" Cette photo de Raymond Goethals, à pied d'£uvre avec ses Diables Rouges, me rappelle pas mal de souvenirs. Elle a été réalisée à Forest-National qui était le centre d'entraînement de l'équipe nationale jadis. Au cours des années 60, c'est là, en effet, que nous préparions nos rencontres internationales. Notre sélectionneur, Constant Vanden Stock, avait présidé durant trois ans aux destinées de La Forestoise, l'habituel pensionnaire du stade de l'Avenue du Globe. Je suppose que cela l'incita à installer ses gaillards da...

" Cette photo de Raymond Goethals, à pied d'£uvre avec ses Diables Rouges, me rappelle pas mal de souvenirs. Elle a été réalisée à Forest-National qui était le centre d'entraînement de l'équipe nationale jadis. Au cours des années 60, c'est là, en effet, que nous préparions nos rencontres internationales. Notre sélectionneur, Constant Vanden Stock, avait présidé durant trois ans aux destinées de La Forestoise, l'habituel pensionnaire du stade de l'Avenue du Globe. Je suppose que cela l'incita à installer ses gaillards dans ce bel écrin. C'est leur présence là-bas qui explique d'ailleurs le nom de la grande salle de spectacle qui a été érigée à deux pas du stade des fameuses Suzanne, le surnom des joueurs du cru, dû au bandeau que certains d'entre eux portaient dans les cheveux, à l'image de la tenniswoman française Suzanne Lenglen. Le confort, sur place, n'était pas comparable au luxe dans lequel baignent les footballeurs actuels. Le vestiaire était rudimentaire et, durant un temps, on nous demanda même de venir avec nos propres équipements d'entraînement, de préférence de couleur foncée. Le responsable du matériel de l'équipe nationale apportait quand même les ballons, les cônes et les chasubles. J'imagine la tête de Marc Wilmots s'il devait travailler dans de telles conditions. Mais nous, tellement heureux de fréquenter l'endroit, cela ne nous dérangeait pas du tout. C'était un grand honneur de s'y retrouver entre internationaux. On ne débarquait pas là en Porsche, Ferrari ou Bentley et certains y arrivaient même en TTB, train-tram-bus. Après les entraînements, on mangeait un petit bout au restaurant du club de tennis de Forest Domaine. La Forestoise était fière de recevoir régulièrement les Diables Rouges. Ce club n'a compté qu'un seul international, JeanFiévez, avec 3 caps en 1936. Mais il y a deux autres histoires étonnantes : Raymond Braine, un géant de notre histoire (1907-1978, 54 caps, ex-Beerschot, Sparta Prague), termina sa carrière chez les Vert et Blanc en 1944. Et, en 1950, un joueur belge de La Forestoise, Joe Maca, qui avait émigré aux States, où il joua au Hispano Brooklyn, fut repris en équipe nationale américaine durant la Coupe du Monde au Brésil. Bien que n'ayant pas la nationalité américaine, le règlement de la fédération US permettait à des étrangers d'endosser le maillot de cette équipe nationale. Maca a encore joué une saison au White Star en 1950-51 avant de s'établir définitivement aux States. Le RCS La Forestoise, Matricule 51, fondé en 1926, a été radié en 1996 suite à sa fusion avec Léopold Uccle. Le football a perdu de sa superbe dans ce coin de Bruxelles mais certaines belles histoires méritent d'être évoquées. Comme celle de Forest-National, où les Diables Rouges ont préparé tant de grandes rencontres. "PROPOS RECUEILLIS PAR PIERRE BILIC