1 Rits illustre encore les limites du Beerschot

Mats Rits a marqué un but pour son tout premier match avec l'Ajax. Quand il avait joué ses premières minutes en D1 avec le Germinal Beerschot, on l'avait pris pour un futur phénomène. Depuis, pas de progression. Est-ce qu'il faut s'en étonner ? Former des bons jeunes et ne pas leur donner une chance en équipe Première, c'est une constante historique là-bas. Jelle Van Damme, Thomas Vermaelen, Toby Alderweireld, Jan Vertonghen, Radja Nainggolan : ça fait beaucoup. Tous ces gars-là sont obligés de quitter le Kiel parce qu'on ne croit pas en eux, puis ils explosent à l'étranger.
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Mats Rits a marqué un but pour son tout premier match avec l'Ajax. Quand il avait joué ses premières minutes en D1 avec le Germinal Beerschot, on l'avait pris pour un futur phénomène. Depuis, pas de progression. Est-ce qu'il faut s'en étonner ? Former des bons jeunes et ne pas leur donner une chance en équipe Première, c'est une constante historique là-bas. Jelle Van Damme, Thomas Vermaelen, Toby Alderweireld, Jan Vertonghen, Radja Nainggolan : ça fait beaucoup. Tous ces gars-là sont obligés de quitter le Kiel parce qu'on ne croit pas en eux, puis ils explosent à l'étranger. C'est fou, ce qui se passe à Anvers. Jos Verhaegen et son beau-fils Gunter Hofmans, des monuments du Germinal Beerschot, vont travailler pour l'Antwerp. Ils se font éjecter du Beerschot, la nouvelle direction les efface du paysage, et hop, ils font quelques kilomètres pour passer chez l'ennemi juré, pour sauver de la faillite l'équipe qu'ils ont toujours vomie. J'ai du mal avec ça. On aurait pu prendre ce qu'il y a de bon dans les deux clubs, collaborer et essayer ainsi de faire sortir le foot anversois du marasme. Mais non, on continue à se chamailler, c'est chacun pour soi. Tiens, ça me fait penser au foot wallon où on tente souvent plus de créer des problèmes que de chercher des solutions. En signant à Chelsea, André Villas Boas continue à jouer son petit José Mourinho. Lui aussi, il quitte le Portugal en héros, et tout jeune en plus. Il n'a que 33 ans et le voilà dans un des plus grands clubs d'Europe. Ce serait bien qu'il ait l'intelligence de ne pas imiter Mourinho jusqu'au bout, de ne pas aller aussi loin dans l'arrogance, les provocations, les déclarations incendiaires, les analyses de matches pleines de mauvaise foi. Il y a chez le maître des trucs que l'élève doit rejeter. Villas Boas va avoir une pression énorme : si Chelsea n'est pas champion, son transfert sera un échec. Et je salive déjà en pensant à un choc Chelsea-Real en Ligue des Champions : ce serait une des grosses affiches de l'année. Anderlecht tient enfin son premier gros poisson : Ronald Vargas. Probablement un bon transfert. Mais est-ce que le club tient le successeur de Mbark Boussoufa ? Non ! Boussoufa était un leader que Vargas ne sera pas. Notamment parce qu'il ne parle que l'espagnol. Son anglais est loin d'être au top, et je ne parle même pas de son néerlandais ou de son français. Pour être le patron d'une équipe, il faut pouvoir s'exprimer. Et indépendamment de la langue, Vargas n'a pas encore prouvé qu'il avait autant de personnalité, de charisme que Boussoufa. Il n'a pas non plus la même régularité. Il vient de passer trois ans au Club Bruges : ses deux premières saisons ont été moyennes, puis il a enfin explosé avant de se blesser. S'il y a un point sur lequel il est aussi bon que Boussoufa, c'est sûrement sa technique. Et pour moi, il doit jouer dans l'axe, il ne faut pas l'essayer sur un flanc. Boussoufa savait expédier plein de bons centres, ce n'est pas le truc de Vargas.Les dominos continuent à tomber au Standard. La chute de Luciano D'Onofrio a provoqué d'autres inculpations en cascade. Il ne fait pas bon avoir été directeur général là-bas. Ce qui frappe le plus, c'est l'inculpation de Pierre François, parce que lui, il est toujours dans le circuit. Il ne risque sans doute pas grand-chose, mais comme publicité pour le club, il y a mieux. On fait encore quelques kilomètres vers l'est et on tombe sur un autre truc marquant : Antonio Imborgia quitte Eupen. Un drame ? Non. Dès qu'il est arrivé, on a senti que ce serait une histoire compliquée. Quand je lis que Blackburn a fait une offre pour Axel Witsel, je me dis : - Pourvu qu'il n'accepte pas un transfert pareil, juste pour avoir le bonheur de jouer en Angleterre. Qu'il vise Tottenham, ok. Surtout que Luka Modric est cité dans plein de clubs. Mais qu'il n'écoute surtout pas les gens d'un club comme Blackburn. Aimé Anthuenis ne veut pas arrêter, il devient conseiller à Wetteren, en D2. Il approche de la septantaine mais le microbe le repique et il s'accroche alors que le foot lui a déjà valu de sérieux problèmes de santé. Il nous joue son petit Michel Verschueren mais c'est sympa. Parce que l'homme est sympathique. Et connaisseur. Dries Mertens quitte Utrecht : on ne doit pas s'en étonner, il a tellement progressé et épaté avec ce club qu'il devait inévitablement se retrouver plus haut et qu'il était devenu inabordable pour une équipe belge. C'est le PSV Eindhoven qui a arraché le morceau. Très bien, Mertens peut sûrement réussir là-bas. Mais il y a un truc qui m'étonne : le PSV aurait déboursé entre 7 et 8 millions alors qu'il a des problèmes financiers énormes et doit se faire aider par la ville d'Eindhoven. Il a longtemps été un exemple de bonne gestion mais les choses ont fort changé depuis quelques années. Surtout à cause de quelques gros transferts qui n'ont pas apporté grand-chose. C'est le Real, c'est Barcelone, c'est maintenant l'Inter et le PSG avec son grand projet qatari : tout le monde veut Eden Hazard. Je ne lui donnerais qu'un conseil : qu'il reste sagement à Lille, qu'il découvre la Ligue des Champions sans trop de pression. Parce qu'il n'est pas encore prêt pour un club du top comme le Real, Barcelone, un Manchester ou Arsenal. Et si c'est pour jouer dans le subtop, qu'il continue à le faire dans un environnement où il se sent bien. Il a intérêt à n'écouter personne, à se couper complètement de toutes les rumeurs sur son compte. PROPOS RECUEILLIS PAR PIERRE DANVOYE