"Les maillots qui me tiennent le plus à c£ur, dans ma collection, sont liés aux deux années que j'ai passées en Turquie, à Genclerbirligi, entre 2000 et 2002. Le premier est de l'emblématique gardien de l'équipe brésilienne, Claudio Taffarel. Celui-ci évoluait alors à Galatasaray et, après un match face à cette formation, il était venu à ma rencontre. L'objet de son désir ne concernait pas tellement mon maillot mais plutôt mes gants. Je jouais, à l'époque, avec la marque Real et, aux dires de mon prestigieux vis-à-vis, lui-même n'avait jamais eu d'outil...

"Les maillots qui me tiennent le plus à c£ur, dans ma collection, sont liés aux deux années que j'ai passées en Turquie, à Genclerbirligi, entre 2000 et 2002. Le premier est de l'emblématique gardien de l'équipe brésilienne, Claudio Taffarel. Celui-ci évoluait alors à Galatasaray et, après un match face à cette formation, il était venu à ma rencontre. L'objet de son désir ne concernait pas tellement mon maillot mais plutôt mes gants. Je jouais, à l'époque, avec la marque Real et, aux dires de mon prestigieux vis-à-vis, lui-même n'avait jamais eu d'outil aussi bon que celui-là. Il en avait un jour obtenu une paire, par hasard et, après les avoir usés, il n'avait plus jamais réussi à mettre le grappin sur une autre. Quoi de plus normal, dans la mesure où leur conception était belge et distribuée dans notre pays, principalement. Comme je disposais de plusieurs paires de réserve, je lui en ai fourni deux exemplaires. Il était aux anges et m'a demandé ce que je pouvais faire pour lui en échange. Je ne me suis pas fait prier et j'ai requis son maillot, qui n'était évidemment pas celui du premier venu. Avec Genclerbirligi, j'ai eu la chance aussi de disputer une finale de la Coupe de Turquie et de la gagner face à Trabzonspor. Comme c'était le haut fait de ma carrière jusque-là, j'ai tenu à conserver ma vareuse. J'ai accompli la même démarche à l'occasion de ma toute première sélection chez les Aspirants. C'était contre la France, il y a près de dix ans et j'ai toujours cette tenue-là aussi. Heureusement, d'ailleurs, car je n'ai plus guère été appelé par la suite. A un moment donné, j'ai bien cru que j'étais proche des Diables Rouges. C'était lorsque je cassais la baraque en Turquie et que Robert Waseige était le coach de notre équipe nationale. Quand il a débarqué par après au FC Brussels, je lui ai un jour demandé pourquoi il n'avait jamais fait appel à moi. Il a admis, à ce moment, qu'il aurait peut-être dû effectivement songer à moi. Mais le passé est le passé, bien sûr. Un autre shirt qui m'est particulièrement cher est celui de mon ancien coéquipier en Turquie, Ahmed Hassan. J'ai râlé, à un moment donné, en rentrant au pays, en me disant que j'aurais dû réclamer au médian égyptien un de ses maillots. Car c'est tout simplement le meilleur joueur au côté duquel j'ai évolué durant ma trajectoire sportive. La chance aura voulu que ce même joueur aboutisse en Belgique. Lors du premier derby de la saison, à Molenbeek, je n'avais malheureusement pas eu la chance de le croiser. Mais lors du retour, je l'ai apostrophé et, dans l'allégresse générale, au Parc Astrid, il m'a remis son bien. C'est un petit cadeau qui me fait plaisir et qui procurera sûrement autant de satisfaction à mon fils, Bas, qui est son plus chaud partisan. Rien que pour lui, il avait d'ailleurs pris un abonnement à Anderlecht cette saison. C'est tout dire ". par bruno govers