1 Europa League : Anderlecht a le plus de chances

Les résultats européens ont redoré le blason belge. Et il ne faut pas minimiser le mérite de nos clubs : deux victoires et un partage à l'extérieur face à de solides formations, ce n'était pas inespéré mais presque. Il y a un très net changement de mentalité dans la façon d'aborder les rencontres. Désormais, on ose ! On croit en ses qualités ; fini le temps où l'on respectait avec excès l'adversaire. Le tournant date de la campagne européenne du Standard l'an dernier. Les Liégeois avaient prouvé qu'un club belge était capable de bousculer des clubs anglais, italiens. Ces performances ont frappé les esprits et entraîné les autres dans un football plus ambitieux.
...

Les résultats européens ont redoré le blason belge. Et il ne faut pas minimiser le mérite de nos clubs : deux victoires et un partage à l'extérieur face à de solides formations, ce n'était pas inespéré mais presque. Il y a un très net changement de mentalité dans la façon d'aborder les rencontres. Désormais, on ose ! On croit en ses qualités ; fini le temps où l'on respectait avec excès l'adversaire. Le tournant date de la campagne européenne du Standard l'an dernier. Les Liégeois avaient prouvé qu'un club belge était capable de bousculer des clubs anglais, italiens. Ces performances ont frappé les esprits et entraîné les autres dans un football plus ambitieux. J'ai trouvé la performance d'Anderlecht à Bilbao très positive. Tout en étant bien disposés défensivement, les Mauves ont su être dangereux à plusieurs reprises. Je félicite Ariel Jacobs de ne pas avoir rajouté un élément défensif comme à Zagreb où Anderlecht l'avait emporté sans gloire. A Bilbao, on a senti que le bloc équipe allait de l'avant, une performance qui s'inscrit dans le prolongement de celle de l'Ajax. Anderlecht possède un véritable collectif, car si des individualités comme l'inévitable Lukaku, Biglia ou Mazuch se sont mis en évidence, c'est l'ensemble qui fait la différence. Des trois clubs, Anderlecht est celui qui a le plus de chances de passer en huitièmes ; c'est du 60-40. Mais il faudra une nouvelle fois être capable d'élever le jeu par rapport à celui proposé en championnat, trop souvent en dents de scie.Bruges a réussi un merveilleux résultat en s'imposant 1-0 face à Valence. Maintenant, la bande à Villa reste favorite, c'est du 60-40 en sa faveur, mais les chances brugeoises ont sensiblement augmenté après l'aller. Ne pas encaisser face à une telle brochette de talents, ce n'est pas donné à tout le monde. Stijn Stijnen y est évidemment pour beaucoup, tandis qu'au niveau offensif, Kouemaha monte semaine après semaine en puissance. Enfin, si Bruges parvenait à inscrire un but, pourquoi ne pas croire en l'exploit ? En tous les cas, on peut être sûr que Koster va mettre tout en £uvre pour que ses joueurs aillent planter ce but si important à l'extérieur. Preuve que les mentalités ont changé...J'ai été déçu par le sommet de dimanche dernier entre Bruges et le Standard. Si les Liégeois peuvent masquer leur défaite par des décisions arbitrales injustes, je préfère pointer leur frilosité. Comment une équipe double championne en titre, qui était venue balayer Bruges l'an dernier, peut-elle être aussi attentiste ? La disposition des Liégeois ne laissait planer aucun doute, l'objectif était de ramener un point. Mais le Standard a trop de qualités pour réfléchir en ces termes. Il devrait aborder toutes les rencontres pour les gagner. On peut aussi s'interroger sur certains choix tactiques. Et pourquoi placer Witsel sur la droite (et Daerden au centre !) alors que son duo dans l'axe avec Defour fonctionnait tellement bien l'an dernier. Même chose pour Jova, coincé sur son flanc et trop éloigné de l'attaque. Car si Mbokani a été brillant face à Bruges, il était l'unique attaquant. Bien trop maigre ! Le Standard pourrait devenir le flop de l'année s'il venait à disputer les playoffs 2. Mais la défense n'a définitivement pas le niveau. Face à Bruges ou face à Salzburg, le quatre arrière a montré des manquements trop importants, individuellement ou collectivement.Après son entrée décisive face au Standard, Wesley Sonck a exprimé son incompréhension par rapport à son statut de réserviste. Mais tout en restant correct vis-à-vis de son coach... Cette relation est toujours restée professionnelle alors que l'on connaît le tempérament bouillant de Wesley. Chapeau ! Je crois que Sonck accepte la philosophie de Koster qui préfère bâtir dans la durée avec des jeunes. L'avenir à Bruges est donc bouché pour notre international mais son transfert peut s'avérer être un coup dans le mille pour de nombreux clubs de notre championnat. Face au Standard, Sonck a une nouvelle fois démontré qu'il avait ce flair de l'avant-centre. Je le vois encore marquer 50 goals d'ici la fin de sa carrière.Standard-Salzburg, c'est du 50-50. Et pourtant jeudi dernier après 45 minutes, on était très loin de pareil équilibre. Les Rouches ont su sortir leurs tripes après une première mi-temps catastrophique sur le plan du jeu et de la concentration. On a vu que les Liégeois n'étaient pas morts. Plusieurs éléments ont montré la voie comme Axel Witsel, qui retrouve son meilleur niveau. Pour demain, j'attends beaucoup de Milan Jovanovic. Le Soulier d'Or doit se réveiller, il ne peut pas quitter la Belgique en laissant comme souvenir ses dernières prestations insipides. Il nous doit une revanche. Et je pense, vu le personnage, qu'il va nous l'offrir. J'attends avec impatience le duel de ce soir entre l'Inter et Chelsea. Cela devrait nous valoir une belle opposition entre deux favoris, comme cela a été le cas mardi dernier entre le Milan et Manchester United. Ces deux formations ont offert un foot sans retenue avec un très haut niveau technique. Reste qu'on doit constater un déclin du foot transalpin. A mon époque, le Calcio était le must absolu, c'était encore le cas il y a dix ans. Mais il ne s'est pas remis en question alors que la Liga et la Premier League ne faisaient que monter en puissance. L'Italie est restée trop ancrée sur ce qui faisait sa force : la tactique et l'exploit individuel. Aujourd'hui, les clubs italiens réagissent aux changements mais ne sont plus les précurseurs. Que José Mourinho ait déclaré qu'il retournera un jour en Angleterre n'est pas anodin. Il sait que c'est là que ça se passe. Son expérience en Italie ne devrait pas s'éterniser... PROPOS RECUEILLIS PAR BRUNO GOVERS