Le Jardin extraordinaire, Visa pour le monde, Francophonissime, Lundi Sports, Mobiles, Voulez-vous jouer, Les Travaux inutiles, l'Eurovision... Revoir Paule Herreman, Arlette Vincent, Françoise Vandemoortele, Luc Beyer, René Thierry, Franck Baudoncq, Jacques Bredael, Josy Dubié, Jean-Claude Defossé, Roger Laboureur... tout cela ne nous rajeunit pas mais quelle dose de plaisir !
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Le Jardin extraordinaire, Visa pour le monde, Francophonissime, Lundi Sports, Mobiles, Voulez-vous jouer, Les Travaux inutiles, l'Eurovision... Revoir Paule Herreman, Arlette Vincent, Françoise Vandemoortele, Luc Beyer, René Thierry, Franck Baudoncq, Jacques Bredael, Josy Dubié, Jean-Claude Defossé, Roger Laboureur... tout cela ne nous rajeunit pas mais quelle dose de plaisir ! Mais la télévision n'avait-elle pas une tout autre dimension qu'à l'heure actuelle ? Peut-être est-ce un hommage tacitement rendu à feu Robert Wangermée, grand humaniste devant l'éternel, visionnaire du service public, qui faisait de la télé une vraie lucarne magique, là où aujourd'hui elle s'apparente davantage à un meuble commun devant lequel on s'auto-hypnose sans état d'âme. Le combat actuel de la direction n'est en rien facilité par le phénomène social télévisuel du jour, privé principalement, étranglé par les sirènes de l'audimat et le zapping nerveux. La télévision succombe aujourd'hui aux désirs fainéants de téléspectateurs de plus en plus avides de... vide. Jeux en cascade, rediffusions multiples, séries américaines abrutissantes, téléfilms médiocres, et puis la télé-réalité, les reality-shows. Enfin, la pseudo réalité. Pas celle d'un réveil à six heures du matin, suivi d'une bonne heure d'embouteillages, de dur labeur, de harcèlements, de contraintes, d'horaires dépassés, d'exploitation, de stress permanent, de salaires indécents, de licenciements abusifs ou imprévus. Non, plutôt celle de jeunes gens entre 18 et 25 ans, épuisés de devoir se lever le matin, sur qui la moindre forme d'autorité ou de désaccord mène à des couinements de tristesse ou de rébellion, face à des caméras trop contentes d'immortaliser une telle paresse révoltante, motivés par la gloire et les paillettes, l'argent facile, la célébrité provinciale ou nationale, dans un pacte de moindre effort et d'insolence, de fautes de grammaire et de vocabulaire, voire de décence face à la vraie vie. Star-Ac, Big Brother, le Loft, etc. Derrière ces grosses productions se cachent des hommes d'affaires... malins qui ont su trouver un créneau hyper rentable. Je m'incline devant ce succès international, mais remettons les choses à leur place. Les artistes à leur place. Les vrais, les inconnus du grand public. Ceux qui méritent le respect sans avoir la gueule TF1 ou RTL, ceux qui galèrent pour ce métier génial d'artiste, de comédien, de chanteur, de troubadour, de ménestrel, dans l'ombre... Dans les théâtres de quartier, à l'abri des caméras, sur une scène dont les planches (et les prix) craquent de partout, ou dans des sous-sols miséreux concédés avec pitié... Les vrais artistes ne sont pas toujours ceux qu'on associe au petit écran, télécommande et bière à la main, dans un tour de zap paresseux et facile. Ils souffrent en silence, par amour d'un métier qui n'a pas besoin des feux de la rampe pour survivre. Une fois de plus, ces producteurs ont fait entrer le spectateur, et l'acteur, dans un système prolifique d'offre et de demande : ça fait branché d'être au courant des derniers rebondissements entourant Lukas et de débattre sur son repêchage ou non, juste ou injuste. Mais être un artiste, ce n'est pas ça. Passer à la télé ne devrait pas être matière à fantasme. Enfin, en théorie. Mais cette fascination pour la célébrité conditionne les réactions des gens. La télévision est une arme. Dont on se sert pour émouvoir, pour informer, pour paraître, pour divertir, mais aussi pour tuer. Elle n'exprime pas la réalité à travers ces divertissements, elle manipule, elle exagère, elle déprime au lieu de faire rêver, elle frustre au lieu de nous amuser. Mais il ne suffit pas d'avoir une belle gueule pour réussir sa vie. Notre grandissime Jacques Brel disait : " Il faut regarder ce qu'on a et pas ce qu'on n'a pas ". Par souci de bonne citoyenneté, je regarde les infos et c'est tout. L'autre jour, j'ai regardé Match 1 et j'ai vu que MarcDelire (t'inquiète, je t'allume gentiment) avait coupé au montage dans les résumés et dans les interviews. Ça m'a énervé car les gens ne croient que ce qu'ils voient. Mais s'ils savaient... Ah oui, j'oubliais : je suis allé au concert de Star-Ac avec mes enfants et j'ai trouvé ça... hyper-tendance-sympa. A bientôt. bertrand crasson