Chouchous du public, faiseurs de spectacle, stars de l'équipe... Les attaquants occupent le poste le plus valorisé. Mais qui sont les meilleurs attaquants du royaume ?
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Chouchous du public, faiseurs de spectacle, stars de l'équipe... Les attaquants occupent le poste le plus valorisé. Mais qui sont les meilleurs attaquants du royaume ? Sport/Foot Magazine s'est penché sur la question et a interrogé ceux qui sont les mieux placés pour juger : leurs opposants directs, les défenseurs. Dix d'entre eux de dix équipes différentes nous ont chacun, sans détour, confié leur top 3 des meilleurs... avec parfois quelques surprises. Voilà ce que donne le classement. Débarqué au Sporting d'Anderlecht en 2008, l'Argentin est loin d'avoir tout de suite fait l'unanimité, la faute à des performances en dents de scie. A tel point que le Gaucho a bien failli quitter notre compétition à l'aube de cette saison. Depuis, il s'est installé dans son fauteuil de titulaire indiscutable et emmène même le classement des buteurs en Europa League avant la rencontre de ce soir contre le Lokomotiv Moscou. Auteur de 7 buts en championnat, il est loin du total de Jérémy Perbet et pourtant les résultats sont formels : le meilleur attaquant de D1, c'est lui. " Cette année, il est vraiment en forme. Avant, il était instable, il faisait un match extraordinaire puis il était moins bon mais là, il a gagné en constance ", avance Ludovic Buysens. " Pour moi, Suarez représente le mix parfait entre la vitesse et la technique. La plupart des attaquants ne possèdent qu'une de ses deux qualités, lui, il cumule. C'est clairement l'attaquant le plus redoutable en Belgique ", ajoute Gonzague Van Dooren. Constance, vitesse et technique font partie de l'arsenal de celui que l'on surnomme la Joya (le bijou) au pays mais ce n'est pas tout. " Ce qui m'impressionne, c'est sa créativité. Il est imprévisible, il fonctionne au feeling. Il fait ce qui lui passe par la tête et il n'a pas besoin de temps réflexion parce qu'il peut se fier à sa technique ", analyse David Vandenbroeck. " Vous pouvez aussi ajouter qu'il est capable d'éliminer seul plusieurs joueurs avant de trouver le décalage. Il cherche sans arrêt à se retourner pour être face au jeu car il sait que c'est dans cette position qu'il est le plus dangereux. Ça le rend très difficile à contrer ", explique Jérémy Taravel. Justement, comment défendre face à un tel joueur ? " Il bouge beaucoup, se déplace sans arrêts sur les flancs, dans l'axe. Il ne faut donc pas le lâcher, appliquer un marquage court sur lui ", juge Sébastien Pocognoli. Pour Miguel Dachelet, " il faut être constamment sur ses gardes pour l'empêcher de se retourner car dans les un contre un, il est quasiment imbattable ". " Tu dois aller le chercher très haut sur le terrain pour le bloquer loin du but ", confirme Peter Franquart, " et surtout ne pas lui laisser d'espace, qu'il ne prenne pas trop de vitesse. Mais c'est plus facile à dire qu'à faire. " Inconnu en début de championnat, le Néerlandais d'origine iranienne est LA révélation du championnat. Après de nombreuses pérégrinations dans des petits clubs bataves, il éclate enfin au point de talonner Perbet au classement des buteurs. Avec 10 buts et 4 assists, il est le Monsieur 50 % de Saint-Trond, impliqué dans plus de la moitié des buts de son équipe. " Sa protection du ballon est terrible. Il nous a fait mal lors des deux matches contre Saint-Trond et ça ne m'étonne pas qu'il marque autant. Il se crée beaucoup d'occasions et est toujours à l'affut devant le but ", souligne le Montois Franquart. " Il est bien bâti, il a de la puissance. C'est déroutant pour un défenseur quand il plonge dans les espaces et il est en permanence à la limite du hors-jeu. Il faut bien communiquer avec ses coéquipiers pour le contrer ", poursuit Poco. " Il joue surtout sur sa vitesse mais il est quand même doué techniquement ", analyse Van Dooren. " Il pousse le ballon et après c'est très facile pour lui, il va à 2.000 à l'heure ! Il faut le serrer de très près et l'empêcher de se retourner sur son pied gauche. "De retour au Standard depuis un an et demi après des passages à Anderlecht et en Espagne, Tchité a mis du temps à trouver la bonne carburation. Aucun but lors des 11 premières journées avant le déclic fin octobre contre Saint-Trond avec un but égalisateur. Huit goals en six ren-contres suivront, le Mémé des grands jours est de retour. Toujours désireux de pouvoir enfiler la vareuse des Diables Rouges, le Standardman n'y ferait pas tache vu sa deuxième place dans notre classement. " Sa force réside avant tout dans sa vitesse. Il est également très doué pour jouer sur la ligne du hors-jeu. Dans chaque match, le juge de touche le signale hors-jeu à plusieurs reprises mais il suffit qu'il passe une fois et c'est but ", estime César Arzo. " C'est vrai qu'il est rapide mais il est aussi très malin ", nuance Taravel. " On ne le voit pas mais il part dans le dos de la défense. Avec son explosivité c'est très difficile de le contrer quand il part entre les deux défenseurs. " " Je pointerais aussi son expérience. Il connaît le championnat belge par c£ur ", note Van Dooren. " Je trouve aussi qu'il sent aussi très bien où est le but. Il ne faut absolument pas lui laisser d'espace dans et aux alentours des 16 mètres car il a une très belle frappe ", pointe Buysens. " C'est clair qu'il est capable de tout dans le rectangle ", confirme Vandenbroeck. " Il tente des gestes techniques et souvent ça fonctionne. Vous ajoutez à ça sa force dans les duels et son excellent jeu de tête et ça en fait un attaquant très complet. "Le Belgo-Marocain du Club, c'est Docteur Jekyll et Mister Hyde. Capable du meilleur comme du pire. De buts fabuleux - comme cette frappe enroulée splendide face au Cercle - mais aussi de coups de sang à l'image de sa morsure au bras de Sébastien Pocognoli, il y a un mois à Sclessin, dernier pétage de plombs en date. Mais Dirar, c'est surtout 4 buts et 7 assists en Jupiler League cette saison. Pas vraiment un buteur donc, plutôt l'homme de la passe décisive. Un des seuls joueurs de ce type présent dans notre classement. " Pour moi, il représente l'alliage parfait de la vitesse et la technique. C'est le type de joueur qui peut faire la différence tout seul, sur une action. Il est impressionnant balle au pied et ses centres sont particulièrement tranchants. Il a vraiment la passe décisive dans le pied ", explique Arnaud De Greef. " C'est vrai qu'il a énormément de technique. Dans les un contre un, il est phénoménal, très fort pour déséquilibrer son adversaire. Il faut aussi se méfier de sa frappe de balle qui est très efficace ", confirme Arzo. " C'est le genre de joueur qu'il ne faut pas marquer individuellement. Il faut toujours être à deux dessus : un qui l'attaque et un qui couvre. "" Je pense que face à Dirar, il y a une erreur à ne pas commettre : il ne faut surtout pas anticiper. Sinon, il te sort une petite feinte dont il a le secret et c'est fini tu es éliminé. L'important avec lui, c'est de ne jamais quitter le ballon des yeux ", ajoute encore De Greef. Transféré avec grand bruit cet été à Anderlecht, le Serbe n'est plus à présenter. De retour dans notre compétition après une expérience ratée à Liverpool, le Soulier d'Or 2009 fait toujours autant impression sur les défenseurs. Son charisme n'y est sans doute pas étranger. Après des débuts très encourageants au Sporting, trois buts dans ses trois premiers matches européens, le Serpent est légèrement rentré dans le rang et n'a plus trouvé le chemin des filets depuis fin octobre. Taravel : " Le meilleur attaquant en Belgique d'après moi. C'est un joueur qui bouge vraiment beaucoup. Il est très rapide sur les premiers mètres. Ce n'est vraiment pas évident de jouer contre lui pour un défenseur car il va continuellement s'intercaler entre les milieux défensifs et la défense donc c'est difficile de décider s'il faut le prendre ou rester en place. "" La meilleure arme contre lui, c'est l'anticipation. Il faut essayer de prévoir ses mouvements et être au ballon avant lui. Il faut aussi rester très concentré parce qu'une petite inattention et il est parti balle au pied, ce qui est toujours très dangereux ", continue le défenseur français. Formé à l'académie Mimosif.com, l'Ivoirien en est déjà à sa troisième saison en bord de Meuse. Révélation du premier tour la saison dernière (8 buts en 18 rencontres), il a été freiné par une grave blessure au genou encourue il y a tout juste un an. Revenu dans le parcours en septembre, il forme actuellement un duo du tonnerre à la pointe de l'attaque de José Riga avec Tchité, avec jusqu'ici 3 buts et 3 passes décisives en championnat. " J'ai hésité entre Cyriac et Suarez comme numéro 1 mais j'ai finalement opté pour le joueur du Standard ", explique Dachelet. " Son duo avec Tchité fait des ravages. Il a vraiment tout pour lui : il est explosif, rapide, sa détente est impressionnante et il est dangereux à tout moment. Il faut être constamment sur ses gardes et surtout ne pas le laisser se retourner car s'il part, avec sa vitesse, impossible de le rattraper. Quand il est balle au pied, il faut tenter de le faire glisser sur un côté, bien fermer l'axe mais ce n'est pas évident. Si tu y arrives, 50 % du boulot est fait. Après s'il se retrouve face à toi, c'est simple : si tu défends bien ça va, s'il passe c'est goal ou une occasion franche quasiment à chaque fois. " L'invité surprise du classement ! Formé à l'Ajax, le Néerlandais a aussi transité par le Sporting d'Anderlecht sans succès. Après avoir enchaîné les clubs à l'étranger pendant plusieurs années (Heracles, Hambourg, West Bromwich,...), il a fait son come-back en Belgique à Roulers en 2009. Sa bonne demi-saison en compagnie d' Ivan Perisic lui a permis d'obtenir un transfert au Beerschot où ses stats ne parlent pas vraiment pour lui : 8 goals (2 cette saison contre Genk) en 64 ren-contres. Le défenseur du Cercle, Grégory Mertens en a pourtant fait son numéro 1. " Je vais peut-être surprendre mais après avoir joué contre tout le monde, le joueur que j'ai trouvé le plus impressionnant est Sherjill Mc Donald. Cet attaquant a vraiment tout et est hyper rapide. C'est un des seuls avec qui j'ai eu du mal. Il ne faut absolument pas le laisser se retourner. S'il t'aborde de face, avec sa vitesse et sa technique c'est mort pour toi. Il faut essayer de deviner ce qu'il va faire. Je pense qu'il a sans problème les qualités intrinsèques pour jouer plus haut mais peut-être est-ce le mental qui coince ? ". Comme son ancien compère du Standard, Milan Jovanovic, le retour de Mbokani à Anderlecht a fait couler beaucoup d'encre. L'avant congolais a enchaîné fiasco sur fiasco la saison passée à Monaco et à Wolfsburg et tente de se refaire une santé en Belgique. Malheureusement, des problèmes privés et des blessures l'ont jusque-là empêché de donner sa pleine mesure sur la durée. Cependant, ses débuts mauves ont marqué les esprits avec 3 goals en 4 matches et le souvenir de ses performances passées à Sclessin lui permettent de se classer dans notre top 10. " Je l'ai placé en 1 même si je lui aurais préféré mes coéquipiers Yassine El Ghanassy et Christian Brüls si j'avais pu les choisir ", avoue César Arzo. " Il a une technique hors du commun et il faut toujours se méfier de son jeu de tête. C'est le genre d'attaquants qu'il ne faut pas lâcher de l'£il une seule seconde. Quand tu joues contre lui, tu ne peux rien faire seul, il faut que toute la ligne arrière défende. Si tu le prends de manière individuelle, c'est foutu. Avec sa technique et son sens du but, il peut faire de gros dégâts. "15 buts en 16 matches, Jérémy Perbet est le buzz de cette première partie de championnat. Pourtant, peu lui prédisaient un tel succès. Ses passages à Charleroi, Tubize et Lokeren n'avaient pas laissé un souvenir impérissable aux amateurs de football. Relancé en D2 l'an dernier à Mons où il participe activement à la montée des Dragons avec 22 goals, le Français et les dirigeants montois ont dû batailler ferme avec Lokeren, à qui il appartenait toujours, pour le faire revenir au Tondreau. Aujourd'hui, nul ne regrette le montant déboursé à l'Avenue du Tir. Pourtant leader du classement des buteurs, ce fan de l'OM ne se classe que 9e de notre classement. " Je comprends que mes collègues ne l'ait pas placé dans leur top 3 ", lâche Buysens, lui-même ancien Montois. " Perbet, c'est un cas spécial. Il ne pose pas trop de difficultés dans le jeu, ce n'est pas un fin technicien mais il est toujours là où il faut. C'est un véritable attaquant de pointe qui ne pense qu'à marquer. Sur un centre, il est toujours au bon endroit. C'est simple, quand il touche le ballon, c'est dedans. Il faut toujours garder un £il sur lui, ne jamais le laisser partir dans son dos. Pour le contrer, il faut être très attentif et ne jamais lui laisser un mètre. Etre nominé pour le prix Puskas du but de l'année auprès des Messi, Rooney et Neymar n'est pas donné à tout le monde. C'est le cas de Benji De Ceulaer grâce à son goal somptueux contre Bruges la saison passée. Révélé à Saint-Trond, le Limbourgeois a passé 5 années mitigées aux Pays-Bas (RKC et Feyenoord) avant de revenir au pays, à Lokeren, en 2010. Avec 19 buts en 119 matches de Jupiler League, De Ceulaer n'est pas à proprement parler un grand buteur mais trouve tout de même grâce aux yeux de Grégory Mertens. " Lui aussi, comme Mac Donald, m'a donné du fil à retordre. Il est vraiment très rapide et sa technique n'est pas en reste. Il suffit de voir le but qu'il a mis contre Bruges, celui qui a été nominé pour le but de l'année. Quelle classe ! Contre ce type de joueur, il n'y a pas 10.000 alternatives. Il faut toujours y aller à fond et rester hyper concentré. "Footballeur atypique, Coulibaly le Sénégalais est loin du prototype du footballeur africain. Issu d'une famille aisée, il débarque en Belgique il y a 12 ans pour... étudier. Inscrit pour le fun à Oostakker en P1, il gravit petit à petit les échelons du foot belge pour se retrouver aujourd'hui en pointe de l'attaque gantoise. Son ancien coéquipier à Courtrai, David Vandenbroeck, n'a pas hésité longtemps avant de le placer dans son top : " Coulibaly, c'est le profil inverse de Suarez. C'est le type de joueur qui va à la guerre. Si on me demandait le premier joueur que je transfèrerais pour aider une équipe en difficulté, ce serait lui. Il se bat durant tout le match. C'est vraiment une crème dans la vie de tous les jours mais sur un terrain c'est une merde de joueur. Il est costaud, il donne des coups, il bouscule, il est très fort de la tête, difficile à contourner. Quand tu l'affrontes, tu sais que tu peux le laisser gagner un duel. L'important c'est d'être en place sur le deuxième ballon. Tu peux le laisser jouer et resserrer par après. Il peut avoir un peu d'espace sauf dans le rectangle. Là il va toujours disputer le ballon par tous les moyens possibles. Il est très difficile à canaliser. "PAR JULES MONNIER - PHOTOS: IMAGEGLOBE" Suarez représente le mix parfait entre la vitesse et la technique. " (Gonzague Van Dooren) " Dans chaque match, Tchité est signalé hors-jeu à plusieurs reprises mais il suffit qu'il passe une fois et c'est but. "(César Arzo) " Reza pousse le ballon et après c'est très facile pour lui, il va à 2.000 à l'heure ! " (Gonzague Van Dooren) " Cyriac a vraiment tout pour lui : il est explosif, rapide, sa détente est impressionnante et il est dangereux à tout moment. " (Miguel Dachelet) " Dirar, il faut toujours être à deux dessus : un qui l'attaque et un qui couvre. " (César Arzo)