Si Gand domine l'Antwerp pour débuter ces retours de phase classique, on va enfin considérer ce club comme candidat au titre : moins que Bruges qui reste favori, mais au moins autant que le Standard ...et davantage que la demi-douzaine d'autres candidats aux play-offs 1, desquels on ne peut encore exclure ni Genk, ni Anderlecht : 45 points restent à jouer !

Ce qui singularise en ce moment celle qui s'appela jadis joliment La Gantoise, ce sont pour moi quatre choses. Un, le talent de Jonathan David. Deux, l'inattendu duo d'attaquants : aligner de concert en pointe deux grands gars d'1m91 comme Laurent Depoitre et Roman Yaremchuk, je crois n'avoir vu ça qu'à Beveren voici 40 ans, avec Bob Stevens et Erwin Albert ...qui furent champions ! Trois, à l'encontre d'une tendance actuelle consistant à faire tourner le noyau, Jess Thorup est le coach de D1 le plus attaché à dégager un onze de base et à s'y tenir. Quatre, Gand s'illustre aussi en Europa League : tête de groupe devant Wolfsburg en lui ayant pris 4 points, ce n'est pas rien. Un bon résultat dans 8 jours à Saint-Étienne, et les Buffalos (ça, ça reste joli ! ) poursuivront l'aventure !

Les Verts d'aujourd'hui ? Bof. Je ne repère guère que Claude Puel entraîneur coté ; Stéphane Ruffier bon gardien français depuis des lustres ; et Mathieu Debuchy, back droit de Lille à l'époque d' Eden Hazard, et qui eut une période titulaire chez les Bleus avant de se planter à Arsenal... Mais les grands Verts d'hier, le Saint-Étienne qui domina la France une quinzaine d'années : oufti, quel souvenir ! Une page d'histoire du foot que les moins de 50 piges n'imaginent même pas ! Alentour des seventies, Geoffroy-Guichard, 40.000 places, fut pourtant un de ces antres qu'on appelle chaudrons ! Là, je me retiens de radotage sénile en vous citant tous les joueurs, mais je m'en offre quand même deux : Dominique Rocheteau fut à l'époque l'ailier dribbleur qui rappelait le plus George Best, et il était ahurissant d'impassibilité alors qu'il se faisait descendre à tout bout de champ. Et l'Argentin Osvaldo Piazza fut un félin superbe, premier stoppeur que caractérisaient de régulières chevauchées dans l'axe pour traverser les lignes et tout le terrain : aucun défenseur central n'ose plus (ne sait plus ? ) faire ça aujourd'hui...

Et les Verts du dit chaudron ont frôlé, deux fois face au Bayern, la consécration européenne : demi-finale en 1975, finale l'année suivante ...et deux frappes sur la transversale restée carrée d'Hampden Park à Glasgow, avant que Franz Roth ne plante l'unique but, sur coup franc, suite à une roublardise de Franz Beckenbauer ! La légende veut qu'avec des poteaux ronds comme c'était déjà quasi le cas partout, la victoire eût été verte... Ce qui me donne l'occasion de vous inciter à la lecture, via " Les poteaux étaient carrés ", de Laurent Seyer (1). L'auteur n'a rien oublié de ses 14 ans en 1976, lorsque l'ASSE qu'il chérissait de toute son âme affronta le Bayern en finale : texte d'amour-foot devant la télé, vécu comme antidote d'une adolescence un peu morne, aux côtés d'un père et d'une belle-mère insignifiants, quasi détestés ; confession d'un quinqua se demandant encore aujourd'hui si une victoire des Verts ce soir-là aurait bouleversé sa vie...

Et puisque j'en suis aux histoires stéphanoises, lisez aussi " Raclée de Verts ", de Caryl Ferey (2). Une condition pour apprécier ce petit roman noir délirant : être assez vieux pour se rappeler les joueurs de l'épopée des seventies ! Le héros est un gros quadra fanatique, pas très correct politiquement, descendeur de bières, et qui, lui non plus, ne s'est jamais remis des poteaux carrés de 1976. À présent, il ne fait plus que deux choses, avec son chien Janvion : regarder les Verts d'aujourd'hui à la télé, et tuer à ses heures perdues des vieilles qui lui rappellent Gerd Müller ou Horst Hrubesch ! Jusqu'à ce que lui arrivent de grosses bizarreries que je vous laisse découvrir... Une phrase à retenir ? Le foot me rend malade mais je regarde quand même : c'est comme les fesses des femmes, on peut pas s'en empêcher...

(1) Finitude, 2018

(2) La Branche, 2007 (Pocket, 2013)

Si Gand domine l'Antwerp pour débuter ces retours de phase classique, on va enfin considérer ce club comme candidat au titre : moins que Bruges qui reste favori, mais au moins autant que le Standard ...et davantage que la demi-douzaine d'autres candidats aux play-offs 1, desquels on ne peut encore exclure ni Genk, ni Anderlecht : 45 points restent à jouer ! Ce qui singularise en ce moment celle qui s'appela jadis joliment La Gantoise, ce sont pour moi quatre choses. Un, le talent de Jonathan David. Deux, l'inattendu duo d'attaquants : aligner de concert en pointe deux grands gars d'1m91 comme Laurent Depoitre et Roman Yaremchuk, je crois n'avoir vu ça qu'à Beveren voici 40 ans, avec Bob Stevens et Erwin Albert ...qui furent champions ! Trois, à l'encontre d'une tendance actuelle consistant à faire tourner le noyau, Jess Thorup est le coach de D1 le plus attaché à dégager un onze de base et à s'y tenir. Quatre, Gand s'illustre aussi en Europa League : tête de groupe devant Wolfsburg en lui ayant pris 4 points, ce n'est pas rien. Un bon résultat dans 8 jours à Saint-Étienne, et les Buffalos (ça, ça reste joli ! ) poursuivront l'aventure ! Les Verts d'aujourd'hui ? Bof. Je ne repère guère que Claude Puel entraîneur coté ; Stéphane Ruffier bon gardien français depuis des lustres ; et Mathieu Debuchy, back droit de Lille à l'époque d' Eden Hazard, et qui eut une période titulaire chez les Bleus avant de se planter à Arsenal... Mais les grands Verts d'hier, le Saint-Étienne qui domina la France une quinzaine d'années : oufti, quel souvenir ! Une page d'histoire du foot que les moins de 50 piges n'imaginent même pas ! Alentour des seventies, Geoffroy-Guichard, 40.000 places, fut pourtant un de ces antres qu'on appelle chaudrons ! Là, je me retiens de radotage sénile en vous citant tous les joueurs, mais je m'en offre quand même deux : Dominique Rocheteau fut à l'époque l'ailier dribbleur qui rappelait le plus George Best, et il était ahurissant d'impassibilité alors qu'il se faisait descendre à tout bout de champ. Et l'Argentin Osvaldo Piazza fut un félin superbe, premier stoppeur que caractérisaient de régulières chevauchées dans l'axe pour traverser les lignes et tout le terrain : aucun défenseur central n'ose plus (ne sait plus ? ) faire ça aujourd'hui... Et les Verts du dit chaudron ont frôlé, deux fois face au Bayern, la consécration européenne : demi-finale en 1975, finale l'année suivante ...et deux frappes sur la transversale restée carrée d'Hampden Park à Glasgow, avant que Franz Roth ne plante l'unique but, sur coup franc, suite à une roublardise de Franz Beckenbauer ! La légende veut qu'avec des poteaux ronds comme c'était déjà quasi le cas partout, la victoire eût été verte... Ce qui me donne l'occasion de vous inciter à la lecture, via " Les poteaux étaient carrés ", de Laurent Seyer (1). L'auteur n'a rien oublié de ses 14 ans en 1976, lorsque l'ASSE qu'il chérissait de toute son âme affronta le Bayern en finale : texte d'amour-foot devant la télé, vécu comme antidote d'une adolescence un peu morne, aux côtés d'un père et d'une belle-mère insignifiants, quasi détestés ; confession d'un quinqua se demandant encore aujourd'hui si une victoire des Verts ce soir-là aurait bouleversé sa vie... Et puisque j'en suis aux histoires stéphanoises, lisez aussi " Raclée de Verts ", de Caryl Ferey (2). Une condition pour apprécier ce petit roman noir délirant : être assez vieux pour se rappeler les joueurs de l'épopée des seventies ! Le héros est un gros quadra fanatique, pas très correct politiquement, descendeur de bières, et qui, lui non plus, ne s'est jamais remis des poteaux carrés de 1976. À présent, il ne fait plus que deux choses, avec son chien Janvion : regarder les Verts d'aujourd'hui à la télé, et tuer à ses heures perdues des vieilles qui lui rappellent Gerd Müller ou Horst Hrubesch ! Jusqu'à ce que lui arrivent de grosses bizarreries que je vous laisse découvrir... Une phrase à retenir ? Le foot me rend malade mais je regarde quand même : c'est comme les fesses des femmes, on peut pas s'en empêcher...