1. La Defour-dépendance a quelque chose de gênant

Steven Defour rejoue et le Standard gagne à nouveau : les deux sont liés, c'est clair. Il commande, il organise, il est le prolongement de l'entraîneur. Dès qu'il est là, tous ses coéquipiers sont un brin meilleurs que sans lui. Cette équipe est remplie de joueurs fort doués mais qui ne savent se préoccuper que de leur propre jeu. Ils n'ont pas assez de personnalité et sont incapables d'organiser l'ensemble.
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Steven Defour rejoue et le Standard gagne à nouveau : les deux sont liés, c'est clair. Il commande, il organise, il est le prolongement de l'entraîneur. Dès qu'il est là, tous ses coéquipiers sont un brin meilleurs que sans lui. Cette équipe est remplie de joueurs fort doués mais qui ne savent se préoccuper que de leur propre jeu. Ils n'ont pas assez de personnalité et sont incapables d'organiser l'ensemble. Je peux citer plein d'exemples. Mémé Tchité sait faire la différence seul mais il ne rayonne pas. Franck Berrier a une excellente technique mais ce n'est pas non plus un leader. Même Jelle Van Damme a un problème à partir du moment où il faut prendre les choses en mains pour améliorer le collectif. Donc, c'est une bénédiction que Defour soit revenu. Mais quand on regarde son parcours depuis trois ans, on ne peut être sûr de rien. Il est allé de blessure en blessure, nécessité a plus d'une fois fait loi au Standard et il a dû reprendre trop vite. On verra cette fois si son corps tient le coup. Dimanche, il aura son premier gros test, contre le Club Bruges. Bruges continue à se restructurer et la désignation de Raymond Mommens comme responsable du scouting est un bon investissement. Il n'a pas eu une vraie chance à Anderlecht mais on sait qu'il a du nez. Et je m'attends à ce que ça bouge encore dans l'organisation et le staff d'ici la saison prochaine. La direction a dit à Adrie Koster qu'il resterait s'il qualifiait le Club pour l'Europe : je suppose qu'on n'oserait pas lui faire le coup de le mettre dehors s'il atteignait l'objectif. Mais je ne suis pas sûr que ses adjoints pourront rester. Imagine : tu es restaurateur, tu prépares une cuisine qui ne ressemble à rien et tes vins sont imbuvables. Tu ne vas pas vendre grand-chose. C'est l'impression que me laisse la future formule du championnat. Personne n'aime les play-offs, c'est déjà compliqué et on y ajoute maintenant un calcul incompréhensible pour désigner le descendant. Qu'une équipe termine deux fois de suite dernière mais reste en D1 sous prétexte qu'elle a fini dans le top 5 deux ans plus tôt... j'ai du mal. Qu'on donne une grosse enveloppe pour " récompenser " le descendant, ça me pose aussi un problème. Dans n'importe quel pays où on organise un championnat sérieux, on ne peut que rigoler de notre formule. Et les gens qui l'ont pondue avouent eux-mêmes que c'est un " mauvais compromis " : c'est bien parti ! On a fait un mauvais deal en essayant de faire plaisir à un maximum de personnes. C'est un truc chipoté par des gens qui ne pensent qu'à eux, pour qui la progression du foot belge n'est pas une priorité. Je suis curieux de voir la réaction des chaînes de télé. Est-ce qu'elles vont encore proposer un pactole pour ce championnat incompréhensible ? Je n'en suis pas sûr. Si la Ligue pro reçoit moins d'argent dans les années à venir, ce sera une sanction logique. Et les clubs auront alors tout perdu. Anderlecht aura eu dix jours pour récupérer de ses claques contre l'Ajax. On verra vendredi contre Genk si c'était assez. Les dégâts sont là, la confiance est atteinte. Quand une équipe pareille encaisse beaucoup et n'est plus capable de marquer, ça fait mal dans les têtes. Ce match va opposer une équipe rongée par le doute à un club qui n'a rien à perdre. Si Genk est battu, ce sera normal. Tout autre résultat sera du bonus et un coup de pouce au moral pour la suite. Il n'y a pas de pression là-bas, les joueurs sont libérés et ça se voit. On craignait des départs en janvier et une deuxième partie de saison avec un noyau déforcé mais c'est l'inverse qui s'est produit : le groupe est plus solide qu'avant, Frankie Vercauteren a encore plus de possibilités. Pour les barrages, on pourrait y voir plus clair après dimanche. Il y aura deux matches très chauds entre des clubs concernés : Saint-Trond-Germinal Beerschot et Lierse-Eupen. Le Beerschot a parfois montré de bonnes choses ces dernières semaines. Le Lierse a manifesté des signes encourageants. Eupen a alterné le chaud et le froid. Charleroi s'est complètement repris. Il y a une exception : Saint-Trond, qui n'en touche plus une. Cette équipe vient de perdre deux fois à domicile, elle est en plein doute. Si elle perd samedi et si d'autres résultats lui sont défavorables, elle sera à fond concernée par la lutte pour la 14e place. Dortmund est allé punir le Bayern dans son stade et file vers le titre, avec 12 points d'avance sur Leverkusen. C'est exceptionnel que dans une aussi grande compétition, le champion soit connu aussi tôt. Ce qui m'interpelle, c'est la résurrection de Dortmund après des problèmes financiers énormes. Alors que d'autres clubs ont continué à dépenser sans compter, le Borussia a été obligé de faire attention à tout, d'économiser sur tous les postes. Mais la patience et l'intelligence le ramènent au sommet. La défense du Bayern n'est pas meilleure depuis que Big Dan est sur le banc. Je ne serais pas étonné qu'on le remette vite dans l'équipe. Et ce serait bien pour les prochains matches des Diables parce que nos arrières centraux potentiels ont pas mal de soucis : Nicolas Lombaerts a été opéré au genou, Thomas Vermaelen n'a toujours pas repris, Vincent Kompany s'est aussi fait mal. Arsenal qui perd la finale de la Coupe de la Ligue contre Birmingham, c'est surprenant. Mais que ce club passe juste à côté d'un trophée, c'est une habitude. Il manque souvent un petit quelque chose. C'est malheureux car dans n'importe quelle compétition, cette équipe conserve toujours son côté esthétique. PIERRE DANVOYE; PIERRE DANVOYE; PIERRE DANVOYE; PIERRE DANVOYE; PIERRE DANVOYE