Infrastructures Pas trop de soucis...

Avec ses 10.800 places, le Canonnier n'accueillera jamais un match de Ligue des Champions... ni de Coupe du Monde 2018, mais il dispose de toutes les commodités voulues. Sa capacité est largement suffisante pour son potentiel public. Pour les sportifs, il est bien équipé, avec de vastes vestiaires et une salle de musculation.
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Avec ses 10.800 places, le Canonnier n'accueillera jamais un match de Ligue des Champions... ni de Coupe du Monde 2018, mais il dispose de toutes les commodités voulues. Sa capacité est largement suffisante pour son potentiel public. Pour les sportifs, il est bien équipé, avec de vastes vestiaires et une salle de musculation. Au niveau des terrains d'entraînement, l'équipe Première dispose d'une pelouse jouxtant le Canonnier, longtemps considérée comme un billard mais dont l'état s'est dégradé. Et puis, il y a le centre de formation du Futurosport : un vaste complexe comprenant une dizaine de terrains, dont un synthétique et un terrain couvert, appelé à encore s'étendre. Un bel outil, encore mal exploité jusqu'ici, faute de moyens financiers ou de querelles politico-sportives. Sans être dernier de classe, l'Excelsior ne dispose pas d'un public très nombreux. L'enthousiasme provoqué par la montée en D1, en 1996, s'est estompé et le souffle n'a jamais pu être totalement ranimé. Aujourd'hui, l'Excelsior accueille bon gré mal gré entre 4 et 5.000 spectateurs pour des matches normaux, avec des pointes à 9.000 pour les venues d'Anderlecht et du Standard, ce qui porte la moyenne aux environs de 6.000 par saison. Le bon début de saison a entraîné une légère augmentation de la fréquentation du stade. Par contre, les recettes aux guichets ont flambé, du fait de la suppression des places gratuites. Le public reste bon enfant : peu d'incidents sont à noter et les chants ou gestes provocateurs sont rares, même si le personnel d'encadrement doit rester vigilant. La construction des deux tribunes assises, si elles ont apporté plus de confort, ont diminué l'ambiance : une partie du public est plus " spectateur " que " supporter ". Au niveau des assistances, l'Excelsior reste à la traîne pour deux raisons : 1. Le club est sans passé footballistique, il n'avait jamais évolué en D1 avant 1996 et n'a donc pas eu l'occasion de se bâtir un public autre que régional, au fil des générations. 2. La situation géographique de la ville, blottie dans un cul-de-sac entre la Flandre et la France, est préjudiciable. S'il y a des exceptions, c'est psychologiquement difficile pour un Flamand de traverser l'autoroute E17 pour proclamer : " IkbeneensupportervanMoeskroen. " Et les montées de Zulte-Waregem, Roulers et Courtrai n'ont rien arrangé. Idem pour les Français, qui ont Lille, Lens et Valenciennes à portée de main. L'Excelsior fut un club stable aussi longtemps que Detremmerie se trouvait à la barre. L'ancien bourgmestre a tenu le club à bout de bras aussi longtemps que ses pouvoirs et sa santé le lui permettaient. Mais lorsqu'il s'est retiré, l'ardoise qu'il a laissée a découragé pas mal d'investisseurs potentiels. Depuis, l'Excelsior est devenu l'un des clubs les plus instables - si pas le plus instable - de l'élite. Les présidents se sont succédé, sans parvenir à sauver le club des problèmes dans lesquels il s'était englué : EdwardVanDaele a tenu un mois et FrancisD'Haese quelques mois à peine. Philippe Dufermont, que l'on pensait lié pour de nombreuses années, a quitté ses fonctions après un an et demi. Combien de temps Jean-Pierre Dufermont tiendra-t-il ? L'Excelsior fut longtemps le bébé de Detremmerie, le bourgmestre de la Ville. Une situation qui faisait jaser, à l'époque. Cette situation n'est plus du tout de mise aujourd'hui. " On est sans doute le club qui paie le plus aux pouvoirs publics ", regrette BenoîtRoul, ancien directeur général devenu simple administrateur. " Pour citer un exemple : on doit verser 10.000 euros par saison pour pouvoir disposer du parking devant la nouvelle tribune, alors qu'avant c'était gratuit. On doit également payer tout le personnel d'entretien du stade, qui était jadis mis à la disposition du club. Les frais de fonctionnement ont donc explosé. Par contre, la masse salariale a été ramenée à 60 % du budget. Elle avait augmenté de janvier à mai 2008, parce qu'on avait un très gros noyau suite aux transferts réalisés durant le mercato hivernal, ce qui nous avait obligé à présenter un budget de 11 millions, mais on est aujourd'hui revenu à de plus justes proportions avec un budget prévisionnel qui oscille entre 8 et 8,5 millions. La rumeur affirmant que les salaires ne seraient pas versés est fausse. Le personnel est même payé avant les joueurs. Ce qui est vrai, c'est que la famille Dufermont se sent lâchée à la fois par les sponsors historiques du club et par les pouvoirs publics. On a donc envoyé une lettre à la Ville et à l'IEG, pour les placer devant leurs responsabilités : s'ils veulent un club en D1, ils doivent l'aider. " Sans l'aide, directe ou indirecte, de la Ville, l'Excelsior n'a pas les moyens d'entretenir un club de D1. Lors de la montée en D1, les sponsors avaient, presque tous, été dénichés par Jean- PierreDetremmerie et son entourage. Le club a connu un premier coup dur lorsque La Poste - qui avait signé un juteux contrat de sponsoring de trois ans entre 2000 et 2003 - s'est retirée à la suite d'une restructuration. Dans l'intervalle, l'Excelsior - se croyant à l'abri - avait conclu des contrats plantureux et à long terme avec ses joueurs phares, qu'il a dû honorer malgré la baisse de conjoncture. Cela a failli lui porter un premier coup fatal, en décembre 2004, lorsque le club fut à deux doigts d'être déclaré en faillite. S'ensuivit une période de vaches maigres, et des flirts avec des investisseurs potentiels pas toujours recommandables, en désespoir de cause, jusqu'à l'apparition, voici deux ans, d'un homme qu'on pensait être le Messie : PhilippeDufermont, homme d'affaires mouscronnois établi en Espagne. Il fit un premier geste en sponsorisant le club par l'intermédiaire d'O2XA, un nom spécialement créé pour apparaître sur les maillots. Il permit à l'Excelsior d'obtenir la licence en 2007, en injectant à deux reprises deux millions d'euros à fonds perdus. Mais l'apparition de Dufermont a fait fuir les sponsors historiques du club, toujours très attachés à Detremmerie. Le Messie s'est senti seul et a démissionné en fin de saison dernière, laissant le gouvernail du club à son cousin Jean-Pierre Dufermont. Celui-ci a tenté une opération de relations publiques pour tenter de faire revenir les anciens sponsors, et s'était réjoui du succès recueilli en août, mais les contacts établis à l'époque n'ont pas encore débouché sur des résultats concrets. Aujourd'hui, le sponsor principal de l'Excelsior est toujours Frinver, un promoteur immobilier espagnol qui a signé en 2007 un contrat de quatre ans mais aux conditions financières renégociables chaque année et qui a, comme d'autres, été touché de plein fouet par la crise de la construction en Espagne. Le montant de son apport actuel reste confidentiel. Il y a aussi quelques sponsors plus modestes qui apparaissent sur les nouveaux panneaux LED, mais la direction reconnaît que les recettes sponsoring demeurent insuffisantes. Les recettes aux guichets étant ce qu'elles sont, et les droits TV étant liés aux résultats (l'Excelsior spécule sur un montant oscillant entre 2 et 2,5 millions), le club ne roule donc pas sur l'or. Au niveau du merchandising, un effort a été fait : la gamme REM (Royal Excelsior Mouscron) a été créée et le maillot de l'équipe Première est sans doute l'un des plus beaux de l'élite. Il s'est très bien écoulé au départ, mais les ventes ont actuellement tendance à stagner, notamment parce qu'à l'exception des nouveaux maillots blancs, la gamme n'a pas été renouvelée. par daniel devos