Pas de p'tits Belges dans les urnes de Leipzig, vendredi dernier, pour le tirage de la Coupe du Monde : cela n'a pas empêché Sepp Blatter de dormir. Parce que le boss de la FIFA en a plein les pieds de ces empêcheurs de tourner en rond, de ces éternels rebelles, de ces jamais contents.
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Pas de p'tits Belges dans les urnes de Leipzig, vendredi dernier, pour le tirage de la Coupe du Monde : cela n'a pas empêché Sepp Blatter de dormir. Parce que le boss de la FIFA en a plein les pieds de ces empêcheurs de tourner en rond, de ces éternels rebelles, de ces jamais contents. Si on n'a pas parlé des Diables à Leipzig, les patrons du foot mondial et la presse internationale n'ont toutefois pas manqué d'y aborder ces procès à répétition et à rallonges qui continuent à chambouler ce petit monde si conservateur. Il y a juste dix ans, la bombe Jean-Marc Bosman tombait sur le bâtiment de la FIFA, détruisait les murs de l'UEFA, démolissait le fonctionnement de toutes les fédérations nationales. Cet anniversaire, on le rappelle partout, pas seulement en Belgique évidemment. Dans ce magazine, ses deux avocats, Luc Misson et Jean-Louis Dupont, confient à Pierre Bilic comment ils ont vécu, en tant qu'hommes, cette affaire longue et parfois pénible pour eux. Mais ce n'est pas tout... Dans quelques années, on parlera peut-être encore plus de l'arrêt Majid Oulmers que de l'arrêt Bosman. Sera-ce la fin des équipes nationales ? Non. Une révolution dans le mode de mise à disposition des internationaux à leur fédération ? Probablement. Et encore une fois, ce sont ces sales Belges qui auront actionné le dispositif. Blatter a beau hurler qu'il n'est pas inquiet, que les sélections nationales ne sont pas menacées. Il passe quand même son temps à mettre l'UB sous pression pour qu'elle ramène à la raison le nouveau Don Quichotte du foot mondial : le Sporting de Charleroi. Bosman s'était autrefois engagé seul dans son combat. Aujourd'hui, le plaignant, aussi méconnu à l'échelle internationale que l'était le joueur liégeois dans les années 90, a directement reçu l'appui de ce qui se fait de mieux en Europe : le G14. C'est un peu comme si DiegoMaradona et Marco van Basten avaient offert leur soutien à Bosman il y a plus de 10 ans. Mais ce n'est pas tout (bis)... Après les actions spectaculaires engagées par un joueur puis un club du championnat belge, c'est un de nos arbitres qui s'est mis en tête de déclencher un nouveau séisme. Ce n'est pas une star, lui non plus : Pieter Vandevenne, un referee simplement moyen. Il se sent toujours en pleine forme mais on l'empêche d'encore exercer sa passion. Motif : il a passé le cap fatidique des 45 ans. Donc, dehors ! Il trouve cela ridicule et il a bien raison. Alors, il a attaqué l'Union Belge. Et la justice vient de lui accorder ce qu'il réclamait, dont un dédommagement financier. Du côté de la Fédération, on fait mine de ne pas comprendre ce verdict. " Le juge n'a pas tenu compte de la spécificité du sport ", a déclaré Jan Peeters. Mais quelle spécificité ? Peeters ajoute : " Que se passera-t-il quand un arbitre de 48 ans tombera mort sur un terrain ?" A-t-il oublié qu'en 1982, Dino Zoff est devenu champion du monde à 40 ans ? Qu'en 1990, un Roger Milla de 38 ans avait éclaboussé le Mondiale de son talent ? Interdira-t-il bientôt à Thierry Siquet (37 ans) de jouer avec Charleroi sous prétexte qu'il pourrait être le père de plusieurs coéquipiers ? Proscrira-t-il prochainement les vieilles casseroles alors que c'est là-dedans qu'on prépare les meilleures soupes ? Il est étonnant que l'UB prenne des positions aussi tranchées alors que c'est l'une des plus imposantes maisons de gériatrie du pays, avec des dirigeants dont la moyenne d'âge explique la lenteur avec laquelle on fait évoluer notre football. Jan Peeters se retranche derrière les règlements de l'UEFA et de la FIFA en matière de limite d'âge des arbitres. " Nous pouvons ignorer ces règlements, mais alors, nos arbitres ne pourront plus siffler de rencontres internationales ". Il n'a pas compris qu'en attaquant la Fédération belge, Vandevenne voyait peut-être plus loin et s'était mis en tête de faire tomber une autre ineptie des fédés européenne et mondiale. Comme Bosman. Comme Charleroi. Les lois européennes ne tolèrent aucune discrimination sur la base de l'âge ou du sexe. Cette limite d'âge risque de sauter dans les prochaines années. Et ce sera encore parti de la petite Belgique. Nous n'avons plus d'équipe nationale mais nous possédons les meilleurs avocats sportifs du monde. Une défense à 4 composée de Luc Misson, Jean-Louis Dupont, Jean-Pierre Deprez et Laurent Denis, c'est vrai que ça a de l'allure. pierre danvoyeVANDEVENNE APRÈS BOSMAN ET CHARLEROI : ENCORE UN COUP DES P'TITS BELGES