" La main de Thierry Henry ne quitte plus la une de l'actualité. Pauvres Irlandais qui méritaient de prendre part à la phase finale de la Coupe du Monde en Afrique du Sud. Leur mésaventure parisienne fait penser aux injustices dont les Diables furent victimes sur la route de... deux Mondiaux. En 1970, Paul Van Himst et les gars de sa génération, dont je faisais partie, ont pris part à ce qui reste la plus belle Coupe du Monde de tous les temps, au Mexique. Mais on oublie que nous aurions dû être de la partie en 19...

" La main de Thierry Henry ne quitte plus la une de l'actualité. Pauvres Irlandais qui méritaient de prendre part à la phase finale de la Coupe du Monde en Afrique du Sud. Leur mésaventure parisienne fait penser aux injustices dont les Diables furent victimes sur la route de... deux Mondiaux. En 1970, Paul Van Himst et les gars de sa génération, dont je faisais partie, ont pris part à ce qui reste la plus belle Coupe du Monde de tous les temps, au Mexique. Mais on oublie que nous aurions dû être de la partie en 1966 et en 1974, ce qui nous aurait permis de collectionner trois phases finales successives. Les Diables de cette époque détenaient un gros potentiel mais ils ont été roulés dans la farine. Tout le monde tenait à aller en Angleterre où se déroula la phase finale de la World Cup '66. C'était l'occasion de briller sur les pelouses du pays où est né le football. Le 29 décembre 1965, un test-match nous opposa à la Bulgarie. Ce choc eut lieu en Italie, à Florence. En poule de qualification, la Belgique avait été vaincue 3-0 à Sofia mais prit une cinglante revanche à Anderlecht : 5-0. Il y avait des vedettes dans cette formation bulgare : Georgy Naidenov, le gardien, et surtout deux attaquants, Georgy Asparoukhov et Ivan Kolev. La Belgique du sélectionneur fédéral Constant Vanden Stock n'était pas dans un grand jour le jour J, mais nous avons surtout été surpris par des adversaires terriblement engagés. Certainsd'entre eux avaient la bave aux lèvres. Pour nous, ils étaient chargés. Après le match (2-1), ils ont quitté le stade et pas traîné à l'hôtel car un avion les ramena tout de suite à Sofia. S'ils avaient subi un contrôle antidopage, on aurait découvert la supercherie et c'est la Belgique qui se serait rendue en Angleterre. Huit ans plus tard, à Amsterdam, le 18 novembre 1973, il fallait battre les Pays-Bas (0-0 à l'aller à Anvers avec un tir de Jeannot Thissen sur le poteau) pour gagner notre groupe qualificatif. C'était un défi à la mesure de Raymond Goethals, qui avait succédé à Vanden Stock en 1966. A trois minutes du terme, c'était encore 0-0 quand Jan Verheyen marqua sur un coup franc brossé de Van Himst. Suite à l'intervention de son linesman, Pavel Kazakov, l'arbitre russe, annula ce but pour hors jeu de position de Maurice Martens... qui ne participait pas à la phase de jeu. La Belgique était à nouveau privée d'une phase finale sur une injustice. En 1974, les Pays-Bas ne furent battus qu'en finale de la Coupe du Monde par l'Allemagne (2-1) à Munich. " né en 1941, heylens fut un excellent back droit (67x diable rouge, équipe d'europe 65, mondial 70 au mexique, 7 titres et 3 coupes de belgique avec anderlecht). coacha une douzaine de clubs (passa 5 ans au losc et fut coach belge 1984 à seraing). propos recueillis par pierre bilic