1 LAURENT DEPOITRE PRO LEAGUE DES CHAMPIONS

On connaissait déjà Laurent il y a un an. On parlait alors d'un joueur sympa qui avait gravi les échelons de la D3 à Gand. Douze mois plus tard, Depoitre est devenu champion de Belgique, a marqué plus de buts que Romelu Lukaku en qualifs pour l'Euro et a fait souffrir Garay, Lombaerts, et Mustafi en Ligue des Champions. Même Mestalla n'a pas semblé intimider celui qui, voici quelques années, jouait sur des pelouses plus mauvaises que le terrain d'entraînement de Gand. Mais qui pourra le stopper ?
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On connaissait déjà Laurent il y a un an. On parlait alors d'un joueur sympa qui avait gravi les échelons de la D3 à Gand. Douze mois plus tard, Depoitre est devenu champion de Belgique, a marqué plus de buts que Romelu Lukaku en qualifs pour l'Euro et a fait souffrir Garay, Lombaerts, et Mustafi en Ligue des Champions. Même Mestalla n'a pas semblé intimider celui qui, voici quelques années, jouait sur des pelouses plus mauvaises que le terrain d'entraînement de Gand. Mais qui pourra le stopper ? La chevelure de Wout Faes, la classe de Dante Rigo, les arrêts de Jens Teunckens et les buts de Jorn Vancamp ont montré que le foot belge s'écrivait déjà au futur. Au Chili, les gamins de Bob Browaeys ont atteint les demi-finales après une phase de poules aussi dégueulasse que celle des " grands " au Mondial 86, la médaille de bronze en prime. Mieux que la génération Hazard-Benteke. Reste à choisir entre la suite de carrière de Christian et celle de Dimitri Daeseleire.Son style de bulldozer ferait presque passer Aleksandar Mitrovic pour un poète. Son arrivée sentait presque l'erreur de casting à la Rolando, lui qui ne marquait presque jamais en Italie, et surtout pas sur des centres. Pourtant, mis à part son premier but contre Westerlo, Stefano passe ses week-ends mauves à couper victorieusement des centres dans le petit rectangle. Imprévisible, au vu de ses années dans la Botte. Qui a dit que le recrutement mauve se faisait sans flair ?Et si l'ex-Nantais de l'année n'était pas Adrien Trebel ? Avec ses seize buts en douze mois, le Franco-Algérien est le meilleur réalisateur 2015 du pays. Plus facile de marquer que de faire marquer quand tes attaquants s'appellent Veselinovic et Verdier, certes. Mais ses dribbles précis et sa frappe ravageuse font d'Hanni un candidat de choix pour suivre la trajectoire d'Obradovic ou de Kosanovic. À moins qu'un club étranger ne se décide à faire son shopping derrière les casernes. Avec son style de défenseur rudimentaire et sa gueule cassée, on prédisait ainsi l'avenir de Stijn dans un remake de Piège en haute mer plutôt que sur un banc de touche. Pourtant, après avoir emmené Lommel au tour final, le sosie de Steven Seagal a fait de Waasland-Beveren l'une des équipes les plus agréables à suivre du début de saison. Sacrée prouesse. Alors oui, il a pris des claques contre les ténors. Mais il ose jouer, et ne change pas de philosophie en fonction de l'adversaire. Et ça, c'est beau.Quand il a débarqué en même temps que Yatabaré en fin de mercato, on a beaucoup entendu parler de " transfert-panique ". Mais la panique, c'est lui qui la sème. Son accélération est aussi violente que récurrente, ses dribbles vont vers l'avant et son cerveau ne disparaît pas dans les vingt derniers mètres. Les ingrédients parfaits pour la recette de l'ailier le plus insaisissable du championnat. Paraît qu'il avait le melon en arrivant à Liège. En jouant comme ça, il a le droit.Pendant que Kebano et Dewaest traversaient la frontière linguistique pour goûter à la Cristal et au coaching hurlant de Peter Maes, Dieumerci est resté au Pays Noir. Inconnu il y a un peu plus d'un an, Ndongala a goûté aux joies des play-offs 1, découvert la (presque) Coupe d'Europe avec le tour préliminaire de l'Europa League et sorti la tête des Zèbres de l'eau grâce à ses débordements et centres pour Perbet. De quoi permettre à Mehdi Bayat d'écrire " millions " au pluriel quand on lui parle transfert.Tellement fan de Neymar qu'il imite ses coiffures en même temps que ses dribbles, Junior s'est révélé dès le premier match de la saison en perforant les filets de Bruzzese d'un obus à distance avant de voir rouge. Depuis, il a fait parler de lui en posant ses pieds sur le synthétique du Stayen, et ses fesses sur un siège de Sclessin à la moindre occasion. Suffisant pour décrocher un retour par la grande porte chez " son " Standard. Vous avez déjà entendu Neymar parler avec l'accent liégeois ?Avoir deux " Clasicos " au compteur à 27 ans dans un métier où les trentenaires sont encore des gamins, voilà qui classe d'emblée le personnage. En plus, Bart a la classe de reconnaître que parfois, il se trompe. Comme lorsqu'il annule un but valable de Defour lors du dernier Standard-Anderlecht. Ce n'est pas Serge Gumienny qui en ferait autant. Bart est sympa. Avec tout le monde (sauf avec Mbaye Leye). Même les arbitres assistants qui le côtoient lors de la préparation physique le reconnaissent. Qu'il est loin, le temps où Matz était versé dans le noyau B du Lierse. L'homme qui dispute ouvertement à Silvio Proto le titre de meilleur gardien du championnat depuis le départ de Ryan est même parvenu à devenir Diable rouge suite à la blessure de Thibaut Courtois. De ses arrêts en Ligue des Champions, on retiendra cette main ferme sur le coup franc de Garay, mais surtout ce penalty de Lacazette arrêté pour offrir un premier point à Gand. On connaît la suite.