La Fédération Internationale de Basket (FIBA) l'a voulu, les Américains l'ont fait, ils sont champions du monde. Là où la FIBA pourrait être déçue, c'est que ce n'était pas contre le pays hôte l'Espagne, mais contre la Serbie de MilosTeodosic (129-92). Elle avait pourtant bien prévu le coup : partie de tableau différente pour éviter toute confrontation entre les deux pays avant l'heure tout en soignant les symboles et la politique. En phase finale : les Américains à Barcelone, terre d'exploit de la Dream Team de 1992, et les Espagnols dans la capitale afin d'éviter une demi-finale le jour de la fête nationale... catalane.
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La Fédération Internationale de Basket (FIBA) l'a voulu, les Américains l'ont fait, ils sont champions du monde. Là où la FIBA pourrait être déçue, c'est que ce n'était pas contre le pays hôte l'Espagne, mais contre la Serbie de MilosTeodosic (129-92). Elle avait pourtant bien prévu le coup : partie de tableau différente pour éviter toute confrontation entre les deux pays avant l'heure tout en soignant les symboles et la politique. En phase finale : les Américains à Barcelone, terre d'exploit de la Dream Team de 1992, et les Espagnols dans la capitale afin d'éviter une demi-finale le jour de la fête nationale... catalane. C'était sans compter sur la France ! Pourtant orpheline de son meilleur joueur Tony Parker, laissé au repos, et malgré un début de parcours chaotique en poule (3 victoires pour 2 défaites), les Français ont fait preuve de maîtrise pour battre l'Espagne. Les 15 points de Boris Diaw, les 13 rebonds de Rudy Gobert et le coaching gagnant de Vincent Collet ont fait plier les Espagnols : 32 % aux tirs et un misérable 2/22 à 3pts. La véritable performance de cette Coupe du Monde, tant les Espagnols au grand complet étaient convaincus d'aller jusqu'en finale et même de battre les Américains. Pau Gasol, le pivot star de l'équipe, était lucide : " Je ne pense pas qu'on ait sous-estimé la France. On a fait notre pire match du tournoi ". Boris Diaw confirmait à l'issue du match : " Tout le monde a élevé son niveau de jeu et a eu un niveau de concentration qu'on n'avait pas vu jusque-là. "Une défaite qui a étonnamment déçu Kenneth Faried, l'ailier-fort de la sélection américaine : " L'Espagne était tellement arrogante en disant qu'ils étaient plus forts, qu'ils allaient nous battre. Moi je voulais les battre en finale, chez eux ". Malheureusement pour nos voisins d'outre-Quiévrain, ils se sont écrasés face à la Serbie avant de gagner la petite finale face aux Lituaniens. Bien qu'étant une valeur sûre du basket, personne n'attendait réellement la Serbie aussi loin dans ce tournoi. Versée dans le groupe de la mort avec notamment l'Espagne, la France et le Brésil, les Serbes ont obtenu le dernier ticket qualificatif pour les huitièmes de finale où ils affrontaient les Grecs, leurs meilleurs ennemis. La Grèce n'a pas su tenir le choc offensif et la Serbie s'est facilement imposée de 18 points avant d'écraser le Brésil 84 à 56. Même topo contre la France qui n'a pas su se réveiller à temps et qui échoue à 5 petits points. Plutôt discret en poule, Milos Teodosica une nouvelle fois montré toute l'étendue de son talent dans les matchs couperets : 13 points contre la Grèce, 23 face au Brésil et 24 contre la France. Son coach Sacha Djordjevic ne tarit pas d'éloges : " Teodosic est un joueur incroyable. Actuellement, c'est le meilleur joueur du tournoi, il n'y a aucun doute. C'est notre leader ". Même poussés par leur public venu en masse pour la finale, les Serbes n'ont pu résister à la puissance et au talent américains : une défaite sévère et sans appel : 129-92. Le meneur de jeu serbe se consolera avec sa présence dans la meilleure équipe du tournoi aux côtés de Pau Gasol (Espagne), Nicolas Batum (France), Kenneth Faried et Kyrie Irving (USA), également sacré meilleur joueur du tournoi. Les Américains n'ont eu aucune difficulté à se frayer une place en finale et obtenir le titre. Depuis leur défaite face à la Grèce en demi-finale du championnat du monde 2006, la sélection américaine s'est remise en question et a bâti une équipe complémentaire. Même sans ses plus grandes vedettes comme LeBron James ou Kevin Durant, le niveau de " l'équipe B " reste bien supérieur au gratin du basket-ball international. Quatre joueurs de la sélection (Harden, Curry, Cousins et DeRozan) font tout de même partie du top 10 des meilleurs marqueurs de la défunte saison NBA ! Le public n'a néanmoins pas répondu à la fête : les Américains ont très peu joué à guichets fermés et n'ont comme souvent pas pu compter sur un noyau dur de supporters. Seuls quelques locaux et touristes portaient le maillot NBA de leur star préférée. Les vainqueurs du tournoi ont même été régulièrement sifflés et hués par les fans adverses, finlandais comme serbes. Au final, seul la Turquie les aura fait douter durant une mi-temps où ils étaient menés de 5 points. Avant que la machine ne s'enclenche et que leur physique et leur profondeur de banc ne fassent la différence. Une bonne leçon selon l'ailier Rudy Gay : " C'était un bon test pour nous. Ils ont ralenti le tempo et nous ont mis en grande difficulté ". Car c'est en faisant courir et en fatiguant leurs adversaires qu'ils font la différence, les autres équipes ne pouvant compter sur des remplaçants aussi athlétiques. Que faire pour améliorer le suspense ? Interdire les joueurs NBA ? C'est le voeu de certains propriétaires de franchises comme Mark Cuban (Dallas Mavericks) qui ne veulent pas laisser filer " leurs employés " gratuitement et risquer une blessure. C'est ce qui est arrivé à Paul George en préparation, victime d'une fracture tibia-péroné suite à une mauvaise réception. Cela ne sera sans doute pas mis en place avant les JO de 2016, seule compétition où les stars NBA veulent ramener la médaille d'or. ?PAR GEORGES XOURAS EN ESPAGNE