On a vu un match fou à Genk!

Georges Heylens: J'ai surtout vu le meilleur match de la saison avec deux équipes offensives, compactes, vivaces, intelligentes, engagées mais fair-play. C'est le genre de rencontre qui peut rendre de la crédibilité à notre football à l'étranger. Bruges n'était pas moins bon que Genk, le score aurait pu basculer dans l'autre sens. Ce sont en tout cas les deux seules équipes qui peuvent se targuer aujourd'hui de viser le titre.
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Georges Heylens: J'ai surtout vu le meilleur match de la saison avec deux équipes offensives, compactes, vivaces, intelligentes, engagées mais fair-play. C'est le genre de rencontre qui peut rendre de la crédibilité à notre football à l'étranger. Bruges n'était pas moins bon que Genk, le score aurait pu basculer dans l'autre sens. Ce sont en tout cas les deux seules équipes qui peuvent se targuer aujourd'hui de viser le titre. Ce 4-0 est forcé mais n'est pas nécessairement une mauvaise chose pour les Bruxellois. Il faut parfois une claque pour redescendre sur terre et comprendre que le championnat n'est pas fini.Ce Sporting-là reste fébrile. Il ne dégage jamais l'impression de supériorité que l'on est en droit d'attendre d'un candidat au titre. Mais l'essentiel est acquis avec ces trois points qu'il fallait absolument prendre. Alost a fait douter Anderlecht mais n'est qu'un mort en sursis.Il est toujours malade. Depuis la reprise, sa moyenne est celle d'une équipe de milieu de tableau, pas celle d'un club qui vise l'Europe. C'est bien de renforcer continuellement son noyau en transférant des joueurs exceptionnels, mais c'est nuisible d'avoir trop de personnalités dans un groupe. Certains n'acceptent pas d'être réservistes, d'autres ont surtout la Coupe du Monde en tête: c'est difficile à gérer. Il faudra que cet ensemble-là se lie au plus vite pour qu'on retrouve un Standard européen la saison prochaine. Rien n'est joué: l'Excel peut toujours se qualifier via le championnat. On sent là-bas une ambiance sereine, encouragée par une longue série de bons résultats. Tous les titulaires en fin de contrat resignent semaine après semaine: cela contribue à l'ambiance positive et à l'envie de gagner que l'on observe aujourd'hui. Mouscron a aussi la chance de pouvoir compter sur un gardien de talent qui a la réussite de son côté.(Il rit). Son truc, c'est surtout d'avoir de son côté la chance qui sourit aux gardiens en forme! On ne peut pas dire que le Sporting pète des flammes. Pour ce qui est d'Enzo Scifo, je suis surpris par ce que j'ai vu dans les journaux. On sait que c'est un grand monsieur dont ce n'est pas le style d'agresser les arbitres. Il mérite d'être sanctionné s'il a vraiment pété les plombs mais je tiens en tout cas à signaler un élément dont personne n'a parlé: les joueurs n'ont pas le monopole de la violence physique ou verbale, certains arbitres se défendent pas mal sur ce terrain-là. Des directeurs de jeu qui peuvent avoir des paroles ou des gestes déplacés, j'en connais.Cette équipe ouvre doucement mais sûrement la porte du maintien. Une chose saute aux yeux: ce groupe est solide, solidaire et ambitieux. J'ai revu le Karagiannis des grands jours. Important aussi: ça semble s'être bien calmé dans la coulisse au Tivoli. Le nouveau manager ne fait pas de bruit mais effectue un travail qui paye depuis plusieurs semaines. Quant au président, il commence à connaître les mécanismes de la D1. Le club sera bientôt totalement crédible. Plusieurs fois dans ma carrière, j'ai constaté qu'il n'était plus possible de viser de bonnes choses à partir du moment où la symbiose n'est plus parfaite entre d'une part le président et le manager, d'autre part le président et l'entraîneur.A lui de voir s'il est capable d'aller jusqu'au bout de la saison et si le jeu en vaut la chandelle. Il mérite de quitter la D1 avec les honneurs, pas en traînant la jambe.L'Antwerp a retrouvé des couleurs avec Houwaart. C'est un homme qui veut qu'on parle de lui et cherche à être tous les jours dans les journaux. Mais cela ne l'a pas empêché de réussir une belle carrière d'entraîneur et son travail paye déjà à Anvers. Le Lierse? Il ne va toujours pas mieux. Son salut ne passera que par la faiblesse chronique de Beveren et Alost. Ce n'est pas du tout le cas de La Louvière, qui mérite cent fois de gagner des places au classement.Pierre Danvoye, ,