Le prestige et la popularité des Diables Rouges ne datent pas d'aujourd'hui : " Les diamants sont éternels ", dirait James Bond s'il devait parler d'eux. En 2000, Robert Waseige leur avait donné un éclat gagnant, un jeu et une rage de vaincre 24 carats. Pour moi, le technicien liégeois ne pouvait que réussir à la tête de l'équipe nationale. J'avais apprécié sa façon de mener les hommes à Lokeren, à Liège, au Standard, à Charleroi. Il y mit au point de belles équipes, parfois avec peu de moyens. Pour moi, Waseige est un des coaches les plus importa...

Le prestige et la popularité des Diables Rouges ne datent pas d'aujourd'hui : " Les diamants sont éternels ", dirait James Bond s'il devait parler d'eux. En 2000, Robert Waseige leur avait donné un éclat gagnant, un jeu et une rage de vaincre 24 carats. Pour moi, le technicien liégeois ne pouvait que réussir à la tête de l'équipe nationale. J'avais apprécié sa façon de mener les hommes à Lokeren, à Liège, au Standard, à Charleroi. Il y mit au point de belles équipes, parfois avec peu de moyens. Pour moi, Waseige est un des coaches les plus importants de l'histoire du football et c'est toujours un plaisir, un honneur, de parler de football chez lui, à Rocourt. A quelques jours de l'EURO 2000, il assista à la présentation d'un livre consacré à notre équipe nationale : Le Dictionnaire des Diables Rouges. Une brique et une aventure peu commune. Le projet était né dans la tête de mon collègue de longue date, Bruno Govers.Euro Images Productions, qui avait édité l'ouvrage consacré au centenaire du Standard ainsi que la bio à succès d'Enzo Scifo, écrite par le regretté Lucien Gallinella, était intéressé. Claude Henrot, Bruno Dubois, Pierre Danvoye et Geert Lambaerts se joignirent à nous pour former une Dream Team. Nous avons souqué un an pour structurer cette Bible, récolter les statistiques de l'équipe, les données de chaque international, au point de jeter un coup d'oeil sur des actes de naissance pour vérifier l'orthographe de certains noms de famille. Les plus capés ont eu droit à un traitement de faveur, un texte plus long pour bien cerner la qualité de leur apport au profit de l'oeuvre commune, la saga des Diables Rouges. L'enfant est donc né après plus d'un an de travail, de soirées et même de nuits entières passées à décrire sur papier les exploits techniques de Paul Van Himst, la grinta de Jean Nicolay, le courage de Wilfried Van Moer, le but d'Erwin Vandenbergh contre l'Argentine (0-1) lors de l'ouverture du Mundial 82 à Barcelone, la tête en or de Georges Grün à Rotterdam, les chevauchées de Jan Ceulemans sur les pelouses du Mondial mexicain en 1986, etc. Nous revivions de grands moments, un patrimoine à transmettre aux jeunes générations. Ce gros bouquin fut présenté à la presse quelques jours avant les trois coups de l'EURO 2000 avec, en prime, des visages réjouis au moment de porter le bébé sur les fonts baptismaux (photo, de gauche à droite, moi-même, Robert Waseige, Bruno Govers et l'éditeur Didier Roulin ). Un peu plus tard, hélas, Euro Images Productions fut emporté par un orage financier. Le livre ne fut jamais mis en vente et ses auteurs ne reçurent pas un sou. Tout ce travail pour rien ? Non. Comme Bruno, je le compulse régulièrement car les diamants, et ce livre en est un, sont éternels...?PAR PIERRE BILIC