Il n'a pas fallu attendre un jour avant que le fléau du racisme ne frappe. Vendredi, alors que les Pays-Bas s'entraînaient à Cracovie, des supporters polonais ont poussé des cris de singe à l'adresse des joueurs de couleur néerlandais. L'UEFA a maladroitement tenté de minimiser les événements mais le mal était fait.

La société polonaise est également gangrénée par un antisémitisme d'autant plus choquant que le pays est sorti traumatisé de la Seconde Guerre mondiale. Dans les stades, les insultes antisémites sont courantes et les blagues anti-juives font partie du quotidien.

Pourtant, la Pologne n'est pas aussi raciste que ses voisines russes ou ukrainiennes et apprend depuis quelques années à intégrer les minorités. Un élu noir est entré au parlement lors des dernières élections, en 2010. Dans le football, la naturalisation du joueur d'origine nigériane, Emmanuel Olisadebe au début des années 2000, a fait avancer les mentalités. " Il convient de faire une grosse différence entre les grandes villes et l'intérieur du pays. A Varsovie, l'étranger est beaucoup mieux accueilli car c'est là que les mentalités sont les plus tolérantes, les plus modernes et les plus ouvertes ", explique le journaliste français Dominic Prusak, qui vit depuis quinze ans en Pologne.

Dans les pays occidentaux, les grandes villes sont confrontées à l'arrivée massive d'immigrants et la cohabitation des cultures peut s'avérer difficile et réveiller un racisme latent. En Pologne, il n'y a pas encore énormément d'immigrants. Les problèmes de cohabitation que les locaux peuvent appréhender comme un envahissement ne se posent donc pas.

Par contre, dans des plus petites villes, comme Lodz, ancien centre textile, touché par une désindustrialisation difficile, les problèmes de racisme sont vivaces. La ville qui propose aux étudiants de certains pays africains de venir étudier gratuitement dans leur université a été confrontée à une rare violence. Récemment, trois Africains ont été tabassés, l'un perdant un £il, sans que cela ne suscite un énorme tollé. Les étudiants africains ont compris le message. Pour beaucoup, Lodz constitue la possibilité d'obtenir un diplôme mais aucun n'envisage de rester.

Le documentaire de la BBC tourné avec le défenseur Sol Campbell et insistant sur le racisme dans les stades polonais, a pourtant fortement choqué l'opinion polonaise qui reproche aux Anglais d'avoir montré une vision biaisée de la réalité. Tourné à Lodz, il se focalise sur la ville la plus raciste de Pologne. " La Pologne ne se résume pas à Lodz ", dit Pruzak. " En même temps, ce documentaire montre une réalité existante. Il y a deux mondes parallèles en Pologne. Celui des villes modernes où la situation va dans le bon sens et une Pologne plus rétrograde et très fermée sur elle-même. "

PAR STÉPHANE VANDE VELDE, ENVOYÉ SPÉCIAL EN POLOGNE

Il n'a pas fallu attendre un jour avant que le fléau du racisme ne frappe. Vendredi, alors que les Pays-Bas s'entraînaient à Cracovie, des supporters polonais ont poussé des cris de singe à l'adresse des joueurs de couleur néerlandais. L'UEFA a maladroitement tenté de minimiser les événements mais le mal était fait. La société polonaise est également gangrénée par un antisémitisme d'autant plus choquant que le pays est sorti traumatisé de la Seconde Guerre mondiale. Dans les stades, les insultes antisémites sont courantes et les blagues anti-juives font partie du quotidien. Pourtant, la Pologne n'est pas aussi raciste que ses voisines russes ou ukrainiennes et apprend depuis quelques années à intégrer les minorités. Un élu noir est entré au parlement lors des dernières élections, en 2010. Dans le football, la naturalisation du joueur d'origine nigériane, Emmanuel Olisadebe au début des années 2000, a fait avancer les mentalités. " Il convient de faire une grosse différence entre les grandes villes et l'intérieur du pays. A Varsovie, l'étranger est beaucoup mieux accueilli car c'est là que les mentalités sont les plus tolérantes, les plus modernes et les plus ouvertes ", explique le journaliste français Dominic Prusak, qui vit depuis quinze ans en Pologne. Dans les pays occidentaux, les grandes villes sont confrontées à l'arrivée massive d'immigrants et la cohabitation des cultures peut s'avérer difficile et réveiller un racisme latent. En Pologne, il n'y a pas encore énormément d'immigrants. Les problèmes de cohabitation que les locaux peuvent appréhender comme un envahissement ne se posent donc pas. Par contre, dans des plus petites villes, comme Lodz, ancien centre textile, touché par une désindustrialisation difficile, les problèmes de racisme sont vivaces. La ville qui propose aux étudiants de certains pays africains de venir étudier gratuitement dans leur université a été confrontée à une rare violence. Récemment, trois Africains ont été tabassés, l'un perdant un £il, sans que cela ne suscite un énorme tollé. Les étudiants africains ont compris le message. Pour beaucoup, Lodz constitue la possibilité d'obtenir un diplôme mais aucun n'envisage de rester. Le documentaire de la BBC tourné avec le défenseur Sol Campbell et insistant sur le racisme dans les stades polonais, a pourtant fortement choqué l'opinion polonaise qui reproche aux Anglais d'avoir montré une vision biaisée de la réalité. Tourné à Lodz, il se focalise sur la ville la plus raciste de Pologne. " La Pologne ne se résume pas à Lodz ", dit Pruzak. " En même temps, ce documentaire montre une réalité existante. Il y a deux mondes parallèles en Pologne. Celui des villes modernes où la situation va dans le bon sens et une Pologne plus rétrograde et très fermée sur elle-même. " PAR STÉPHANE VANDE VELDE, ENVOYÉ SPÉCIAL EN POLOGNE