La meilleure défense du championnat a pris l'eau de toutes parts en 180 minutes, encaissant 7 buts dans les deux matches les plus importants de 2009. Le mental va être déterminant et on va découvrir dans les prochaines semaines la capacité à se remettre en question de cette jeune équipe.
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La meilleure défense du championnat a pris l'eau de toutes parts en 180 minutes, encaissant 7 buts dans les deux matches les plus importants de 2009. Le mental va être déterminant et on va découvrir dans les prochaines semaines la capacité à se remettre en question de cette jeune équipe. A Braga, le Standard a dû défendre très bas, les Portugais réalisant un pressing énorme sur le porteur du ballon, très haut dans le jeu. Les trois soutiens offensifs de Dieumerci Mbokani que sont Igor de Camargo, Milan Jovanovic et Wilfried Dalmat ont été contraints de travailler davantage en perte qu'en possession de balle. Ils étaient privés de ballon par leur opposant direct respectif, qui allait les chercher plutôt que de les attendre. Les distances à parcourir, notamment pour les deux joueurs de flanc, étaient beaucoup trop importantes pour leur permettre d'apporter le danger dans les 16m adverses. A Anderlecht, les Rouches ont abordé le match avec beaucoup plus d'ambition. Le bloc-équipe s'est automatiquement retrouvé une dizaine de mètres plus haut et Dalmat et Jova ont directement mis la pression sur Olivier Deschacht et Marcin Wasylewski. Dans la construction, on n'a jamais retrouvé dans les deux matches cette facilité à remonter le ballon en combinaisons, véritable marque de fabrique de l'équipe. Les buts et les phases dangereuses en 180 minutes ont été créés sur des percées individuelles ou des longs ballons. La plupart des occasions concédées par le Standard se sont transformées en buts et un très grand pourcentage est passé par le flanc droit. Le triangle MarcosCamozzato, Oguchi Onyewu et Dalmat en a vu de toutes les couleurs à Braga et durant la dernière demi-heure à Anderlecht. La présence de deux demis récupérateurs aurait pu permettre de trouver une solution de couverture, mais tant Axel Witsel que Benjamin Nicaise voire EliaquimMangala n'ont réussi à endiguer la progression des médians d'en face et ainsi priver de ballons les joueurs évoluant sur le flanc gauche adverse. L'absence du régulateur Steven Defour explique en partie ces manquements. Dalmat a défendu plus bas contre Braga que contre Anderlecht, mais dans les deux cas, son apport en perte de balle fut clairement insuffisant, revenant souvent trop tard contre les Mauves et commettant des fautes grossières. Mais il n'est pas un joueur à vocation défensive et Marcos manquait de compétition pour enchaîner deux matches de ce niveau en quatre jours ; d'autant que lui aussi manque parfois de rigueur et d'agressivité défensives. Le deuxième but à Braga et l'occasion en début de match sauvée sur la ligne par Witsel, les 3 derniers buts et l'occasion manquée par Jonathan Legear à Anderlecht : toutes des actions créées sur des centres en retrait ou au cordeau. Une défense est alors toujours mal positionnée, les joueurs étant concentrés sur le ballon et pas sur leur adversaire direct... pourtant beaucoup plus dangereux que le centreur, surtout s'il se trouve sur la ligne de fond. Toute la défense du Standard s'est retrouvée alignée sur ces phases alors que ce comportement ne se justifie plus. Tout le monde est pris à revers et une position en accordéon est plus judicieuse pour couper les angles du centreur. Bref, un comportement étonnant pour la meilleure défense belge. Pendant près d'une heure à Anderlecht, on a vu un Standard ne doutant pas de ses qualités. Mais, dès la deuxième égalisation de Mbark Boussoufa, les Standardmen sont apparus métamorphosés. Physiquement, ils ont donné l'impression de payer les fatigues du match et du voyage en milieu de semaine. Il faudra toute la science du staff et de Guy Namurois en particulier pour redynamiser l'équipe aussi bien psychologiquement que physiquement.