Fabio Capello, l'entraîneur de la Roma, a constaté il y a une semaine à Anderlecht que son équipe avait mieux joué que jamais cette saison et s'était créé plusieurs occasions de but que Batistuta rata ou que De Wilde annula. Ivan Hasek, le coach de Strasbourg, trouva lui ses joueurs bien timides contre le Standard le lendemain soir.
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Fabio Capello, l'entraîneur de la Roma, a constaté il y a une semaine à Anderlecht que son équipe avait mieux joué que jamais cette saison et s'était créé plusieurs occasions de but que Batistuta rata ou que De Wilde annula. Ivan Hasek, le coach de Strasbourg, trouva lui ses joueurs bien timides contre le Standard le lendemain soir. Sans tenir compte des différences pouvant exister entre la Ligue des Champions et la Coupe de l'UEFA, les équipes européennes ne furent pas traitées de la même manière au Parc Astrid ou à Sclessin. C'est une question d'attaquants. Au niveau d'Anderlecht et du Standard, la réplique mauve et rouge fut différente grâce à une plus grande dangerosité de l'équipe de Michel Preud'homme. Faut-il automatiquement en déduire que le Liégeois prend plus de risques devant qu' Aimé Anthuenis? En tout cas, il a joué avec Moreira et Goossens en pointe en demandant à un autre attaquant, le physique Vandooren, de se replier souvent dans l'entrejeu pour contrer les centimètres et les kilos strasbourgeois. Anthuenis, lui, a fait l'inverse: il a déplacé le flanc droit Dindane en pointe où il n'apporta rien contre les Romains. Et quand l'Africain pataugea tant et plus, ce n'est pas lui qu'Anthuenis remplaça par De Bilde mais Mornar! Comment s'étonner, dans ces conditions (et toujours en tenant compte des qualités de chaque équipe), que le Standard a marqué deux buts européens et Anderlecht zéro. Se poser la question, c'est reconnaître l'importance des attaquants dans une équipe. Evidemment, pour comparer des équipes, il faut que les conceptions des entraîneurs donnent les mêmes chances au secteur offensif. Mais au-delà, il est indéniablement plus facile de construire les fondations d'une équipe que la superstructure. Et là, Anderlecht et le Standard sont également bien outillés. Les gardiens, ça va, bien que Susnjara ait eu tendance contre Strabsourg à trouver le ballon parfois glissant. En défense, De Boeck prend de plus en plus d'ampleur chez les Mauves où il est devenu le nouveau Rutjes (... ce qui est un compliment), avec en plus une présence offensive. Van Meir, au Standard, peut autant se reposer sur Okpara que sur Vanderhaeghe chez les Diables. Les entrejeux des deux clubs sont denses et garnis de bons joueurs, mais on espère aussi qu'Anthuenis trouve aussi facilement le mode d'emploi pour placer Baseggio ou Stoica dans d'aussi bonnes conditions que Walem au Standard. Evidemment, Johan a autant d'expérience internationale que Walter et Alin réunis et cela aide. Robert Waseige le sait mieux que quiconque. De l'extérieur et de loin, on peut penser que Baseggio remplacera poste pour poste Walem suspendu en Croatie, mais est-ce aussi simple que ça? Restent les attaques. La "démo" de Moreira contre Strasbourg a été impressionnante, mais Preud'homme sait qu'outre les bons ballons donnés au Portugais, le travail du duo Goossens-Vandooren a créé les fondations du succès de l'avant. Le niveau d'efficacité supérieur du Standard serait de trouver également les meilleures conditions de rendement d' Aarst. Le Norvégien exige pour cela des ballons venant des ailes. Est-ce incompatible avec la polyvalence de Moreira qui a besoin d'espaces? Preud'homme a déjà essayé d'associer le duo, mais sans succès ponctuel. On est persuadé qu'il y arrivera car savoir mélanger l'eau et le feu, c'est domestiquer des éléments très dévastateurs pour l'adversaire. A Anderlecht, et sans critiquer Anthuenis, on doit souligner que l'attaque est encore moins finement élaborée. C'est dû principalement à la blessure de Jestrovic et aux faux espoirs créés par moments par un Dindane qui, finalement, ne s'impose ni en véritable flanc ni en puncheur. Mornar, par contre, matérialise plus facilement ses qualités et De Bilde a plus que de beaux restes. Alors, avec la puissance stabilisée de sa défense et de son entrejeu, Anthuenis devrait pouvoir donner sous peu une autre percussion à son équipe. John Baete