On connaît Jan Vertonghen (22 ans). Il est une valeur sûre de l'Ajax depuis un bon moment, a été éblouissant en Chine avec l'équipe olympique et est un habitué de l'équipe nationale A. On découvre Toby Alderweireld (20 ans). Il a été lancé en équipe Première à Amsterdam au début de cette année par l'ex-caoch Marco van Basten. Et a fait ses débuts chez les Diables à la Kirin Cup parce que Frankie Vercauteren avait dû racler les fonds de tiroir.
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On connaît Jan Vertonghen (22 ans). Il est une valeur sûre de l'Ajax depuis un bon moment, a été éblouissant en Chine avec l'équipe olympique et est un habitué de l'équipe nationale A. On découvre Toby Alderweireld (20 ans). Il a été lancé en équipe Première à Amsterdam au début de cette année par l'ex-caoch Marco van Basten. Et a fait ses débuts chez les Diables à la Kirin Cup parce que Frankie Vercauteren avait dû racler les fonds de tiroir. Deux Belges. Deux Anversois. Deux défenseurs centraux. Deux costauds qui ont une cote d'enfer aux Pays-Bas. Deux types que les Anderlechtois croiseront sur leur route la semaine prochaine en Europa League. Etonnants sur le terrain et en dehors... Quand Vertonghen a fait ses débuts avec les Diables, on l'a comparé à René Vandereycken. " Je sais que c'était un dur mais je ne l'ai jamais vu jouer ", dit l'Ajacide. " J'espère en tout cas qu'on n'a pas seulement de moi l'image d'un salopard. Je veux aussi être reconnu comme footballeur. J'admets que je flirte parfois avec les limites. Sans les dépasser. J'ai progressé sur ce plan-là. A mes débuts de pro, mon jeu était parfois trop brutal. Maintenant, je ne me lance plus jamais dans un tacle si je ne suis pas sûr d'avoir le ballon. " A son premier entraînement avec l'équipe nationale, il a expédié Gaby Mudingayi trois fois dans les airs : " Des accidents. Mais je veux me faire respecter. J'y arrive en combinant le physique belge à la technique qu'on nous inculque à l'Ajax. " Défenseur central dans son club, Vertonghen joue dans l'entrejeu avec les Diables. Il y a évincé Mudingayi pour former un nouveau duo avec Marouane Fellaini dont il dit : " J'aime bien évoluer à ses côtés. Il est tellement fort ! C'est anormal ! J'espère que nous sommes partis pour dix ans ensemble. " Cet été, Barcelone s'est renseigné à son sujet. Les Espagnols étaient prêts à débourser 10 millions. " Je pense que c'est mon prix. Fellaini en vaut peut-être 20, moi certainement pas. Je ne suis pas buteur comme lui et je suis d'abord catalogué comme défenseur, ce qui fait directement baisser le prix. " Quand il monte sur le terrain, il fixe les nuages. Pour demander des forces à son père, décédé d'une tumeur au cerveau en 2007, après 14 années de souffrances. Un nouveau vent de panique a soufflé sur la famille récemment : on a diagnostiqué un cancer chez un des frères de Jan. Mais tout est aujourd'hui sous contrôle. " Je suis croyant ", dit Jan Vertonghen. " Mais pas d'une façon commerciale comme tous ces footballeurs qui emmènent la religion sur les terrains et s'adressent à Dieu ou à Jésus via des messages sur le tee-shirt en dessous de leur maillot. Très peu pour moi. " Il regrette que son père n'ait pas assisté à ses débuts de Diable : " Il m'a vu commencer en équipe A de l'Ajax, et le dernier de mes matches qu'il a vu, c'était le jubilé de Dennis Bergkamp. " Jan Vertonghen, qui a repris des études en marketing et sort avec une fille qui veut faire carrière dans le théâtre, déboule régulièrement à vélo à l'ArenA. Au milieu des grosses bagnoles de ses coéquipiers. Parce que c'est un gars simple. " Je viens d'un village près d'Anvers où on ne se prenait pas au sérieux. A Tielrode, il y a plus de vaches que d'habitants. " Pour un footballeur, il a aussi un rapport particulier avec l'argent. Il a prolongé jusqu'en 2013 et l'Ajax lui suffit : " Je rêve évidemment de Manchester United mais je dois encore franchir quatre ou cinq étapes pour intéresser un club pareil. Dans des équipes comme Everton ou Middlesbrough, je pourrais gagner trois fois plus qu'à l'Ajax, mais très peu pour moi. On verra dans dix ans : je filerai peut-être une saison au Qatar pour m'en mettre plein les poches. "Comme Jan Vertonghen, Thomas Vermaelen et Tom De Mul, Toby Alderweireld est passé du Germinal Beerschot à l'Ajax grâce à l'accord de collaboration qui existait entre les deux clubs. C'est Danny Blind (42 caps avec les Pays-Bas, un des seuls quatre joueurs à avoir remporté les trois Coupes d'Europe), manager technique de l'Ajax, qui l'a repéré chez les jeunes. " Notre partenariat avec le Germinal Beerschot n'a pas été une réussite à tous points de vue, mais nous y avons quand même déniché quelques fameuses perles, dont Alderweireld ", a déclaré Blind. Après son écolage, c'est Marco van Basten qui l'a fait monter dans le noyau A. Il n'était pas la seule légende du club à croire en lui : pour Frank De Boer, Alderweireld avait assez de talent pour devenir un nouveau Jaap Stam. Alderweireld a connu son baptême du feu en équipe Première lors de l'Amsterdam Tournament, durant l'été 2008. Van Basten l'a lancé face à l'Inter Milan alors qu'il ne s'était pas encore entraîné une seule fois avec le noyau pro. Séville et Arsenal étaient aussi invités. " Subitement, on m'a demandé de défendre contre Adriano et Zlatan Ibrahimovic. Je me suis demandé où j'étais tombé. C'était quand même assez différent de ce que j'avais connu chez les jeunes. " Il a ébloui le stade et, après le match, Marco Materazzi l'a poursuivi dans le couloir des vestiaires pour lui demander son maillot. Alderweireld a refusé : " La vareuse de mon tout premier match avec l'Ajax, je ne pouvais quand même pas m'en débarrasser comme ça. Je l'avais promise à mon frère. C'est ce que j'ai expliqué à Materazzi. Il ne m'en a pas voulu ! " " C'est marrant, Alderweireld a plus d'expérience en matches internationaux qu'en championnat des Pays-Bas " : Marco van Basten l'a vite confronté aux choses sérieuses. Il a fait sensation dans un duel amical contre Stuttgart lors d'un stage en janvier 2009. Ce jour-là, il a été élu homme du match. Tout s'est alors enchaîné, avec surtout des affrontements en Coupe d'Europe, face à Marseille et la Fiorentina. Par contre, il n'était pas encore indiscutable en compétition. Aujourd'hui, c'est différent avec Martin Jol : la place d'Alderweireld en défense centrale n'est pas contestée. En compagnie de Vertonghen. Un duo belge qui a de la gueule, pour les spécialistes de ce championnat : Vertonghen le gaucher et Alderweireld le droitier : cocktail parfait pour de nombreuses années. par pierre danvoye