"Du temps de l'URSS, les clubs ukrainiens assumaient déjà un rôle très important ", rappelle l'ancien médian de Charleroi.
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"Du temps de l'URSS, les clubs ukrainiens assumaient déjà un rôle très important ", rappelle l'ancien médian de Charleroi. A 34 ans, Serguei Omelianovitch milite depuis trois ans à Geel où son sérieux et son talent sont appréciés par tous. Il a acheté une maison dans le pays de Spirou mais envisagea cet été de tenter sa chance dans un club ukrainien. Un essai fut même prévu face à Dnipro Dnipropetrovsk mais annulé en dernière minute. " Je suis arrivé de Lugansk en Belgique il y a dix ans ", se souvient-il. Il devait être un des premiers joueurs ukrainiens à débarquer sous nos cieux. Sergiy Serebrennikov (Dynamo Kiev) et Oleg Iachtchouk (ex-Nyva Ternopil) l'ont imité plus tard. D'autres ont été encore plus loin, surtout AndriyShevchenko sous le maillot de l'AC Milan. " La formation a toujours été un des labels du football ukrainien ", affirme Omelianovitch. " Le Dynamo Kiev avait été un pionnier avec le célèbre Valéry Lobanovski. Il a formé des générations entières. Je suis persuadé que le football ukrainien en récolte actuellement les fruits. Cela se voit au niveau des clubs avec le Dynamo Kiev et le Shakhtar Donetsk en Ligue des Champions, mais également en équipe nationale. Celle-ci a les moyens de se qualifier pour la phase finale de la Coupe du Monde. Elle est bien placée dans un groupe très difficile qui compte aussi la Turquie, le Danemark, la Grèce, l'Albanie, la Georgie et le Kazakhstan ". Omelianovitch a eu l'occasion d'assister à plusieurs matches du championnat de son pays. " Il n'y a plus photo entre la Belgique et l'Ukraine ", dit-il. " La compétition ukrainienne est nettement meilleure que la D1 belge. Là-bas, le football est plus viril, très engagé. C'est un combat permanent. Cette dépense physique est une des caractéristiques de ce championnat. Les joueurs sont généralement assez grands et rapides ". Les grands clubs ont trouvé des fonds privés ou politiques. Ils recrutent de la main-d'£uvre étrangère dont pas mal de Brésiliens, d'Africains, de Serbes et de Croates. Des entraîneurs étrangers bien cotés ont également été séduits par des propositions de contrat qu'on ne refuse pas. Le prochain adversaire ukrainien de Bruges ne ressemble en rien au Shakhtar Donetsk qui mit fin avec fracas à ses grands rêves de Ligue des Champions. " Dnipro Dnipropetrovsk constitue un cas à part dans le football ukrainien ", souligne Omelianovitch. " Cette équipe prône avant tout un jeu lié et technique. De plus, elle n'est composée que de joueurs ukrainiens. Attention aux attaquants : ils sont vifs ". Son analyse colle avec celle de José Anigo (Marseille) qui, la saison passée, coacha en Coupe d'Europe pour la première fois de sa carrière face à Dnipro Dnipropetrovsk. " Pas évident ", dit-il avant le match aller au stade Vélodrome. " Ce sont des pros parfaitement préparés ". Marseille s'imposa de justesse à l'aller (1-0, but de Didier Drogba sur penalty) et se contenta d'un blanc au retour de ce 16e de finale de la Coupe de l'UEFA en Ukraine. Rappelons que les Marseillais furent finaliste de cette épreuve. Cette ville industrielle fondée au 18e siècle est située sur le Dniepr et compte 1.189000 habitants. C'est la plus grande ville industrielle sur le Dniepr. Cette région était célèbre pour la production de la houille au Donbass (région importante des mines de charbon à l'est de l'Ukraine), le minerai de fer de Krivoï Rogue et la métallurgie, sans oublier ces célèbres Cosaques aussi téméraires que ceux du Don. Les footballeurs du Dniepr ont pris le relais de ces Cosaques : Bruges sait à quoi s'en tenir. Pierre Bilic