Le duo est reconstitué. De 1995 à 1999, à Ostende, ils s'entendirent comme larrons en foire. En 2001, ils se firent voir chez les Grecs, mais le couple s'est rapidement séparé. Leur Union est à nouveau scellée à Mons-Hainaut et durera au moins jusqu'au terme de la saison.
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Le duo est reconstitué. De 1995 à 1999, à Ostende, ils s'entendirent comme larrons en foire. En 2001, ils se firent voir chez les Grecs, mais le couple s'est rapidement séparé. Leur Union est à nouveau scellée à Mons-Hainaut et durera au moins jusqu'au terme de la saison. Jaumin: Progressivement, avec le temps. Et un peu naturellement. Daniel attrapait les ballons que je lui distillais sous l'anneau. D'autres les laissaient échapper, pensant qu'aussi tard dans l'action, j'allais tenter ma chance plutôt qu'adresser une passe. De notre complicité sur le terrain, est aussi née une grande amitié. Goethals: Cela n'a pas toujours été ainsi. Au début, à Ostende, les disputes étaient fréquentes. Jean-Marc s'habillait dans un vestiaire et moi dans l'autre. Les chaussures volaient à travers les douches. Si l'on raconte aujourd'hui aux frères Bayer que nous sommes devenus les meilleurs amis du monde, ils ne le croiraient pas. Que retenez-vous de votre période ostendaise?Jaumin: Au début, cela n'a pas été facile. Un an plus tôt, j'avais opté pour Fleurus plutôt que pour Malines, parce qu'un certain Ronny Bayer régnait dans la cité archiépiscopale et que je craignais n'avoir pas droit au chapitre. En partant à Ostende, je pensais pouvoir bénéficier d'un temps de jeu appréciable. Puis, plus tard, qui arrive? Tribunal, transfert record, 15 millions de francs belges...L'ami Ronny, évidemment! J'étais encore jeune, et progressivement, j'ai toutefois gagné ma place dans l'équipe. Je suis resté neuf années à Ostende. Et j'y ai vécu quelques sensations très fortes. Comme les titres ou la demi-finale de Coupe Korac contre Estudiantes Madrid. Retourner à Ostende, dimanche, pour la première fois avec un autre maillot sur les épaules, sera vraiment spécial. C'est toujours la même salle, pour peu de temps encore, mais plus du tout les mêmes joueurs. Je ne connais plus que l'assistant-coach Frans De Boeck et le trompettiste. Goethals: Je suis arrivé en 1995. J'ai vécu de très beaux moments à la côte. Malheureusement, cela s'est terminé en eau de boudin. La plupart des joueurs sous contrat à l'époque ont été l'objet d'un redressement fiscal et ont choisi l'exil. Je reproche au club de ne pas avoir pris ses responsabilités. Si le responsable financier avait mal rédigé le contrat, ce n'était pas la faute aux joueurs. Mais c'est nous qui avons dû payer. A l'heure qu'il est, mon dossier est toujours en suspens. Jaumin: Le mien a été réglé, en revanche. En 1999, Jean-Marc part à Malaga et Daniel à Charleroi...Jaumin: Ce que j'ai vécu à Ostende avec Ton Boot m'a préparé aux exigences d'un coach comme Bozidar Maljkovic à Malaga. Je n'ai cessé de progresser: après la demi-finale de Coupe Korac avec Ostende, j'ai disputé une première finale perdue avec Malaga contre Limoges et je l'ai gagnée la saison suivante contre Vrsac, devenant ainsi le premier Belge sacré au niveau européen. Mais, deux années avec Maljkovic, cela use un homme. Goethals: Partir à Charleroi, en 1999, fut la plus grosse erreur de ma carrière. J'avais des propositions d'Italie et d'Espagne. Je pouvais signer pour trois saisons à Pau-Orthez à 200.000 dollars l'année. Mais Eric Somme, que je respecte, m'a fait miroiter un plan de carrière à Charleroi. Il m'a parlé des projets d'extension du Spiroudôme, d'un contrat à long terme. J'ai rencontré Giovanni Bozzi qui m'a tenu un beau discours dont il a le secret, affirmant qu'il m'avait mal jugé la première fois et que j'étais l'homme qu'il lui fallait. Je suis tombé dans le panneau et je le regrette encore. A chaque début de saison, plusieurs joueurs chuchotaient: - Onestdenouveaurepartipourlamêmerengaine! Mais sans oser le dire tout haut. Si je suis finalement parti à Patras, c'est parce que je n'avais plus vraiment l'embarras du choix. Les belles propositions de 1999, ce n'était plus pour moi. En 2001, les liens d'amitié sont devenus tellement solides que Jean-Marc décide de rejoindre Daniel à Patras...Jaumin: Je pouvais partir à Galatasaray, mais j'ai choisi la D2 grecque en raison de la présence de Daniel. Un échec qui m'a permis plus tard de me retrouver libre sur le marché au moment où le Real Madrid cherchait un distributeur intérimaire. Ce que j'ai connu en Grèce dépasse l'entendement. Pendant plusieurs semaines, j'ai dû vivre dans une chambre d'hôtel minuscule, avec ma femme et ma petite fille. Puis, on m'a donné une suite: c'est-à-dire, deux petites chambres contiguës. A force d'insister, j'ai fini par recevoir une villa somptueuse. Mais je n'ai pas eu le temps d'y emménager: je suis parti sans demander mon reste. Je ne pouvais plus supporter la situation. L'entraîneur qui nous avait fait venir, Daniel et moi, a été viré après une défaite en match amical. Je ne vous décris pas son successeur: il demandait à son fils de dispenser les entraînements, pendant que lui-même restait pendu au GSM... Goethals: Personnellement, j'ai terminé la saison. J'ai été victime de mon succès. J'étais devenu une pièce importante sur l'échiquier, j'inscrivais 20 points par match. Jean-Marc devait jouer en position n°2, le distributeur étant un proche du coach. En 2003, Daniel a-t-il rejoint Mons parce que Jean-Marc s'y trouvait?Goethals: Indirectement, oui. Fin 2002, j'ai quitté Larissa parce qu'un changement de coach s'était produit et que le nouveau mentor ne comptait m'utiliser qu'avec parcimonie. J'avais l'intention de m'entraîner avec l'Olympic Mont-sur-Marchienne, un club de D2, lorsque Jean-Marc a insisté pour que j'entretienne ma condition aux Halles de Jemappes. J'étais réticent, j'avais peur du qu'endira-t-on et des supputations qui n'allaient pas manquer de naître. Je n'avais, en effet, qu'une seule idée en tête: repartir à l'étranger. Au fil des séances, je me suis senti bien dans l'effectif borain et chacun -club et joueur- a mis un peu d'eau dans son vin. Je me suis lié jusqu'au terme de la saison, avec une option pour la prochaine. C'est bien pour Mons de posséder plusieurs joueurs belges emblématiques en ses rangs: le club sera plus médiatisé et le public se reconnaîtra. Mon arrivée a un peu redistribué les rôles dans l'équipe. Il faut encore trouver la bonne alchimie. Mais, si le coach n'avait pas été convaincu que je constituais un renfort, il ne m'aurait pas engagé. J'ai remporté deux coupes, mais je n'ai jamais été champion. J'étais à Ostende pendant la domination carolorégienne et à Charleroi lorsque le sacre a changé de mains. Jaumin: Je suis venu à Mons pour essayer de faire progresser un club qui a toujours échoué aux portes de la finale, que ce soit en coupe ou en championnat. Cette lacune doit être comblée. Daniel DevosIls sont là pour faire progresser le club