Après des prestations enthousiasmantes contre l'Ajax, Bilbao et Hambourg en Europa League, un deuxième tour de championnat et des play-offs menés tambour battant au cours du même exercice 2009-10, il n'en fallait pas plus pour que - dans l'euphorie du 30e titre - Roger Vanden Stock prédise un nouvel âge d'or pour son club. Moins d'un an plus tard, à l'évidence, la prophétie du président du RSCA n'est plus d'actualité. Car en lieu et place de poursuivre sur son élan, Anderlecht a bafouillé son football comme pas permis cette saison. Au point de devoir souquer ferme, aujourd'hui, pour reconduire son titre. Comment en est-il donc arrivé là ?
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Après des prestations enthousiasmantes contre l'Ajax, Bilbao et Hambourg en Europa League, un deuxième tour de championnat et des play-offs menés tambour battant au cours du même exercice 2009-10, il n'en fallait pas plus pour que - dans l'euphorie du 30e titre - Roger Vanden Stock prédise un nouvel âge d'or pour son club. Moins d'un an plus tard, à l'évidence, la prophétie du président du RSCA n'est plus d'actualité. Car en lieu et place de poursuivre sur son élan, Anderlecht a bafouillé son football comme pas permis cette saison. Au point de devoir souquer ferme, aujourd'hui, pour reconduire son titre. Comment en est-il donc arrivé là ? Le transfert du gaucher à Wolverhampton, lors du mercato d'été, a laissé un vide qui n'a jamais été comblé, tant sur le terrain que dans le vestiaire. La direction doit d'autant plus s'en mordre les doigts qu'elle a eu l'occasion de récupérer le joueur après une expérience de six mois à peine aux Iles. Le Standard, lui, ne s'est pas fait prier pour le rapatrier. Avec succès, car l'intéressé a sans conteste contribué au redressement de ses couleurs. Conspué à chacune de ses touches de balle lors de ses retours récents au Parc Astrid, cela ne l'a pas empêché d'être l'un des meilleurs acteurs. De quoi remuer un peu plus le couteau dans la plaie des dirigeants mauves. L'élimination au dernier tour préliminaire de la Ligue des Champions par les modestes Biélorusses du BATE Borisov, en 2008, avait déjà été une dure épreuve pour la plupart des Sportingmen. Deux ans plus tard, l'éviction européenne après l'épreuve des tirs au but contre les Serbes du Partizan Belgrade a eu l'effet d'un véritable traumatisme. Lucas Biglia, notamment, en a conclu qu'il n'arriverait jamais à rien avec Anderlecht sur la plus haute scène. Indécis sur la suite à donner à sa carrière, sa décision était prise : plus question de rempiler. Depuis, ses pensées sont ailleurs. Après l'Argentin, c'est au tour d'un autre cadre, Mbark Boussoufa, de déchanter. Impérial, au même titre que ses partenaires, face à ses anciennes couleurs, la saison passée, le n°11 anderlechtois, faute d'appui, passe carrément à côté de son sujet. Pour lui aussi, c'est le ras-le-bol. Dans son QG du restaurant Le Nil, à Bruxelles, il fustige à la fois le manque de classe et de mentalité du groupe. Plus question, dans ces conditions, de s'inscrire dans la durée à Anderlecht, même s'il laisse encore planer le doute quelque temps. La délivrance viendra plus tôt que prévu pour lui avec son transfert à Anzhi Makatshkala. Avant Mbark Boussoufa, Anderlecht s'était déjà séparé fin janvier de Jan Polak, parti à Wolfsburg. A défaut de s'ériger, comme Boussoufa, en Mister 50 % de l'équipe, le médian tchèque se doublait d'une forte personnalité, qui inspirait le respect auprès de ses partenaires. Il a suffi qu'il quitte le Sporting pour qu'on mesure son impact, surtout en cas d'absence de Lucas Biglia. Idem, dans une plus large mesure encore, pour le Marocain. Son départ allait soi-disant permettre à d'autres de s'extérioriser mais personne n'a pris la relève. Le directeur général, Herman Van Holsbeeck, avait déjà sermonné les joueurs après un indigne partage au Lierse, leur reprochant leur suffisance. Des propos qu'il réitéra encore au terme des couacs à Westerlo et contre le Standard. Durant la défunte campagne, le coach, Ariel Jacobs, n'avait jamais dû motiver des joueurs qui mordaient dans le ballon. Cette saison, la sensation de faim n'est plus la même.