Je parle de Marcelo Rios et c'est une devinette : si vous avez déjà pigé le rapport, vous êtes sacrément fortiches pour lire dans mes délires ! Indices : c'était un Chilien, gaucher, surnommé le Chinois, 40 ans aujourd'hui. Toujours pas tilt ? Alors, j'explique... c'était un tennisman ! Depuis l'instauration en 1973 du ranking ATP, ils furent 25 à avoir trôné plus ou moins longtemps au sommet de ce classement : et Rios est le seul à y être parvenu (durant 6 semaines) sans avoir jamais réussi à remporter un tournoi du Grand Chelem (1) ! Tout comme la Belgique est désormais le seul pays à avoir atteint le sommet du ranking FIFA sans jamais avoir réussi à s'octroyer un titre mondial ou européen !
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Je parle de Marcelo Rios et c'est une devinette : si vous avez déjà pigé le rapport, vous êtes sacrément fortiches pour lire dans mes délires ! Indices : c'était un Chilien, gaucher, surnommé le Chinois, 40 ans aujourd'hui. Toujours pas tilt ? Alors, j'explique... c'était un tennisman ! Depuis l'instauration en 1973 du ranking ATP, ils furent 25 à avoir trôné plus ou moins longtemps au sommet de ce classement : et Rios est le seul à y être parvenu (durant 6 semaines) sans avoir jamais réussi à remporter un tournoi du Grand Chelem (1) ! Tout comme la Belgique est désormais le seul pays à avoir atteint le sommet du ranking FIFA sans jamais avoir réussi à s'octroyer un titre mondial ou européen ! Rios sera légitimement fier de raconter ça à ses petits-enfants, c'est bien plus qu'un fort joli lot de consolation. Et les Diables pourront avoir la même fierté, même s'ils ne réussissent "que" cela avant de remiser les crampons ! C'est une grosse performance, elle valait bien la java au Heysel, même si d'aucuns disent bof : sur le site de RTL, Emiliano Bonfigli a même fait remarquer que, dans son dernier face-à-face avec ses 9 poursuivants au ranking/FIFA, la Belgique comptait 8 défaites et un nul... D'autres clament que ce classement est guignolesque, bizarroïde, que cette première place ne fait pas de nous les meilleurs du moment, qu'elle ne justifie pas que l'on s'en gargarise, qu'elle peut même générer un complexe néfaste de supériorité ! Eh bien, moi je dis chapeau ! C'est quand même plus chouette qu'être n°1 mondial au ranking des grèves (2), non ? Un Tiens vaut mieux que deux Tu l'auras...et être Number One au ranking FIFA sans décrocher l'Euro 2016 vaut mieux que rien du tout ! D'ailleurs, quand nous étions 74es, nous prenions ce même ranking en (haute) considération pour mieux nous trouver pitoyables, nous lamenter, maudire le pauvre René Vandereycken, jalouser même ceux du sub-top ! Ce classement est alambiqué, il n'est pas ridicule pour autant, et c'est exceptionnel d'y avoir réussi ce que seulement 7 grandes nations du foot (3) ont réussi avant nous : même l'Angleterre n'a jamais été Number One, ni le Portugal, ni l'Uruguay, ni aucun slave ou scandinave ! C'est une perf inscrite à jamais dans l'histoire des Diables, même si nous foirons notre Euro au printemps prochain. Je vais même un peu pousser bobonne dans la surface de réparation : admettons que nous le gagnions, cet Euro 2016, au nez de nos grands voisins organisateurs français qui nous prennent si souvent de haut, à la barbe de nos petits voisins bataves absents qui ont si souvent brillé plus que nous ! Ca sera un grand bonheur, et loin de moi l'idée de le prendre par-dessus la jambière. MAIS extrayons-nous de notre vision belgo-belge, et demandons-nous comment notre victoire sera perçue extra muros : rejoindrons-nous dans la légende les grandes nations du foot ? Pas vraiment. Pas encore. Nous aurons surtout été surprenants, et rejoindrons ainsi la Tchécoslovaquie/1976, le Danemark/1992 et la Grèce/2004 en tant que niqueurs occasionnels des grandes nations du Vieux Continent. Allez, en conclusion, je repousse une fois encore bobonne qui tient bien sur ses vieilles quilles : évidemment qu'être n°1 au ranking/FIFA ne nous transforme pas d'autorité en " meilleurs du monde " ! Mais par le passé, celui qui remporta un titre mondial ou européen fut-il toujours, lui, " le meilleur " à nos yeux, c'est-à-dire celui qui nous avait le plus ébloui ? Poser la question, c'est y répondre. Nous aimons le foot parce qu'il est intrinsèquement polémique. (1) Ça lui reste d'ailleurs sur la patate, Rios essaie aujourd'hui encore de se voir attribuer rétrospectivement l'Open d'Australie 1998 : parce qu'il avait échoué en finale face à Peter Korda, contrôlé juste après positif à la nandrolone ! (2) Ce qu'affirme ironiquement Ladbrokes qui (outre proposer de parier sur le come-back de Daniel Van Buyten dans le onze des Rouches !) ouvre désormais des paris sur nos grèves ! (3) Brésil, Italie, Allemagne, Argentine, Espagne, France et Pays-Bas. PAR BERNARD JEUNEJEAN