Liverpool affronte Alavés, ce soir à Dortmund, en finale de la Coupe de l'UEFA. Et dans une semaine, la finale de la Ligue des Champions, à Milan, ne réunira aucune des deux équipes que l'on donnait comme principales favorites, en début de saison: Manchester United et le Real Madrid. On y retrouvera de nouveau Valence, et un Bayern qui a confirmé en match retour des demi-finales la victoire obtenue sur le terrain du Real.
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Liverpool affronte Alavés, ce soir à Dortmund, en finale de la Coupe de l'UEFA. Et dans une semaine, la finale de la Ligue des Champions, à Milan, ne réunira aucune des deux équipes que l'on donnait comme principales favorites, en début de saison: Manchester United et le Real Madrid. On y retrouvera de nouveau Valence, et un Bayern qui a confirmé en match retour des demi-finales la victoire obtenue sur le terrain du Real.Georges Heylens: J'ai vraiment vu un beau spectacle pendant 35 minutes, jusqu'au deuxième but du Bayern. Le tir de Jeremies fut le coup de massue fatal pour le Real. Après cela, les Espagnols me sont apparus empruntés, ils ont perdu beaucoup de ballons et ont même donné des rentrées en touche très approximatives. Cela ne leur ressemble pas. Cette équipe a subitement perdu le sens des réalités et ses joueurs ont baissé les bras. Ils sont apparemment à bout de souffle. Ils m'avaient pourtant laissé une bonne impression au match aller en se créant un paquet d'occasions. Del Bosque aurait dû lancer plus vite Morientes, la semaine dernière. A partir du moment où Guti, Figo et Raul étaient aussi bien muselés qu'au Bernabeu huit jours plus tôt, il devait intervenir. Raul a égalisé à Munich, mais ce fut sa seule action dangereuse sur l'ensemble des deux rencontres. La fatigue des joueurs du Real me semble surtout d'ordre psychologique. Ils sont en haut de l'affiche depuis trois ans et il arrive un moment où on ne parvient plus à gérer sereinement une telle pression. C'est vrai aussi dans le cas de Manchester United, qui semblait posséder, avec le Real, la meilleure équipe de cette Ligue des Champions. Mais cela n'enlève rien aux mérites du Bayern, qui a démontré toute sa valeur lors du match retour. L'absence d'Effenberg dans l'entrejeu a été remarquablement compensée. Ses responsabilités ont été réparties sur toute la ligne médiane et j'ai été impressionné par Jeremies, un joueur qui a trois poumons.Le deuxième but des Allemands nous a rappelé que la défense du Real pouvait commettre des erreurs grossières.Ce n'est pas la première fois, dans cette Ligue des Champions, que le Real affiche de gros manquements défensifs. Il y avait quatre arrières espagnols pour trois joueurs allemands, mais le Bayern a quand même marqué. L'élimination du Real est imputable à sa défense, et surtout à son axe central. Hierro reste un joueur d'exception, doté d'une maturité et d'un bagage technique exceptionnels, mais il est de plus en plus lent et cela se paye au plus haut niveau. Sur trente mètres, il se fait complètement lâcher par Elber. Le Real doit se renforcer défensivement s'il veut à nouveau viser la victoire en Ligue des Champions.Leeds a finalement craqué dans l'autre demi-finale.On s'est une nouvelle fois aperçu, au match retour, que le programme des équipes anglaises est trop lourd. D'accord, Valence n'est pas n'importe qui. Mais j'ai trouvé les Anglais fatigués et beaucoup moins emballants que d'habitude. La suspension de Bowyer a pesé très lourd. Son abattage, son envie de bien faire et sa détermination devant le but ont beaucoup manqué. Loin de moi, toutefois, l'intention de reprocher cette suspension à l'UEFA. Bowyer avait commis un geste inacceptable au match aller et il était normal qu'on le punisse. Helguera n'a pas fait beaucoup mieux la semaine dernière à Munich et lui aussi mérite d'être puni. Ces joueurs doivent prendre conscience qu'ils sont des exemples pour toute l'Europe.Valence et le Bayern ont chacun marqué un but non valable : inquiétant à un tel niveau?Je continue à me demander à quoi sert le quatrième arbitre. Simplement à tenir la comptabilité des cartes jaunes et rouges, à indiquer le temps ajouté et à contenir les entraîneurs dans leur zone? Ce ne serait quand même pas compliqué de leur donner le droit d'analyser en quelques secondes les images des phases litigieuses. Les matches seraient parfois interrompus, mais où est le problème? Chez nous, on autorise bien les arbitres à arrêter une partie si des supporters tiennent des propos racistes... Grâce au grand écran du stade de Munich, tout le public a directement vu qu'il y avait un hands sur le premier but. Mais le goal a quand même été validé. C'est ridicule. Il y a eu plusieurs phases litigieuses cette saison en Coupe d'Europe. Quand se décidera-t-on donc à introduire l'utilisation de la vidéo? David O'Leary a fait remarquer que la vidéo avait servi à condamner Bowyer mais pas à invalider le premier but de Valence: il a raison. Heureusement pour l'éthique sportive, Valence et le Bayern méritaient de toute façon d'aller en finale. Comment voyez-vous cette finale?Elle sera intéressante, même si elle aura inévitablement des relents défensifs. On y retrouvera les deux meilleures défenses d'Europe. Quand on évoque le Bayern ou Valence, on est obligé de mettre plus l'accent sur leur ligne arrière que sur leurs attaquants. C'est malheureux... J'aimerais bien voir, pendant tout un match, le Bayern qui m'a impressionné durant sa première mi-temps contre le Real, la semaine passée. Une équipe qui joue fort haut et à du 200 à l'heure. Munich pourrait se permettre de jouer toujours aussi haut, car il dispose de défenseurs très rapides.Que vous inspire le match Alavés-Liverpool?Je n'exclus pas que les Espagnols aillent au bout de leur rêve et deviennent la vraie révélation de cette saison européenne. Mais ils trouveront en face d'eux un Liverpool qui a tout pour redevenir un grand d'Europe. Gérard Houllier abat un boulot formidable là-bas, même s'il a malheureusement tendance, lui aussi, a privilégier l'organisation défensive au détriment d'un football bien léché. Défendre et sortir à la vitesse de l'éclair, c'est ce qu'a fait Houllier dans tous les clubs où il a travaillé.Pierre Danvoye