On s'attendait à une nouvelle saison difficile. Pourtant, Jacky Mathijssen réussit du bon travail à l'ombre des terrils carolos. Il avait tablé sur 20 points à la trêve pour se sauver. A six journées de la mi-championnat, le tableau de marche affiche déjà 19 points. " On est à un point de notre objectif. Et quand il sera rempli, chaque point de pris sera un point de bonus ", commente-t-il.
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On s'attendait à une nouvelle saison difficile. Pourtant, Jacky Mathijssen réussit du bon travail à l'ombre des terrils carolos. Il avait tablé sur 20 points à la trêve pour se sauver. A six journées de la mi-championnat, le tableau de marche affiche déjà 19 points. " On est à un point de notre objectif. Et quand il sera rempli, chaque point de pris sera un point de bonus ", commente-t-il. Charleroi n'est pas encore arrivé au jeu parfait comme en témoigne le succès laborieux obtenu face à la lanterne rouge ostendaise, mais les succès du début de championnat ne sont pas l'£uvre du hasard. Explication de cette quatrième place en huit points. Depuis l'arrivée de Mathijssen au club, les joueurs ont retrouvé l'envie de se battre pour leur maillot. Cela s'est concrétisé en fin de saison passée par un 7 sur 9 salvateur. Cela se vérifie depuis l'entame de la compétition actuelle. " On est concentrés à 100 % et on se donne à fond pour obtenir un résultat positif ", nous expliquait Laurent Macquet en début de saison. Depuis lors, ses propos n'ont cessé de se confirmer. Contre Anderlecht, les Zèbres ont puisé dans leurs réserves pour arracher une victoire inespérée (2-1). Même mentalité au Standard (1-2) où l'équipe a formé un bloc soudé. " On doit mouiller le maillot, travailler et montrer qu'on est des battants ", ajoute Macquet. Quand Charleroi ne se bat pas, elle redevient une équipe banale. La défaite à Gand en est l'exemple parlant. Ce soir-là, le capitaine FrankDefays déclarait. " On n'a pas été présents dans les duels et quand on ne l'est pas, on ne sait pas gagner ". Cette solidarité sur le terrain ne fait que refléter l'ambiance existante dans les vestiaires. " L'ambiance constitue le fruit de nos résultats ", dit SébastienChabaud. " On sent une atmosphère différente par rapport à l'année passée ", ajoute LaurentCiman. " La victoire facilite les choses. Elle libère les esprits ", analyse Chabaud. Sauf lors de rendez-vous individuels, il est d'ailleurs difficile d'obtenir des réactions sérieuses dans les vestiaires tant les joueurs se chambrent entre eux. Cette solidarité déteint également dans le système de jeu. Un nouveau joueur s'imbrique facilement. Laurent Ciman, épaulé par les autres défenseurs, a réussi à suppléer Thierry Siquet contre Anderlecht sans que l'on se rende compte que Charleroi venait de perdre son défenseur le plus expérimenté. En attaque, Giovanni Cacciatore a rempli sa mission lorsqu'il fut appelé au jeu. Enfin, cette notion de groupe permet à chacun de s'épanouir et de se faire remarquer à tour de rôle. Contre le GBA, ce fut Laurent Macquet ; contre Anderlecht, Majid Oulmers ; et à Saint-Trond, Orlando. S'écrouler dans les dernières minutes. Incapacité à défendre un avantage. Charleroi avait fait de ces deux manquements une de ses marques de fabrique. Le cru 2004-2005 n'a pas été façonné du même tonneau. A chaque fois, les joueurs ont fait preuve de caractère. Le club a su se relever dès la deuxième journée après avoir subi une dégelée en ouverture face à La Louvière (2-5). Pourtant, il s'agissait d'un déplacement au Standard. Il n'empêche. Les joueurs étaient conscients de l'enjeu. S'ils étaient battus ce jour-là, le club replongeait vers une saison identique aux précédentes. Même état d'esprit contre Anderlecht. On s'attendait à ce que le club craque une fois l'égalisation anderlechtoise tombée, il n'en fut rien. Que du contraire, les Zèbres sont allés chercher la victoire dans les dernières minutes. Contre Beveren, face à de bons manieurs de ballon, les hommes de Mathijssen ont eu les ressources nécessaires pour revenir au score et gagner la rencontre. Après les défaites à domicile contre Westerlo et Bruges, les Carolos ont rebondi à l'extérieur en s'imposant au Kiel face au GBA et au stade Tondreau de Mons. Dans un Limbourg qui ne leur réussit guère, ils ont pris un point à St-Trond et ce, après avoir été menés au score. Enfin, après avoir replongé dans leurs travers à Gand, en développant un football digne des errements passés, les Hennuyers se sont une nouvelle fois remis en question en s'imposant face à Ostende dans un match piège où le Sporting faisait figure de favori. Etiquette pourtant difficile à porter pour des joueurs que l'on disait candidats au maintien. Si le Sporting sait revenir au score, il sait également garder un résultat. Et quand la défense lâche, c'est BertrandLaquait qui sauve les meubles. Ainsi, on a vu les Carolos résister au GBA pendant plus de 80 minutes. Le Standard s'est cassé les dents sur la défense noire et blanche. Ostende a fait chou blanc malgré un tir sur le poteau. Mis à part à St-Trond et contre Anderlecht, une fois le score acquis, il est difficile de bousculer ce bloc défensif. Résultat : Charleroi repart souvent avec une victoire acquise par un seul but d'écart. Si le Pays de Charleroi a déjà vu les siens battus par plus d'un but d'écart (contre La Louvière 2-5 et à Gand 3-1), il n'a jamais pu fêter un festival de buts carolos. Toujours un but d'écart avec au bout du compte un average négatif de 1 (14 buts marqués pour 15 encaissés). Charleroi n'a jamais dominé son adversaire de la tête et des épaules. Et c'est sans doute en raison de son jeu. Jacky Mathijssen a organisé ses troupes en quadrillant le terrain. Les grincheux trouveront que le jeu de Charleroi est défensif. Faux. Il est organisé et il tient compte des qualités des joueurs qui l'animent. Impossible pour eux de faire le jeu. Mathijssen confiait : " L'objectif est de mettre sur pied un schéma dans lequel tous mes joueurs peuvent jouer en fonction de leurs qualités propres. Mais pour le moment, ce n'est pas encore possible. Alors, on fait un mélange : on trouve quelque chose pour bloquer le jeu de l'adversaire et en même temps on essaie de miser sur nos propres qualités ". Généralement, Charleroi aime d'abord observer la tactique adverse. Les joueurs se positionnent en fonction de celle-ci et puis mettent en marche leur propre machine. Ce qui explique les meilleures secondes mi-temps des Zèbres. Après avoir découragé l'adversaire, le Sporting peut alors partir en conquête en profitant des espaces. Cela permet aux Zèbres de mieux évoluer en déplacement. Leurs résultats hors de leurs bases n'est pas un hasard. Ils laissent l'initiative à leur hôte et prennent un malin plaisir à mettre à mal le système adverse. Au Standard, ils ont profité au maximum des ouvertures offertes par les Liégeois. Au GBA, ils ont marqué très vite et ont ensuite pu miser sur leur organisation défensive empreinte de combativité. Contre Beveren, les Sportingmen ont couru essentiellement derrière le ballon monopolisé par les artistes ivoiriens. Pourtant, les Hennuyers ont su se montrer beaucoup plus dangereux et réalistes que les Waeslandiens. Serait-on en route vers la phase 2 du projet Mathijssen ? La victoire contre Ostende, même obtenue dans la douleur, a démontré que les Carolos se sentaient prêts à assumer dans certains matches leur statut de favori. Chacun commence à connaître son travail. Des joueurs comme ToniBrogno ou Laurent Macquet, considérés auparavant comme des créateurs, ont enfilé le bleu de travail. Sans pour autant oublier de porter le danger dans le camp adverse. Les changements ont été emmagasinés. Les joueurs peuvent donc se concentrer sur leur jeu. Dans n'importe quel secteur de jeu, le joueur qui possède le ballon doit se voir offrir deux possibilités. Il doit y avoir sans cesse une recherche triangulaire. Mais c'est au centre du terrain que ce triangle est le plus au point. Sébastien Chabaud et Laurent Macquet forment la base, Majid Oulmers la pointe. Cependant, Macquet occupe souvent une position plus avancée à droite, Oulmers se décalant alors vers le flanc gauche. Chabaud occupe dans ce cas le poste de médian défensif, Macquet celui de relayeur et Oulmers celui d'électron libre. " Mon rôle change suivant les matches ", explique Oulmers, " On doit bien se placer et attendre. Néanmoins, on doit encore améliorer le placement du triangle. Il arrive que l'on fasse tout à l'envers. A certains moments, on va trop vers l'avant ; à d'autres, on défend trop ", ajoute-t-il. Ce triangle central doit combiner avec les deux flancs (Brogno, GrégoryChrist ou Ousmane Bangoura) pour développer un autre triangle. Contre Ostende, Laurent Ciman a suppléé Macquet en fin de match pour apporter une base plus défensive au milieu. " Je ne devais pas trop monter ", explique Ciman, " et pour sortir, on devait écarter et jouer avec les extérieurs ". Depuis que le triangle Chabaud-Macquet-Oulmers a été instauré, Charleroi a signé 4 victoires, un nul et une défaite. Preuve que le travail commence à payer : les phases arrêtées. Après la victoire contre Anderlecht, tout le monde parlait de la bourde de Tristan Peersman. Pourtant, le buteur du jour, Laurent Macquet, refusait l'argument de la chance. " Avant Mons et avant Anderlecht, l'entraîneur nous a fait travailler les phases arrêtées. Je me chargeais de tirer les coups francs à gauche, Oulmers à droite. Et contre Anderlecht, on marque les deux buts sur phases arrêtées ". Durant l'entraînement, Mathijssen encourage également les tentatives de mouvement. " Je ne vois pas encore lors des matches les mouvements entraperçus à l'entraînement ", expliquait l'entraîneur. Pourtant, une nouvelle fois, le travail paie. C'est ainsi sur une de ces phases que le but carolo est tombé contre Ostende. " Cela devait être soit Gregory Christ, soit moi qui devait se trouver à cette place-là ", explique Oulmers. L'année passée, les Zèbres devaient se procurer de nombreuses occasions avant d'en placer une au fond. Désormais la donne a changé. Au Standard, les Zèbres n'ont eu que deux occasions. Assez pour repartir de l'Enfer de Sclessin avec les trois points. " On sait que lors de certaines rencontres, on n'aura qu'une ou deux occasions. Il faut donc apprendre à les concrétiser ", explique Macquet. Contre Anderlecht, même scénario. Peu d'occasions mais une victoire. La confiance règne à tel point que les joueurs osent des gestes de classe et des débordements souvent payants. A St-Trond, Orlando a su renverser le match sur une action individuelle. Autre exemple : le but d' Oulmers contre Ostende. En deux transversales parfaites, le ballon arrive dans les pieds du Marocain qui n'hésite pas à le reprendre de volée. Quelques déchets persistent toutefois encore à la conclusion. Contre Ostende, tant Orlando qu' Izzet Akgul ont galvaudé deux occasions trois étoiles. Mais Rome ne s'est pas faite en un jour... L'année passée, rien ne roulait dans le bon sens. Les buts adverses tombaient dans les derniers instants de jeu alors que ceux de Charleroi se faisaient souvent attendre longuement. Cette année, la chance sourit aux Carolos. Au Standard, les Zèbres ont su profiter des deux seules occasions qu'ils se sont créées tout en résistant aux assauts liégeois. Contre Anderlecht, la boulette de Peersman a pesé dans la balance. Contre Ostende, Charleroi a vu le tir de Jurgen Landuyt échouer sur le poteau en fin de match. " On ne va pas faire la fine bouche parce qu'on gagne en jouant mal. On ne doit pas avoir de regrets pour les Ostendais ", expliquait Bertrand Laquait à l'issue du match. " Il faut avoir un peu de chance pour gagner en football ", ajoute BadouKere. Stéphane Vande VeldeAvec le TRIANGLE CHABAUD-MACQUET-OULMERS, Charleroi reste sur 4 victoires, un nul et une défaite Les joueurs savent REVENIR DANS LE MATCH ET RÉAGIR après une défaite