Notre dernière évocation d'un derby des Plats Pays avec Jan Mulder remonte au 4 septembre 1999. Ce soir-là, à Rotterdam, la Hollande et la Belgique se quittent sur un score de parité (5-5) au bout d'un match amical de légende. Le mérite des Diables Rouges est d'autant plus grand que la sélection oranje a franchement de la gueule. Avec pas moins de six joueurs actifs au FC Barcelone (Michael Reiziger, les frères Frank et Ronald de Boer, Philip Cocu, Boudewijn Zenden et Patrick Kluivert) entourés de deux représentants de la Juventus (Edwin van der Sar et Edgar Davids) auxquels il faut encore ajouter Jaap Stam, de Manchester United et Dennis Bergkamp d'Arsenal. Seul Gerard Konterman, l'arrière de Feyenoord, joue alors à domicile.
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Notre dernière évocation d'un derby des Plats Pays avec Jan Mulder remonte au 4 septembre 1999. Ce soir-là, à Rotterdam, la Hollande et la Belgique se quittent sur un score de parité (5-5) au bout d'un match amical de légende. Le mérite des Diables Rouges est d'autant plus grand que la sélection oranje a franchement de la gueule. Avec pas moins de six joueurs actifs au FC Barcelone (Michael Reiziger, les frères Frank et Ronald de Boer, Philip Cocu, Boudewijn Zenden et Patrick Kluivert) entourés de deux représentants de la Juventus (Edwin van der Sar et Edgar Davids) auxquels il faut encore ajouter Jaap Stam, de Manchester United et Dennis Bergkamp d'Arsenal. Seul Gerard Konterman, l'arrière de Feyenoord, joue alors à domicile. Côté belge, en revanche, les employeurs sont essentiellement nationaux. Le Club Bruges table sur Philippe Vande Walle, Eric Deflandre et Gert Verheyen. Anderlecht en fournit deux : Lorenzo Staelens et Bart Goor. Quant au Standard, il doit se satisfaire du seul Emile Mpenza. Au même titre que Genk, avec Branko Strupar, ou de l'Excelsior Mouscron, dans le chef d'Yves Vanderhaeghe. Les autres évoluent à l'étranger mais pas vraiment chez des noms pompeux. A l'image de Jacky Peeters à Arminia Bielefeld. Les deux seules exceptions sont Nico Van Kerckhoven et Marc Wilmots, à l'£uvre à Schalke 04. Une référence qui peut compter. Aujourd'hui, treize ans après, la donne n'est plus du tout la même. Si la crème de la crème des Pays-Bas milite toujours dans des entités prestigieuses, la nôtre n'est plus en reste. De quoi réduire l'écart entre nos deux pays à présent ? Jan Mulder : C'est l'évidence même. Signe des temps : beaucoup d'internationaux belges et néerlandais sont aujourd'hui coéquipiers dans leur formation de club. Je songe à Vincent Kompany et Nigel de Jong à Manchester City, voire à Thomas Vermaelen et Robin van Persie à Arsenal. Ou encore à Daniel Van Buyten et Arjen Robben au Bayern Munich. Du coup, au plus haut niveau, les Diables sont en train de résorber leur retard sur la sélection oranje. La seule différence se situe au niveau des résultats. Car il ne faut quand même pas perdre de vue que la Hollande a été finaliste de la dernière Coupe du Monde. Jan Mulder : A l'analyse, je vois deux problèmes. Tout d'abord, les egos surdimensionnés de certains joueurs. Arjen Robben sort tout juste à ce moment d'une finale de Ligue des Champions perdue contre Chelsea et veut se racheter. Et, il la joue solo sur le terrain. Un tir raté, OK ; un deuxième, passe encore mais quand le troisième est toujours mal cadré, il convient peut-être de songer à ses équipiers, sans doute plus inspirés. Mais le gars n'en a fait qu'à sa tête. Idem pour Robin van Persie. Dès le départ, il doit composer avec la concurrence de Klaas-Jan Huntelaar en pointe. Et est également perso comme nul autre, au point de se retrancher complètement dans sa bulle et d'ignorer superbement tout le monde. Ce n'est pas permis. Cette manie de jouer avec deux contrôleurs. Ces gars-là sont peut-être indiqués dans les transports en commun mais pas sur un terrain de football. Ce n'est pas le couple Nigel de Jong-Mark van Bommel qu'on doit privilégier mais un de ces deux-là, associé à Rafael van der Vaart par exemple. Certains diront que la paire utilisée par Bert van Marwijk a fait ses preuves en Afrique du Sud. Faut pas rigoler. Avec eux au centre de la ligne médiane, le jeu dispensé n'a jamais été aussi pitoyable. La première chose qui me vient à l'esprit, en ce qui concerne cette épreuve, ce n'est d'ailleurs pas notre deuxième place, derrière l'Espagne. Mais plutôt le tackle à hauteur de la poitrine de Nigel de Jong sur Xabi Alonso. T'as honte d'être Néerlandais à ce moment. Tu peux arriver à tes fins une fois, sur base d'une telle approche. L'Inter Milan qui bat le FC Barcelone en demi-finales de la Ligue des Champions ou Chelsea qui fait de même contre le Bayern Munich, en finale de la même compétition, en sont deux exemples. Mais à plus ou moins long terme, ce foot-là n'est jamais payant. Au contraire, il t'inspire du dégoût. Il est heureux que ces succès se limitent le plus souvent à des one-shots. Des équipes pareilles ne s'inscrivent jamais dans la durée, contrairement à un Barça ou à un Manchester United. Je crois davantage en Roberto Mancini qu'en Roberto Di Matteo. Mais de là à parler d'un projet sportif, comme le soutient Vincent Kompany, il y a une marge. Tous ces footballeurs qui ont ces mots-là à la bouche me font rire. Comme Samuel Eto'o qui parle dans les mêmes termes d'Anzhi Makhatchkala. Contribuer à l'essor d'un club au Daguestan : comme dirait l'autre, tu racontes ça à un cheval de bois et il se met à ruer ! Non, la seule chose qui interpelle et motive un joueur, aujourd'hui, c'est le fric. Et si Vince n'est pas parti à Barcelone, comme il en a bel et bien été question à un moment donné, c'est parce que ce club n'a pas pu s'aligner sur ce que City lui a proposé. La preuve : son contrat vient d'être majoré et il gagne 250.000 euros par semaine désormais. C'est pour ainsi dire plus que Lionel Messi. Oui et non. S'il y a des patrons qui veulent débourser des sommes pareilles, c'est leur problème. Ce qui m'irrite plus, c'est l'attitude de diva de quelques-unes de ces stars. A l'image de Robin van Persie, qui a snobé honteusement la presse à l'EURO. Désolé, mais si les joueurs sont grassement payés de nos jours, ce n'est pas grâce à la vente des tickets d'entrée mais plutôt des droits télé. Dès lors, la moindre des politesses est de répondre quand un micro est brandi dans ta direction. A la place de la fédération néerlandaise, j'aurais suspendu le joueur pour attitude déplacée, à l'image de ce que son homologue française a fait avec Samir Nasri. Sans quoi c'est la porte ouverte à tous les écarts. La coloration risque fort de se limiter à un seul joueur : Eden Hazard ( il rit). Pas de problème avec lui, vu ses qualités, il va faire son trou chez les Blues. Sa carrière mérite d'être citée en exemple. Voilà un garçon qui a eu le bon goût de passer par le centre de formation de Lille avant de servir ce club parmi l'élite du foot français. A 21 ans, après avoir gagné tous les prix collectifs et individuels possibles, il me paraît logique de prendre la tangente. Dans une certaine mesure, je comprends également que des gars comme Thibaut Courtois ou Kevin De Bruyne aient choisi d'être prêtés par Chelsea, le premier à l'Atlético Madrid, et le deuxième au Werder Brême, afin de poursuivre leur écolage dans des clubs plus huppés que Genk. Par contre, ce que je pige moins, ce sont les choix de Romelu Lukaku ou du clan Musonda. Pour moi, tant que t'es teenager, t'as intérêt à rester au sein d'un club de la dimension d'Anderlecht. Si t'es bon, on viendra de toute façon t'y chercher. Rom a voulu courir avant de pouvoir marcher et il risque de le regretter. A son poste, il me paraît déjà dépassé, en sélection, par Christian Benteke qui a eu raison de persévérer dans un entourage familier. L'ex-Anderlechtois a perdu un an, quoi qu'il en dise. Il lui en faudra deux autres, au moins, pour revenir à niveau. S'il y arrive, du moins. C'est pas gagné. Quelle est la politique des ténors du football anglais ? Ils prennent, ils soupèsent, puis ils gardent ou ils jettent. A l'échelon d'une valeur confirmée, comme un Edin Dzeko par exemple, ça n'a pas trop d'importance. S'il ne fait pas son trou à City, il fera le bonheur ailleurs. Mais pour un jeune, c'est différent. Aux Pays-Bas, j'ai vécu le cas de Patrick van Aanholt, notamment, considéré il y a quelques années comme l'étoile montante du PSV Eindhoven. Il n'a jamais eu sa chance à Stamford Bridge et s'est retrouvé à Vitesse Arnhem la saison passée. Le Français Gaël Kakuta idem. Promis à un grand avenir, il a été casé à Dijon en 2011-2012. Alors, j'ai bien peur pour tous ces jeunots qui optent pour l'argent facile en bas âge. Que sont devenus, entre-temps, les Kevin Franck, Floribert Ngalula et autre Ritchie De Laet ? Tout ça ne me dit rien qui vaille. Et quand on est jeté comme un kleenex en bas âge, ça fait mal. Tellement mal, parfois, qu'on ne s'en remet jamais. Je connais la Belgique depuis près d'un demi-siècle. J'ose dire qu'elle n'a jamais été aussi fournie en talents. Le hic, c'est que toute cette richesse n'est pas répartie de manière équitable sur le terrain. S'il y a l'embarras du choix pour certains postes, c'est limite à d'autres, comme au back notamment. Devant, il manque aussi un petit fifrelin. Les Diables ne parviennent pas suffisamment à traduire en buts la maîtrise qu'ils affichent sur le terrain. Lors du match amical face à l'Angleterre, à Wembley, c'était édifiant. Plus de 60 % de possession de balle, cette fois-là, mais ce sont pourtant les hommes de Roy Hodgson qui se sont imposés. Et quand on ne marque pas, on appuie généralement tant et plus la man£uvre pour finalement s'exposer à un contre meurtrier. Là aussi, vous en savez quelque chose. Vous avez beau avoir des joueurs d'exception derrière, la maîtrise n'est jamais présente d'un bout à l'autre de la rencontre. Dans un certain sens, la Belgique me fait penser à la Turquie. Elle est capable aussi de déployer de très belles séquences mais elle est hélas souvent victime de ses errances sur le terrain. Et ça ne pardonne pas. Dans le haut du panier, il y a, l'Espagne, l'Allemagne et l'Italie. La Roja s'impose de manière naturelle, compte tenu de ses trois succès de rang en 2008, 2010 et 2012. La Mannschaft, c'est toujours le même rouleau compresseur mais au départ d'une équipe jeune et prometteuse ce coup-ci. Quant à la Squadra, elle m'a plu à l'EURO. Il y a longtemps qu'une équipe italienne ne m'a plus été aussi sympa. Un grand merci à son coach, Cesare Prandelli, qui a eu la très bonne idée de se prononcer en faveur d'une approche positive au lieu de prôner l'attentisme comme ses prédécesseurs. Derrière ce trio, je discerne un autre groupe de trois composé du Portugal, la Hollande et l'Angleterre. Après, il y a la France, la Russie, la Turquie et la Belgique, plus l'un ou l'autre représentant des Balkans et la Grèce. Et, plus loin encore, les nations scandinaves. Cette hiérarchie est en passe d'évoluer, bien sûr, dans l'optique du Mondial 2014. Si la Belgique rate son rendez-vous avec le Brésil dans un groupe de qualification sans réel monstre sacré, ce sera du gâchis. Mais j'y crois. Connaissant Marc Wilmots, je crois qu'il insufflera à cet effectif talentueux la rage dont il était coutumier. Je trouve qu'il n'est pas judicieux de repêcher un coach qui a un passé à la tête de l'équipe. C'est faire du neuf avec du vieux. La preuve : il n'y a pas de révolution de palais dans sa première sélection. Par rapport à l'EURO, seuls Mark van Bommel et Wilfred Bouma ont été écartés. Pour le premier, ce n'est pas une surprise, puisqu'il a d'emblée fait entendre, après l'épreuve, qu'il comptait prendre ses distances vis-à-vis de l'équipe nationale. Quant à l'autre, il fait partie des vétérans : il est normal qu'on le dégomme. Tout ce que j'espère, avec le nouvel entraîneur, c'est que la Hollande opérera à nouveau avec un seul milieu offensif au lieu de deux. Ce serait déjà un énorme progrès. J'ose espérer qu'ils mourront tous avec leurs idées, comme Adrie Koster à Bruges. On a beau dire ce qu'on veut à son propos, ce gars-là a fait vibrer les fans bleu et noir. J'ai eu la chance d'assister au 4-5 qui a scellé le match entre le Club et Genk lors de la phase classique. Des rencontres de ce type, j'en redemande. Somptueux. A l'image du 5-5 lors du derby néerlando-belge de 1999 ( il rit). Reste à voir si tout le monde s'accommodera aussi aisément d'une victoire ou d'une claque pareille. Koster en a fait l'expérience en Flandre. Et, à un moment donné, Mario Been a senti le vent tourner au Racing aussi. John van den Brom a déjà dit, après quelques semaines à peine, qu'il comprend déjà mieux ce que signifie We are Anderlecht au RSCA. Et Ron Jans mesure sans doute lui aussi, mieux que quiconque, après le 1 sur 6 du Standard contre Zulte Waregem et le Lierse, que sa conception du football n'est pas nécessairement celle de l'opposant. Si tous ces coaches sont encore reçus 5 sur 5 en fin de saison, c'est qu'ils auront imposé leur griffe. Mais là aussi, je n'ose jurer de rien. A vrai dire, je vois good old Georges Leekens faire la nique, en fin de campagne, au bataillon néerlandais. Six clubs animent le championnat ces dernières années : les trois grands que sont l'Ajax, Feyenoord et le PSV, auxquels il faut ajouter l'AZ, Twente et, dans une moindre mesure, Heerenveen. Au bout du compte, il n'y aura pas photo entre les Amstellodamois et les autres. Dans une épreuve de longue haleine, ils ont toujours les reins suffisamment solides pour émerger. Il n'y a qu'en Coupe, dans des matches où ça passe ou casse, qu'ils peuvent être surpris. Comme le week-end passé, face au PSV. Le Sporting a peut-être battu les Ajacides 1-3 en 2009-2010 mais l'année suivante, ces derniers se sont imposés 2-0 à l'Arena et 0-3 au Parc Astrid. Lors du premier rendez-vous, le stade Constant Vanden Stock a affiché complet. Mais la deuxième année, il a fallu se contenter de 17.000 personnes au lieu de 22.000. Je suis bien placé pour le savoir puisque j'étais là. Dès lors, je ne crois pas trop au bien-fondé d'une Beneligue. Au départ, il y aura peut-être un effet de curiosité mais je suis d'avis qu'il s'estompera très vite. Après quelques années, le public de Sclessin n'en aura plus rien à cirer d'un match contre Utrecht ou le NEC. Mais il vibrera toujours pour un bon vieux derby contre Saint-Trond. Il en est exactement de même aux Pays-Bas. Les gens y préféreront toujours un NAC-Willem II à la visite du Cercle ou du Lierse. J'ai joui suite à la victoire de Montpellier. Magnifique qu'un club doté d'un budget de 35 millions d'euros soit parvenu à faire un pied de nez à des grosses écuries, aux budgets largement supérieurs. Mais l'argent a force de loi dans le foot et tout porte à croire que le PSG, avec Zlatan Ibrahimovic, ne va pas se faire surprendre une deuxième fois. Si c'est le cas, ce n'est pas le talent à mettre en cause mais plutôt la mentalité. Elle me fait songer à l'Ecosse d'autrefois, avec la technique à la place du physique. Aux Iles, tout s'est toujours circonscrit à une lutte entre le Celtic et les Rangers, avant que ceux-ci ne tombent de leur piédestal récemment. En Liga, la lutte pour le titre est l'affaire du Barça et du Real Madrid. Avec un écart qui s'amenuise mois après mois. Mais quel football ! Non, la Premier League est plus forte. Inscrire plus de 50 buts par saison, comme l'ont fait Lionel Messi et Cristiano Ronaldo, ça en dit peut-être long sur les qualités de ces deux joueurs mais aussi sur le niveau d'ensemble de la Liga. Désolé mais des clubs comme Osasuna ou Saragosse ne valent pas tripette. En Angleterre, ces deux joueurs-là n'arriveraient jamais à un tel total de buts. J'ai un faible pour Axel Witsel. Je dirais donc bien Benfica au lieu du FC Porto de Steven Defour. Sauf si le Liégeois va au Real, évidemment. Dans ce cas-là, les Bleu et Blanc l'emporteront haut la main ( il rit). PAR BRUNO GOVERS - PHOTOS: IMAGEGLOBE/WILLEMS" Le seul prétendu projet qui interpelle les joueurs, c'est l'argent. "" Deux contrôleurs, c'est peut-être indiqué dans les transports en commun mais pas sur un terrain. "