A l'issue de la décevante saison 2013-2014, le président de Gand, Ivan De Witte, se demandait quel entraîneur il devait attirer à la Ghelamco Arena. Il a réfléchi, il en a discuté avec son comparse Michel Louwagie et a sorti un nom surprenant de son chapeau : Dick Advocaat. Le Néerlandais n'a pas refusé mais De Witte ne s'est finalement pas risqué à l'embaucher, craignant que l'arrivée d'Advocaat ne constitue pas une garantie de continuité sportive, une continuité qu'il fallait à tout prix restaurer, après cinq changements d'entraîneurs en deux ans. De Witte s'est donc tourné vers le vivier belge et en a repêché Hein Vanhaezebrouck.
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A l'issue de la décevante saison 2013-2014, le président de Gand, Ivan De Witte, se demandait quel entraîneur il devait attirer à la Ghelamco Arena. Il a réfléchi, il en a discuté avec son comparse Michel Louwagie et a sorti un nom surprenant de son chapeau : Dick Advocaat. Le Néerlandais n'a pas refusé mais De Witte ne s'est finalement pas risqué à l'embaucher, craignant que l'arrivée d'Advocaat ne constitue pas une garantie de continuité sportive, une continuité qu'il fallait à tout prix restaurer, après cinq changements d'entraîneurs en deux ans. De Witte s'est donc tourné vers le vivier belge et en a repêché Hein Vanhaezebrouck. Cela s'avère un coup de maître. Vanhaezebrouck est tellement encensé qu'il doit finir par s'en sentir mal. Il commence même à rivaliser en popularité extérieure avec Michel Preud'homme. Toutefois, l'entraîneur de Gand conserve sa sérénité et martèle que la route est encore longue. Le choc commenté en long et en large contre Anderlecht a montré la longueur de la route en question. Les Buffalos ont développé un football brillant pendant vingt minutes avant de retomber dans leur péché mignon : ils ont gaspillé trois occasions. Leurs plaintes à ce propos deviennent lassantes. Après tout, l'efficacité est inhérente au football. Gand manque d'opportunisme mais aussi de finesse. Il s'est heurté à ses limites. Il sait depuis longtemps ce qui lui fait défaut. Maintenant que le club élargit sa base, que le temps où les Gantois se rendaient à Bruges ou à Anderlecht pour s'identifier aux succès européens de ces clubs, est révolu, il doit offrir à son noyau l'injection de qualité nécessaire. Après un début difficile, c'est Anderlecht qui a étalé sa débauche de classe à la Ghelamco Arena. Cette fois, il n'était pas question de la moindre fatigue après le spectaculaire 3-3 à Arsenal. Là-bas, les Mauves ont été si impressionnants dans la dernière demi-heure de jeu qu'Arsène Wenger, l'entraîneur londonien, s'est dit curieux de voir où cette équipe en serait dans cinq ans, avec tous ses jeunes talents. On ne pourra pas en juger car la plupart de ces joueurs ne se produiront plus depuis longtemps pour le Sporting. Le championnat de Belgique reste une zone de transit, un tremplin vers des lieux plus élevés, qui paient mieux. Après un sombre mois d'octobre, le jeune Anderlecht semble avoir pris le bon pli. Certains parlent déjà d'un revirement historique, notamment parce qu'avec un brin de chance, les Mauves compteraient cinq points de plus en Ligue des Champions : ils auraient dû gagner le match à Galatasaray et celui à domicile contre Arsenal. S'ils n'y sont pas parvenus, c'est par manque de maturité. C'est à cause de ça qu'on retrouvera Anderlecht en Europa League et non en Ligue des Champions en février. Le Club Bruges reste également sur la scène européenne. Son jeu à Copenhague a suscité des commentaires lyriques. La première mi-temps a été particulièrement impressionnante, avec ses belles combinaisons, son sang-froid devant le but et surtout son immense joie de jouer. Et ses bonnes vieilles valeurs brugeoises. Le Club a formé un bloc, fidèle à son âme. Dimanche, on a encore pu apprécier cet esprit d'équipe contre Westerlo. Le Club s'est littéralement joué des Campinois, très faibles, et Victor Vazquez a marqué la partie de son empreinte. On a longtemps considéré l'Espagnol comme un joueur en salle mais il dirige le jeu des siens avec panache. Paul José Mpoku n'a encore que 22 ans mais il ne manque pas de flair. Dans un rôle plus libre, il donne corps à la résurrection des Rouches. Le choc psychologique induit par un changement d'entraîneur s'estompe généralement vite mais Ivan Vukomanovic a une emprise énorme sur son équipe. Il a mis une organisation en place. Maintenant, il doit relever le niveau du jeu et surtout veiller à ce que son noyau reste soudé. Le déroulement de ce championnat est particulièrement capricieux. A la fin de la première partie du championnat régulier, le Standard, honni il y a peu, n'est qu'à six unités d'Anderlecht. Si les play-offs débutaient maintenant, l'écart ne serait que de trois points. PAR JACQUES SYSLe déroulement de ce championnat est particulièrement capricieux.