Pour les arbitres, traiter les entraîneurs et les joueurs d'égal à égal augmenterait le respect réciproque car rien n'est plus irritant pour les acteurs d'un match que de devoir collaborer avec des referees à l'autoritarisme outrancier. Il est beaucoup plus facile pour l'homme en noir de gérer un match en utilisant des méthodes plus cool basées sur la communication et sur la bonne humeur.
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Pour les arbitres, traiter les entraîneurs et les joueurs d'égal à égal augmenterait le respect réciproque car rien n'est plus irritant pour les acteurs d'un match que de devoir collaborer avec des referees à l'autoritarisme outrancier. Il est beaucoup plus facile pour l'homme en noir de gérer un match en utilisant des méthodes plus cool basées sur la communication et sur la bonne humeur. N'est-il pas plus agréable de recevoir un avertissement verbal voire un carton sans que l'arbitre utilise des gestes excessifs déplacés pour pratiquer sa remontrance. Pour certains arbitres, cela ressemble à une véritable jouissance que d'exclure un entraîneur ou un joueur. Un comportement moins hautain aurait également moins de répercussions sur le public. Récemment, lors d'un Olympic-Sprimont, un des deux juges de ligne n'a pas eu û en ce qui me concerne û une attitude neutre et objective. Durant le match, il passa plus de temps à regarder comment l'entraîneur visiteur û c'est-à-dire moi û se comportait plutôt que de se concentrer sur sa fonction propre et notamment la signalisation correcte des hors-jeu. D'autant que dans ce stade, l'entraîneur de l'Olympic échappe à toute surveillance des assistants vu que les bancs sont complètement décentrés et que celui des Dogues se trouve du côté où il n'y a pas de linesmen. A la fin du match, un de mes joueurs lui tendant la main, l'assistant réagit en le traitant de " nul " et de " petit " joueur. Allant serrer la main de l'arbitre malgré la défaite de mon équipe, je lui signalai les faits et évidemment je me suis fait envoyer sur les roses avec menace de rapport ! C'est vrai qu'au bord du terrain, je suis quelqu'un d'expressif et qui vit son match mais je n'ai jamais le moindre problème avec les arbitres faisant preuve d'un minimum de psychologie. Les quelques fois où j'ai été exclu en tant qu'entraîneur en huit ans de prestations, ce ne fut jamais pour insultes ni mots déplacés. Par trois fois, je suis allé me défendre à la fédération car la teneur du rapport n'avait rien à voir avec les faits réels mais l'arbitre n'était jamais présent et c'était sa parole contre la mienne. La dernière fois où je suis allé me présenter devant les juges de l'avenue Houba de Strooper fut suite à mon exclusion lors de CharleroiûBruges la saison passée. Le quatrième arbitre m'avait exclu à cause de ma mauvaise humeur suite à l'exclusion d' Ibrahim Kargbo à la dernière minute et affirma dans son rapport que je l'avais bousculé. Faux, mais suspension de quatre matches. Depuis, j'ai décidé de ne plus aller me défendre suite à une suspension. D'autant que quand je suis exclu de la zone neutre, je peux coacher derrière le grillage sans subir les foudres arbitrales. J'ai la nostalgie du comportement d' Alexis Ponnet, Marcel Van Langenhove et autre Marcel Javaux. Robert Wurtz (très théâtral mais sympa) en France dans le passé et Luigi Collina à l'heure actuelle sont du même tonneau : sympas, le contact facile, ils avaient toujours le mot qu'il fallait pour détendre l'atmosphère. Quand on disait à Van Langenhove : -Marcel, je te jure, je n'ai rien fait, la réponse fusait : -Allez concentre-toi sur ton jeu, tu n'en touches pas une depuis une demi-heure, la prochaine fois, c'est la carte. Tout ça avec le sourire et en vous appelant par votre prénom. Cela ne posait jamais le moindre problème. Marcel Javaux, lui, quand on lui signalait qu'il avait oublié de siffler une faute rétorquait : -Désolé, je ne l'ai pas vue, promis, la prochaine je la siffle. Avec un petit clin d'£il à l'appui, sans se prendre pour le gendarme de service. Alexis Ponnet, lui c'était la classe à l'état pur. Toujours poli, le contact facile, naturellement autoritaire, pas la peine d'en remettre pour asseoir son autorité. Tout le contraire d' Alphonse Costantin, par exemple. On remarquera que l'élection de l'arbitre de l'année débouche généralement sur la nomination de celui ayant le meilleur contact humain. Puissent les jeunes arbitres prometteurs réfléchir à cet état de fait et se dire qu'ils sont un élément indispensable à la réussite du sport qu'ils pratiquent AVEC nous. ETIENNE DELANGRE