La semaine dernière, on s'est livré au jeu des comparaisons, rappelant le match mémorable de la Belgique à Rotterdam, en 1985. La rencontre, chargée, de Prague, a en effet bien des points communs avec le précédent barrage. Même sur le plan des conditions climatologiques. Au réfrigérateur du Kuip a succédé le froid glacial du Letnastadion.
...

La semaine dernière, on s'est livré au jeu des comparaisons, rappelant le match mémorable de la Belgique à Rotterdam, en 1985. La rencontre, chargée, de Prague, a en effet bien des points communs avec le précédent barrage. Même sur le plan des conditions climatologiques. Au réfrigérateur du Kuip a succédé le froid glacial du Letnastadion. Frappante aussi, la similitude des images : Josef Chovanec s'est enfui comme un chien battu, poursuivi par une meute de photographes, pour retrouver ses esprits dans la solitude. Il y a seize ans, le sélectionneur néerlandais, Leo Beenhakker, avait fui lui aussi, avec la tête rentrée dans les épaules. On ne fait plus guère de photos aussi symboliques de la déception amère des battus. Guy Thys se souvient encore très bien de tout cela. L'ancien sélectionneur a obtenu la plus belle reconnaissance de sa carrière à Rotterdam. Quelques heures après ce triomphe historique, il a négocié avec le Real Madrid. "Les chiffres m'ont donné le vertige mais je ne voulais pas laisser tomber la fédération", explique-t-il. Thys est resté loyal, même quand les Espagnols ont demandé quelle indemnité ils devaient débourser. Le Real s'est alors tourné vers Beenhakker... C'est ainsi qu'un perdant s'est mué en vainqueur. Il est pratiquement inimaginable que le géant du football espagnol fasse pareille proposition à Robert Waseige. Pourtant, Guy Thys estime que le sélectionneur actuel a rejoué juste à temps l'atout de la collectivité. "Une défense solidement organisée reste essentielle à notre football. Il en allait ainsi il y a trente ans et ça ne changera pas. En Tchéquie, nous avons enfin compris que nous ne devons pas essayer ce dont nous sommes incapables. Sous l'influence de la presse, on a trop ardemment voulu jouer l'offensive. Il faut bien le constater: ce talent ne nous a pas été offert. En Tchéquie, l'équipe a accompli un grand pas en avant en remettant l'accent sur l'organisation défensive, qui a contré l'adversaire de manière très collective. Nous avions évidemment un énorme avantage: la Tchéquie n'a pas pratiqué ses courtes combinaisons". C'est pour cela, continue Guy Thys, que l'équipe peut perdre ou gagner contre n'importe qui : "C'est typiquement belge, il suffit de se souvenir de toutes les Coupes du Monde. En Espagne, nous avons battu l'Argentine avant d'éprouver les pires difficultés à battre le Salvador. Au Mexique, nous avons livré un match historique contre l'Union Soviétique, mais quelques jours auparavant, nous avions failli trébucher sur l'Irak. Les éditions américaine et française ont également été celles des extrêmes. Notre football est ainsi fait. Ça peut tout aussi bien se reproduire en Asie, dans quelques mois. Ce qui compte, c'est que nous conservions notre identité".