Anderlecht est-il prêt pour son importantissime déplacement à Belgrade ce soir ? Cinq facteurs incitent en tout cas à l'optimisme.
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Anderlecht est-il prêt pour son importantissime déplacement à Belgrade ce soir ? Cinq facteurs incitent en tout cas à l'optimisme. Le hasard aura voulu que le Partizan Belgrade défie à deux reprises un club belge dans un passé récent : le Standard en 2008-09 et le Club Bruges la saison passée. Avec trois victoires à la clé pour nos représentants, puisque les Rouches l'avaient emporté 0-1 dans la capitale serbe le 27 novembre 2008 tandis que les Bleu et Noir s'étaient d'abord imposés 2-0, le 22 octobre 2009, avant de triompher 2-4 dans l'antre de leur adversaire le 5 novembre suivant. Si les gars de Sclessin n'avaient disputé qu'une manche, c'est parce qu'on en était encore à l'ancienne mouture en CE2, avec des poules de 5 équipes sans matches aller-retour. Un an plus tard, suite à la mise sur pied de l'Europa League, les matches de poule eurent lieu cette fois par aller et retour. Le Club était plutôt mal engagé, car après avoir été battu au stade Jan Breydel par le Shakhtar Donetsk (1-4), il avait partagé l'enjeu in extremis à Toulouse (2-2). S'il voulait assurer sa pérennité, il se devait absolument de réaliser un résultat probant face au Partizan, dernier classé à ce moment. Si, avec le Standard, le Partizan n'avait pu trouver la parade face au jeu de tête d' Igor de Camargo (auteur du seul but), contre les Brugeois ce sont les échanges à ras de terre qui posèrent problème, avec le Croate Ivan Persisic et le Camerounais Dorge Kouemaha à la finition. Comme le RSCA maîtrise ces 2 aspects, il possède indéniablement un avantage. En l'espace de deux ans, entre 2008 et 2010, Anderlecht a conservé l'essentiel de ses forces vives, de même pour ce qui est de l'encadrement de l'équipe première. C'est toujours Ariel Jacobs qui est à la tête de l'équipe, et les cadres tels Roland Juhasz ou Mbark Boussoufa étaient déjà là voilà plusieurs années. Du côté du Partizan, le topo est complètement différent. Là, le roulement aura été pour le moins incessant durant le même intervalle. A la barre du noyau A d'abord, vu que trois mentors s'y sont relayés durant un laps de temps de 24 mois à peine : Slavisa Jokanovic en premier lieu, suivi par son adjoint Goran Stevanovic qui a lui-même cédé le témoin à Aleksandar Stanojevic. L'effectif, lui aussi, a subi un sérieux lifting dans le même temps puisque de 2008 à 10 ne subsistent plus, aujourd'hui, que les seuls Ivan Stevanovic, Ljubomir Fejsa, Radosav Petrovic, Almani Moreira, Milos Bogunovic et Marko Jovanovic. Et encore ce dernier était-il réserviste tant contre le Standard que contre le Club Bruges. En outre, les Serbes ont dû se séparer de leurs plus beaux fleurons puisque Adam Ljajic, surnommé dans son pays le petit Kaká est passé dans les rangs de Manchester United entretemps, à l'instar de Zoran Tosic le tout pour la bagatelle de 12 millions d'euros. A présent, comme seule vedette, il ne reste plus que Cléo. C'est un peu maigre par rapport à ce que le Sporting peut mettre dans la balance. Quatre buts marqués, zéro encaissé : face au Germinal Beerschot, dernière sortie en championnat avant le déplacement dans la capitale serbe, les Mauves ont indéniablement fait le plein de confiance. D'autant plus qu'il ne leur aura fallu qu'une bonne heure de jeu pour asseoir ce joli succès : les dix premières minutes de la rencontre, plus l'intégralité de la deuxième mi-temps. Entre les deux, ils s'étaient effectivement endormis sur leurs lauriers suite aux blessures de Roland Juhasz d'abord (entaille au cuir chevelu) et du gardien visiteur Tome Pachovski, qui avait encouru une fracture au péroné. Arc-boutés devant leur goal, les Sportingmen ont prouvé qu'ils pouvaient tabler sur une arrière-garde solide qui, forte des mêmes composantes que l'année passée, lâche vraiment un minimum. La preuve, d'ailleurs, par son passif jusqu'ici : un but encaissé à l'occasion du mach aller à The New Saints et un autre face à Eupen, un point c'est tout. Devant les gars du Kiel, Anderlecht a démontré sa facilité à passer d'une variante à l'autre. Au départ, devant le duo de récupérateurs constitué de Lukas Marecek (un futur Lucas Biglia) et de Cheikhou Kouyaté, Ariel Jacobs avait aligné de droite à gauche Jonathan Legear, Mbark Boussoufa et Matias Suarez en soutien de l'homme de pointe, Romelu Lukaku. En deuxième armure, branle-bas de combat, avec permutation de l'Argentin du flanc gauche au droit, pour remplacer Jonathan Legear, introduction de Kanu comme soutien d'attaque et repositionnement de Bous sur son aile-fétiche à gauche. Le tout, finalement, au profit d'un RSCA plus fort encore, qui passa carrément la surmultipliée au moment où Tom De Sutter prit le relais de Rom à vingt minutes du terme. Dommage vraiment, pour l'ex-Brugeois, qu'il dut quitter le terrain à un fifrelin du dernier coup de sifflet, suite à un nième pépin, à la cheville cette fois. Car l'infortuné puncheur était bien revenu dans le parcours, comme en témoigne le but superbe qu'il inscrivit face aux Anversois sur une reprise en un temps après un centre au cordeau du pocket-player marocain. Si le Sporting perd là un précieux rouage, il en aura malgré tout récupéré un autre (et non des moindres) avec Jan Polak, redevenu pleinement opérationnel après avoir signé une prolongation de contrat deux jours plus tôt. A l'heure où Biglia est toujours blessé, personne du côté mauve ne s'en plaindra. L'année passée déjà, Matias Suarez avait pris un départ sur les chapeaux de roues. Il avait alors été un des seuls, pour rappel, à tirer son épingle du jeu lors de la double confrontation face à l'Olympique Lyonnais, au même stade de la compétition. L'Argentin, qui avait connu une longue éclipse par la suite, avant de revenir en trombe en fin de campagne, respire à nouveau la toute grande forme. Après avoir réussi un doublé face à Eupen, Mati a trouvé l'ouverture aussi contre le GB en profitant d'une hésitation de PieterjanMonteyne. Il n'est pas le seul, toutefois, à afficher une forme étincelante. A ses côtés, MbarkBoussoufa fait pleinement honneur aussi, à l'heure actuelle, à son statut de Footballeur Pro de l'Année. Un but et deux assists face au Beerschot, voilà de quoi le booster, ainsi que ses partenaires, pour le rendez-vous le plus important de ce début de saison. par bruno govers - photo: belga