Pfff. La polémique fatigue. A trois jours de la Journée Mondiale du Fair-Play, je dois récapituler. Je n'aime pas la violence : d'où qu'elle vienne, d'ici ou d'ailleurs, de vous ou de moi.
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Pfff. La polémique fatigue. A trois jours de la Journée Mondiale du Fair-Play, je dois récapituler. Je n'aime pas la violence : d'où qu'elle vienne, d'ici ou d'ailleurs, de vous ou de moi. J'ai honte pour eux quand des Anderlechtois lancent des bananes aux Ivoiriens de Beveren. Je trouve ça archi-nul quand je lis que d'autres fanas mauves ont castagné à Lyon. Je vois même de la violence navrante quand, en finale de Coupe de Belgique, apparaissent à la télé deux petits Trudonnaires d'une dizaine d'années souriants, brandissant une écharpe où se lit " anti-Genk "... Je veux même bien m'admettre moi-même violent en puissance (et critiquable) quand j'écris que j'ai envie de mettre mon poing dans la télé,... ainsi que me l'a fait remarquer un lecteur suite à mon papier sur Makelele ! Mais quand je suis, par malchance, témoin direct d'un bazar désolant que je décris, par tous les saints du Paradis, ça ne signifie pas que je suis anti/tel club, donc pro/tel autre ! Voilà, c'est dit, punt à la ligne ! La prochaine fois que je me retrouve témoin direct d'une horreur footeuse en Belgique, je vous la transpose dans une narration intitulée " Marcel et Georgette à Vladivostok ". Toute ressemblance... Voici dix jours, dans une de ces buvettes de province que je fréquente infiniment plus que les stades de D1, je retombe sur Guy : vieille connaissance arbitrale qui me demande si je suis " toujours supporter du Standard et ce que je pense de l'arrivée d' Emile Mpenza ! J'ai eu beau lui répéter que j'étais neutre et pas rouche NON PLUS, il n'a pas voulu me croire : l'un ou l'autre de mes papiers de jadis (à coloration laudative rouge, ou à coloration critique mauve, va-t-en savoir !) avait dû le persuader de me ranger dans tel camp. Ah, ce besoin ancré d'étiquetage... faut pas s'étonner que Duquesne ait imposé une fancard à tout le monde ! Puis, Guy est reparti à un autre coin de buvette, sans qu'on ait pu papoter d'Emile. Voici donc pour lui ma réponse aux trois questions passionnées du moment. Un. Fallait-il acquérir Emile alors que tout allait bien ? Evidemment oui ! Son arrivée risque-t-elle d'exacerber négativement la concurrence : évidemment non ! On pleurniche déjà suffisamment quand les kings de notre petit championnat nous quittent, on ne va tout de même pas encore pleurnicher quand ils nous reviennent : si tu as compté tes sous sans gaffer et que tu as le fric pour, tu ne vas pas te priver d'une occasion pareille ! Ça me rappelle 80/81, première année d' Ivic à... Anderlecht : début en fanfare inespéré, et néanmoins arrivée de Lozano (déçu par les States) fin novembre ! Emile est un méga plus, d'autant qu'il n'a rien d'un emmerdeur quand il doit s'asseoir sur le banc, il y serait même du genre hyper gentil ! D'accord, comme le veut le foot, c'est triste pour d'autres : mais davantage pour El Yamani ou Aliyu que pour Bangoura ou Kaklamanos souvent cités. Deux. Emile est-il toujours blessé ? Pas toujours : mais ça traîne quand il se blesse, comme souvent les attaquants explosifs,... et Emile est plus explosif que l'explosif moyen. Son temps de jeu en championnat est de 60 % en sept ans, mais faut pas oublier que l'attaquant titulaire type doit être plus proche des 80 % de moyenne que des 100 % ! Faut surtout se demander pourquoi Emile a quasi tout joué durant son année à Mouscron, ainsi que durant ses 18 premiers mois à Schalke, et se dire qu'un toubib ad hoc peut faire de lui, durant sa maturité, un attaquant explosif raisonnablement présent. Trois. Emile n'est pas un buteur. Faux, c'est un attaquant qui bute " normalement " : et un grand attaquant au niveau de notre championnat parce qu'à côté de ça, il déménage exceptionnellement. La polémique est née d'une confusion entre une saison de buteur et une carrière de buteur. A chaque fin de saison, les " meilleurs buteurs ", auxquels tout a souri frôlent effectivement le but par match. Mais sur une carrière entière, les buteurs dits d'exception ne naviguent jamais qu'à une moyenne de 0,5 ou 0,6 : vérifiez comme moi, je l'ai fait via Raul, Elber, Klinsmann, Anderson et d'autres... Emile est à 0,37 et il n'a que 25 ans. par Bernard Jeunejean" E1000 est un attaquant qui marque normalement "