Le futsal, combinaison rêvée quand on aime les Diables autant qu'on déteste le froid ? Affirmatif ! Encourager la Belgique par une bonne dizaine de degrés en février, ça vaut son pesant de Brabançonne. Un hymne national d'ailleurs entonné de bon coeur, dans les travées grisonnantes de la Lotto Arena d'Anvers, par une bonne partie du public présent ce samedi-là. Notamment une vingtaine de filles aussi patriotes que déchaînées. Etonnant. Décompte exact : 3724 curieux. Pour un match en salle, ça a de la gueule. Même pour des Championnats d'Europe, même pour une joute du pays organisateur. Décidément, t...

Le futsal, combinaison rêvée quand on aime les Diables autant qu'on déteste le froid ? Affirmatif ! Encourager la Belgique par une bonne dizaine de degrés en février, ça vaut son pesant de Brabançonne. Un hymne national d'ailleurs entonné de bon coeur, dans les travées grisonnantes de la Lotto Arena d'Anvers, par une bonne partie du public présent ce samedi-là. Notamment une vingtaine de filles aussi patriotes que déchaînées. Etonnant. Décompte exact : 3724 curieux. Pour un match en salle, ça a de la gueule. Même pour des Championnats d'Europe, même pour une joute du pays organisateur. Décidément, tout ce qui s'habille en noir, jaune, rouge et qui s'agite avec un ballon rond a plutôt la cote, en ce moment. La Belgique, écrasée quelques jours plus tôt par la Roumanie (1-6), affronte une Ukraine déjà victorieuse de cette même Roumanie. Sale présage. Mais en futsal comme en foot, les deux équipes démarrent à égalité, avant de devoir écrire l'histoire... Petit ballon bleu, surface noire qui crisse, un arbitre de chaque côté du terrain, des godasses fluorescentes pour la plupart des joueurs, un petit garçon roux prêt à éponger les flaques de sueur sous les applaudissements du public : tout est prêt pour ces deux fois 20 minutes de jeu, en temps réel. Et les Diables prennent très rapidement à la gorge leurs homologues ukrainiens, lesquels arborent des maillots encore plus vilains que les nôtres, ce qui n'était pas gagné d'avance. Engagement physique, parfois jusqu'au tacle, tactique affûtée, technique ciselée, contrôles de la semelle, coups de rein meurtriers, appels/contre-appels en religion, changements répétitifs et groupés : le futsal, ça ressemble au petit frère tout en nerfs du grand foot. Pas de but. Mais des beaux gestes, des petits ponts monstrueux qui secouent les gradins, des joueurs belges, majoritairement descendants d'immigrés maghrébins, qui haranguent la foule, des " waar is dat feestje ? Hier is dat feestje " et un 0-0 à la mi-temps. Juste le temps de subir quelques animations un peu gênantes, mélanges redoutables de kitsch et de mauvais goût, et le jeu reprend. Avec une Belgique clairement moins conquérante. Le match s'équilibre, les minutes s'égrènent et le coach national, pantalon noir et chemise blanche à la MarcWilmots, décide de remplacer vite fait le gardien par un joueur de champ supplémentaire, en possession de balle. Tentative de lob ukrainienne, forcément. Sans succès. C'est aussi ce genre de détail qui rend ce sport attrayant et dynamique. Lucio, Hitou ou ElGhaadaoui font le spectacle, une frappe de mule signée Dujacquier vient même écraser le montant. Mais rien n'y fait. Score vierge. L'honneur est plus que sauf, le public ne s'y trompe pas, mais la Belgique est éliminée de son tournoi. En ayant bien veillé à laisser aux moins habitués la carte de visite d'un sport pas toujours reconnu à sa juste valeur. Mais plaisant. Et à l'abri du vent. PAR GUY VERSTRAETEN - PHOTOS: IMAGEGLOBETout ce qui s'habille en noir-jaune-rouge a plutôt la cote en ce moment.