Voilà Axel Hervelle reparti pour une cinquième saison au Real Madrid. Au terme de celle-ci, il aura battu la performance d'Eric Struelens, qui avait tenu quatre ans. Et son palmarès est déjà plus étoffé également, puisqu'il a remporté deux titres contre un seul au pivot bruxellois. Son rêve, aujourd'hui, est de remporter l'Euroligue. Drafté par le club des Denver Nuggets, en NBA, il attend son heure pour franchir l'Atlantique.
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Voilà Axel Hervelle reparti pour une cinquième saison au Real Madrid. Au terme de celle-ci, il aura battu la performance d'Eric Struelens, qui avait tenu quatre ans. Et son palmarès est déjà plus étoffé également, puisqu'il a remporté deux titres contre un seul au pivot bruxellois. Son rêve, aujourd'hui, est de remporter l'Euroligue. Drafté par le club des Denver Nuggets, en NBA, il attend son heure pour franchir l'Atlantique. Malgré cela, il est toujours aussi motivé lorsqu'il s'agit de défendre les couleurs de l'équipe nationale belge. Le mois passé, alors qu'il se remettait tout juste d'une blessure qui l'avait obligé à faire l'impasse sur les cinq premiers matches de qualification à l'Euro 2009, il a accepté d'effectuer le voyage à Yuzhny pour disputer la dernière rencontre, décisive, face à l'Ukraine et sauver l'essentiel, une troisième place qui assure la participation au tournoi de repêchage, l'an prochain. Au moment d'aborder une nouvelle saison, le Liégeois nous a reçus chez lui, à Las Rozas, dans une jolie maison qu'il partage avec sa compagne Coralie. Axel Hervelle : Je suis attiré par le maillot tricolore depuis mon plus jeune âge. Cela doit faire 14 ans que je défends les couleurs de l'équipe nationale. Je n'ai jamais décliné une invitation, et je dois sans doute en partie cet enthousiasme au regretté Christian Leloup, ancien président de la fédération. Il m'a toujours encouragé et accompagné dans les déplacements avec les jeunes. J'ai toujours voulu rendre à l'équipe nationale ce qu'elle m'avait apporté, et je suis d'autant plus motivé que je sens un vent nouveau souffler sur les Lions. Je suis prêt à aller au feu pour Eddy Casteels et Jacques Stas, sans oublier Jacques Ledure qui a mis toute l'organisation en place. Pour tous les efforts qu'ils fournissent, je trouve logique de consentir certains sacrifices. Une belle osmose a été trouvée. Cette équipe est promise à un bel avenir. Peut-être pas, car la Turquie était au-dessus du lot, mais on aurait battu la France. Lors du match à Charleroi, les Lions ont fait jeu égal pendant 35 minutes. Il leur a manqué une rotation supplémentaire. Et celle-là, j'aurais pu l'apporter. Totalement. J'avais travaillé très dur pour être prêt à temps pour les matches de l'équipe nationale, mais j'ai dû faire face à des complications dans la guérison de ma blessure. Un pépin stupide : je me suis occasionné une luxation du genou en m'entraînant avec des amis, en mai ! J'ai été soigné par Olivier Lejeune (le kiné de Pepinster), mais j'ai sans doute voulu trop forcer dans le but d'être prêt pour les échéances des Lions en septembre. Je me suis entraîné avec Eric Lambert (l'ancien préparateur physique de Charleroi) et je suis aussi parti une semaine à Split avec Zan Tabak (ancien joueur croate du Real Madrid). Je me sentais bien. Malheureusement, j'ai ensuite souffert d'une tendinite et d'une grosse contracture à la cuisse. Le Real Madrid ne m'a pas mis de bâtons dans les roues : j'étais réellement en incapacité de jouer. J'avais 18 ans. Je disputais ma première saison pro avec Pepinster. Giovanni Bozzi était le sélectionneur. Dans l'équipe, on recensait tous les anciens grands : Struelens, Jean-Marc Jaumin, Tomas Van den Spiegel, Matthias Desaever, etc. On avait été versé dans un groupe comportant l'Espagne, Israël, la Roumanie et le Danemark. Quand j'y repense, aujourd'hui encore, j'ai le sentiment qu'on pouvait se qualifier, comme deuxième classé derrière l'Espagne, car on était allé gagner à Tel-Aviv et la Roumanie (même avec le géant Gheorghe Muresan, 2,28m) n'était pas un épouvantail. Malheureusement, la sauce n'avait pas pris. Sans parler d'Israël... Cela démontre l'ampleur de la tâche. Pourtant, lorsqu'on a arraché ce succès à Yuzhny qui nous permettait de participer à ce tournoi de repêchage, on était heureux comme des gosses. On avait travaillé très dur pour arracher cette troisième place et cette victoire était la récompense de tout ce travail. Pas du tout. Mon ambition reste de participer, un jour, à un Championnat d'Europe avec cette équipe. Je reviendrai aussi longtemps que cet objectif n'aura pas été atteint. En cas contraire, j'aurai l'impression que ma carrière comportera un grand vide. Je ne me permettrai pas de juger. Mais j'ai tenu le même raisonnement tout au long de ma carrière. Je veux toujours être le meilleur et je ne néglige aucun effort pour essayer d'encore progresser. Je sais que, si l'on veut se qualifier, il faudra aller chercher cette qualification avec les tripes. Il y a une part de vérité dans cette affirmation. A Pepinster, Niksa Bavcevic affirmait que Sacha Massot avait plus de talent que moi. Je n'irai pas jusqu'à dire qu'il travaillait moins : il a eu la malchance d'être freiné par une blessure aux cervicales, qui a nécessité une opération délicate. Si le talent est un don de la nature, j'estime que la capacité de pouvoir puiser au fond de ses réserves en est un également. Et ce don-là, j'ai eu la chance d'en hériter. La volonté n'est pas tout, il faut que le corps suive. Tout à fait. Casteels a vu juste dès le départ. Il s'est évertué à former un bloc solide, avec des joueurs qui en voulaient, a parié sur la défense et sur des contre-attaques rapides. Il a vu juste. Regardez Lionel Bosco : malgré sa petite taille, il est parti de Huy pour arriver à Ostende. Je suis certain qu'il va s'imposer à la côte. Il a une mentalité de vainqueur et fera tout pour parvenir à ses fins. C'est la mentalité qui prévaut chez tous les joueurs de cette équipe nationale. Eh oui ! Lorsque je vois qu'un joueur comme Roel Moors n'a toujours pas trouvé de club, cela me laisse sans voix. Avec les Lions, il s'est révélé indispensable : il a défendu comme un animal, a couru d'un bout à l'autre et a exécuté à la perfection tout ce qu'on lui demandait. Si Casteels n'avait pas repêché Christophe Beghin à Anvers, il se trouverait peut-être dans la même situation. Alors qu'il fut le meilleur pivot de tout le groupe qualificatif, Turquie et France comprises ! Il n'a rien à envier à Ronny Turiaf, que du contraire. Je ne suis pas d'accord avec les options prises par les clubs belges. Ils doivent changer d'optique, et de toute urgence, car ils courent à la catastrophe. Il y a six ou sept ans, le championnat d'Italie était le meilleur d'Europe. Depuis que les clubs ont également pris l'option d'aligner six, sept ou huit Américains, il est en déclin. Certains sponsors se sont retirés parce qu'ils ne retrouvent plus d'identité nationale, les supporters ont tendance à déserter les salles et l'équipe nationale italienne, comme la Belgique, a loupé la qualification à l'Euro 2009 ! Ce qui aurait été inimaginable il y a quelques années encore. Aujourd'hui, le championnat d'Italie a été dépassé par celui de Grèce, de Russie... et d'Espagne. En profondeur, certainement. Le leader peut être battu par le dernier du classement. Les 18 équipes sont de très bonne valeur. Pourtant, la crise n'épargne personne : Gérone, finaliste de la Coupe ULEB (ancien club de Marc Gasol et... d'Eric Struelens), a dû mettre la clef sous le paillasson en raison des difficultés financières rencontrées par son sponsor Akasvayu, un promoteur immobilier. En fait, je disposais d'une option pour une saison supplémentaire. Le Real m'a proposé un nouveau contrat de trois ans, que j'ai accepté : d'une part, ce que me proposait la NBA n'était pas intéressant. Et d'autre part, l'un de mes objectifs est de remporter l'Euroligue. Je pense pouvoir y parvenir avec le Real Madrid. ( Ilsoupire) On a été battu à domicile par le Maccabi Tel-Aviv, alors qu'on avait mené tout le match. Je pensais moi-même avoir assuré la victoire en inscrivant un panier à trois points à 15 secondes du terme, mais on s'est fait rejoindre sur le fil. Si l'on avait gagné ce match-là, c'était la première place et l'avantage du terrain en quarts de finale. Et lorsqu'on sait qu'on est quasiment invincible à domicile... J'ai trois ans pour parvenir à mes fins. Pour le reste, les objectifs du Real Madrid sont les mêmes chaque année : gagner tout ce qu'il est possible de gagner. Surtout après notre saison blanche sans aucun trophée, alors qu'on n'avait enregistré que cinq défaites : un record. Les formules des compétitions de basket sont ainsi faites qu'il faut surtout gagner en playoffs. Cette saison, on portera sans doute une attention particulière à la Coupe du Roi qui échappe au club depuis 14 ans. En outre, elle se jouera à Madrid en février 2009. Différente, je dirais. Plus athlétique. On a deux nouveaux Américains, Jeremiah Massey (2,02m) et Quinton Hosley (1,96m), de taille moyenne mais à la détente phénoménale. Cela correspond à notre style de jeu, où l'on court beaucoup, ce qui n'est pas pour me déplaire. par daniel devos