vols en aussi peu de temps, c'était dur à vivre. Nous avons imaginé de déménager en pleine campagne. Mais rien ne dit que nous aurions été mieux protégés en quittant la région de Charleroi. Alors, nous sommes finalement restés dans cette maison maudite ". Au bout du compte, ces mésaventures n'ont pas eu des effets négatifs pour tout le monde... Le bulldog américain du couple, un malabar qui était condamné à la niche au moment des intrusions, passe aujourd'hui ses nuits à l'intérieur de la maison ! Il fait très calme lors de notre visite. Le petit David (3 ans, speedé comme pas possible) a bien voulu partir à l'école ce jour-là, Istvan a un peu tendance à tourner en rond (depuis un an, il n'a plus que rarement l'occasion de s'illustrer avec le Sporting : Bertrand Laquait est plus qu'indéboulonnable entre les perches) et Timea a mis son parcours de basketteuse provisoirement en veilleuse à cause d'une blessure au genou. Le statut de réserviste d'Istvan provoque des discussions passionnées à la maison. " J'accepte ma place sur le banc ", dit-il. " Laquait est brillant et je n'ai rien à revendiquer. Je ne peux que me tenir prêt. ". Ce n'est pas tout à fait l'avis de Timea : " Mais toi aussi, tu gagnais des points avant de te blesser et de voir débarquer Laquait. Ça me fait vraiment très mal de te voir sur le banc. Plus qu'à toi, visiblement ". Timea, graduée en agronomie et qui avait entamé une formation de kiné avant de suivre son mari à l'étranger, n'est pas une géante mais cela ne l'a pas empêchée de s'illustrer en basket. Elle fut même à deux doigts de passer professionnelle : " La D1 était pro en Yougoslavie. Nous avons remporté le championnat de D2 et je pensais concrétiser mon rêve. Tout en sachant que je n'aurais pas fait fortune dans ce sport. Mais mon club a finalement choisi de ne pas monter car il connaissait de gros problèmes financiers. J'aurais pu avoir d'autres occasions mais j'ai choisi de privilégier à fond la carrière d'Istvan. Je sais que je risque de le regretter dans quelques années. C'est aussi un sujet de discussion qui revient souvent sur le tapis ". Aujourd'hui, elle porte le maillot d'une équipe carolo de 1re Provinciale :" Deux entraînements par semaine et le match du samedi, c'est assez pour une mère de famille ". Timea trouve dans son club une convivialité qui n'existe plus, selon elle, entre les footballeurs du Sporting et leurs épouses. Istvan " Timea et ses coéquipières restent un bon moment ensemble après les matches, qu'elles aient gagné ou perdu. Chez nous, c'est différent. Chaque défaite est prise comme une catastrophe et les joueurs rentrent très vite chez eux. Je suis un peu nostalgique de mes premiers mois au Sporting, quand il existait de vrais liens entre les joueurs et les femmes. Il y avait pas mal d'activités en famille, mais cela n'existe plus ". Timea : " Aujourd'hui, il y a pas mal d'épouses de joueurs que je ne connais même pas. C'est dommage ". Les Dudas ont vécu en Yougoslavie, sont partis en Hongrie, ont regagné leur pays natal, puis sont passés par l'Espagne avant d'aboutir à Charleroi. Ils reconnaissent que cette vie de nomades les a beaucoup fatigués. " C'est pour cela que nous avons introduit une demande de naturalisation belge ", explique Timea. " Voyager continuellement quand on n'a pas d'enfants est agréable mais nous devons penser à notre fils. Quand Branko Milovanovic est venu quelques mois à Charleroi, nous avons remarqué que son enfant de sept ans était très perturbé. Il passait d'un pays à l'autre et il ne faut pas sous-estimer les conséquences de tous ces déménagements sur l'équilibre d'un gosse ". Istvan ne demande donc que de prolonger chez les Zèbres : " J'arrive en fin de contrat. Si Bertrand est toujours ici la saison prochaine, je serai ailleurs. Je veux jouer. Mais si mon concurrent partait, je pourrais resigner au Sporting ". Pascale Piérard, Pierre Danvoye et Daniel Devos" Le karaté est, de loin, PLUS FéMININ QUE LE FOOTBALL " (Julie Debatty)" Nous n'avons pas de tabous en Scandinavie. NOUS LAISSONS VIVRE " (Christian Wilhelmsson )" Ça me fait très mal de te voir sur le banc. PLUS QU'à TOI, VISIBLEMENT ! "(Timea Dudas).