Au début du match en Serbie, on s'en est voulu d'avoir pensé à l'époque que René Vandereycken allait constituer le chaînon manquant dans la reprise de l'équipe nationale. En fin de match, en comptabilisant les deux envois belges qui avaient touché la barre puis un poteau, on s'est dit qu'on n'avait sans doute pas trop manqué de flair, finalement. Mais au moment du dépouillement, on a quand même été déçu.
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Au début du match en Serbie, on s'en est voulu d'avoir pensé à l'époque que René Vandereycken allait constituer le chaînon manquant dans la reprise de l'équipe nationale. En fin de match, en comptabilisant les deux envois belges qui avaient touché la barre puis un poteau, on s'est dit qu'on n'avait sans doute pas trop manqué de flair, finalement. Mais au moment du dépouillement, on a quand même été déçu. N'étiez-vous pas énervés de voir les Belges jouer autant la queue entre les jambes une bonne partie de la première mi-temps ? D'accord : la tactique était claire comme de l'eau de roche. On restait derrière, on attendait les Serbes, on récupérait le ballon et on profitait de l'espace créé entre notre rectangle et l'adverse pour lancer une rocket venue du Qatar. Certains ont dit que c'était " le retour du foot à la belge ". Certes, mais du foot à la belge des années 80. D'il y a un quart de siècle. Et puis, Emile Mpenza gagne des duels mais ne sait toujours pas contrôler un ballon. Quand il le touche, il rebondit systématiquement à plusieurs mètres. Et Moussa Dembele, aligné surtout sur le côté droit du jeu, n'avait qu'une obsession : repiquer vers le centre. Normal quand on est comparé au nieuwe Kluivert en Hollande, mais anormal quand on attend quand même de lui qu'il écarte le jeu, notamment pour laisser de la place aux infiltreurs venus de la deuxième ligne... Ah, cette ligne médiane ! On ne pouvait pas s'attendre à ce qu'elle soit très créative étant donné qu'elle était composée, surtout, de milieux défensifs. Et fallait-il s'attendre à ce que nos arrières latéraux débordent et centrent depuis la ligne de fond comme Drago sur un but qu'on peut montrer dans les centres de formation ? Non, certes non. Les Serbes avaient bien plus de qualités footballistiques dans leurs rangs : technique, conduite de balle, passes, ils étaient meilleurs. Est-ce donc un miracle que nous n'ayons encaissé qu'un but ? Un des poteaux de Stijn Stijnen nous a bien aidés dans ce domaine. A cet instant, une parole d' Aimé Anthuenis nous a traversé l'esprit. " Je n'ai pas assez de talent à ma disposition pour faire mieux ", avait-il dit il y a deux ans. Chose que nous ne lui avions jamais pardonnée. Et bien là, juste avant la fin de la rencontre du Maracana, on avait en pourtant envie de commencer à lui donner raison. Jusqu'au moment où les Belges, qui avaient dit qu'ils allaient en Serbie pour gagner, se sont décidés à attaquer à outrance. Pendant un quart d'heure ! Le Petit Larousse : " A outrance : jusqu'à l'excès ; jusqu'à la victoire totale. Combat. Guerre à outrance ". Cela rappelle que la victoire a un prix : la générosité, le don de soi. Comment ne pas retrouver une citation de Wilfried Van Moer, sans doute l'un des plus grands guerriers de l'histoire du foot belge qui disait -Un vrai Diable Rouge est toujours sublimé en match. Or, on est souvent frustré de voir les Diables donner l'impression de ne pas être à fond. A quoi cela peut-il tenir ? Place-t-on la barre trop haut ? Qui a eu des crampes en fin de match ? Des Serbes, oui. Pas un seul Belge... par john baete