Durant les cours pour l'obtention de la licence d'entraîneur professionnel, Raymond ne se privait jamais d'intervenir quand il s'agissait de tactique. Il commençait souvent par " Ecoutez un peu le vieux... la tactique, c'est du football, le reste... ça compte pas ! ". Son pouvoir de persuasion et de conviction était à la mesure de son talent, c'est-à-dire phénoménal et exceptionnel. Le tableau mis à sa disposition était toujours trop petit car une fois complètement noirci de croix, de lignes, de noms de joueurs, Raymond en avait encore pour de longues minutes à refaire le monde du ballon rond.
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Durant les cours pour l'obtention de la licence d'entraîneur professionnel, Raymond ne se privait jamais d'intervenir quand il s'agissait de tactique. Il commençait souvent par " Ecoutez un peu le vieux... la tactique, c'est du football, le reste... ça compte pas ! ". Son pouvoir de persuasion et de conviction était à la mesure de son talent, c'est-à-dire phénoménal et exceptionnel. Le tableau mis à sa disposition était toujours trop petit car une fois complètement noirci de croix, de lignes, de noms de joueurs, Raymond en avait encore pour de longues minutes à refaire le monde du ballon rond. " Contre la zone, une défense à plat qui joue le hors-jeu... les diagonales, fieu, il faut jouer comme ça... ", et il noircissait aussi le bout de papier qu'il avait déchiré de la nappe qui recouvrait la table que nous venions de rejoindre pour le dîner. Notre photo 1 montre, en plus de Vedran Runje, neuf Standardmen qui forment un bloc compact (contour bleu) sur leur flanc droit pour faire barrage au porteur du ballon de La Gantoise (cercle rouge). Même si l'occupation du terrain par le Standard est ici exemplaire, deux zones dangereuses pour les Rouches subsistent. La première (contour jaune) est celle comprise entre la ligne défensive et le couvreur que doit être le gardien de but. Un bloc dense et une distance assez courte, entre le bloc et ce dernier rempart, rendent toute passe profonde tellement difficile que le danger devient négligeable ! La deuxième, dessinée en rouge et appelée aile non marchante, est l'espace souvent libre qui existe sur le flanc opposé à celui où se trouve momentanément le ballon. Une transversale qui propulse le ballon de l'autre côté du terrain est dangereuse car le bloc doit glisser et se repositionner. Mieux, une diagonale (flèche rouge), c'est-à-dire une trajectoire qui recherche non seulement l'aile non marchante, mais aussi la profondeur dans le dos de la défense adverse, peut s'avérer mortelle ! La photo 2 illustre à merveille cette façon de faire par les joueurs de St-Trond : après avoir fixé le bloc du Standard d'un côté, Tamas Hajnal évite le pressing (cercle rouge) et s'apprête à tenter la diagonale vers son coéquipier Abdoulaye Diawara (cercle jaune). Sur le cliché 3, on constate que le ballon (cercle blanc) a déjà franchi la moitié de son chemin alors que la plupart des joueurs qui doivent défendre commencent seulement à réaliser qu'il est temps de se repositionner. Après une diagonale réussie, une équipe qui joue simplement, vite et bien se crée pratiquement toujours une occasion de but car elle ne laisse quasiment pas le temps à l'adversaire de se réorganiser. Sur la photo 4, la simple passe en retrait de Diawara (flèche bleue) permettra à Mathieu Beda de faire mouche. Au nom de tous les coaches qui ont suivi la formation professionnelle, merci Monsieur Goethals. Nous n'oublierons pas non plus le geste de l'actuel sélectionneur de l'Italie, Marcello Lippi, qui était à la tête de la Juventus à l'époque de notre visite. Alors que nous étions tous assis face à lui et prêts à l'écouter, il s'est levé pour l'inviter à s'asseoir à ses côtés (photo 5), la place des invités de marque, en particulier du premier vainqueur de la Ligue des Champions ! par Frans Masson