63x Diable Rouge (23 buts), a joué en attaque pour Bruges, Anderlecht, Sheffield Wed., PSV, Gand et G. Beerschot. 5x champion de Belgique, 1x des Pays-Bas, 4x Footballeur Pro, Soulier d'Or 91.

1 Witsel devrait partir

Ce que j'avais affirmé il y a près d'un an et demi, après l'accident de MarcinWasilewski, se confirme : AxelWitsel serait sans doute bien inspiré en poursuivant sa carrière à l'étranger. En Belgique, le passé le rattrapera toujours. Son carton rouge de dimanche en témoigne : l'arbitre pouvait le lui donner, mais des interventions tout aussi musclées d' EliaquimMangala et BerntEvens n'ont pas été sanctionnées de la même manière. Axel avait probablement l'intention de jouer le ballon, mais a eu la malchance d'arriver trop tard. Et là, les images du passé ont ressurgi. Dans l'esprit de l'arbitre comme dans celui des supporters adverses. En l'absence de StevenDefour, Witsel veut prendre à son compte le rôle de leader et montrer l'exemple, mais il n'a pas encore assez de planches pour savoir jusqu'où il peut aller.

àvoiraussiIl y a plus à tirer de ce Standard-là

Les problèmes que l'on constate au Standard depuis trop longtemps ne trouvent pas de solutions, et sont encore accentués par l'absence de leaders charismatiques comme MéméTchité, StevenDefour et même SinanBolat. Mais Dominique D'Onofrio ne doit pas fuir ses responsabilités non plus. Il peut, certes, invoquer des faits de match et des absences pour expliquer la défaite au Cercle, mais il y a plus à tirer de ce Standard-là. Anderlecht a aussi dû se priver de plusieurs pions majeurs et n'en a pas souffert outre mesure. Actuellement, chaque déplacement ou presque des Rouches se solde par une défaite.

2 Gand pas encore prêt pour le top

Du côté de Gand, les mêmes lacunes persistent : à l'exception du déplacement à Genk, les Buffalos ont perdu tous leurs matches au sommet. Ce n'est plus un hasard et cela démontre que Gand n'est pas encore prêt à lutter pour le titre. Défensivement, les deux buts de Bruges résultent d'erreurs de KennyThompson et MarkoSuler. Et offensivement, j'ai l'impression que les attaquants se disent : " On a loupé une occasion, ce n'est pas grave, d'autres se présenteront à nous. " FranckyDury a du travail sur le plan de la mentalité.

3 Bruges, la victoire de la mentalité

AdrieKoster a-t-il sauvé sa peau ? En tout cas, il a pris les bonnes décisions et a tactiquement bien organisé son équipe. Le repositionnement défensif a porté ses fruits : CarlHoefkens a livré une excellente prestation à droite, en s'acquittant de sa tâche défensive tout en donnant de bonnes impulsions offensives, et RyanDonk a parfaitement muselé le solide ElimaneCoulibaly. Dans l'entrejeu, JeroenSimaeys et JonathanBlondel ont fait du bon boulot. Et le fait de confier un rôle moins offensif à NabilDirar et IvanPerisic a permis de meubler le milieu de terrain. L'option jeunesse s'est aussi révélée payante. Le gardien ColinCoosemans a signé de belles interventions, et dans le jeu, ThibautVanAcker s'est montré sobre et efficace : il n'a pas commis de grosse erreur et s'est surtout mis au service de l'équipe. Ce fut clairement la victoire de l'organisation et de la mentalité. L'option de protéger le résultat en deuxième mi-temps ne correspond pas nécessairement à la philosophie de Koster, mais à l'heure actuelle, les supporters ne demandent pas du football champagne. Ils veulent d'abord des résultats avec, s'il le faut, de la sueur, du sang et des larmes.

à voir aussi Odjidja était écartable !

L'option d'écarter VadisOdjidja de la sélection entre aussi dans cette philosophie : Koster a privilégié l'intérêt de l'équipe au détriment des egos. Vadis est précisément l'un de ces joueurs bourrés de talent dont l'ego a parfois tendance à prendre le dessus.

4 On ne rattrapera plus Anderlecht

Anderlecht me fait un peu penser à FabianCancellara : lorsqu'il s'échappe du peloton, généralement, on ne le rattrape plus. Je crois que ce sera aussi le cas du Sporting : il est lancé, caracole en tête, dégage une confiance qu'il a peut-être puisée en partie dans sa qualification européenne alors qu'il n'était plus maître de son destin. Le scénario actuel ressemble comme deux gouttes d'eau à celui de la saison dernière. Après la désillusion du Partizan, Anderlecht s'est découvert un autre objectif que le championnat de Belgique. Et y puise de la motivation en sachant, en outre, que contre l'Ajax le coup est jouable.

àvoiraussil'intêrêt d'une stabilité mauve

Lorsqu'approche le mois de janvier, on parle toujours beaucoup de transferts. Mais, lorsqu'une équipe tourne comme c'est le cas d'Anderlecht, on n'a besoin ni de transfert entrant, ni de transfert sortant. RomeluLukaku, MbarkBoussoufa ou LucasBiglia ne doivent pas trop se tracasser : s'il y a de l'intérêt pour eux aujourd'hui, il existera toujours en juin. Et dans l'autre sens, pourquoi le Sporting devrait-il tenter une greffe sur un corps en parfaite santé ?

5 Arrivederci, Benitez

A l'approche de Noël, RafaelBenitez a donc été sacrifié sur l'autel des résultats. Mais, lorsqu'on succède à JoséMourinho qui a tout gagné, c'était forcément difficile de faire mieux ou même aussi bien. Benitez a gagné la Supercoupe et le Mondial des Clubs, mais cela ne suffisait pas à l'appétit des supporters et des dirigeants. Lorsqu'en plus on va au clash avec le président Moratti, il faut s'attendre à ce que le couperet tombe. L'Inter aurait peut-être dû permettre au coach espagnol de reconstruire l'équipe à sa guise, en engageant dès le mois de juillet des joueurs qui partagent sa philosophie et qui sont prêts à aller au feu pour lui, quitte à vendre au prix fort des éléments comme WesleySneijder et DiegoMilito. Benitez aime changer son équipe. Or, il a dû composer avec la base mise en place par son prédécesseur.

à voir aussi pourquoi Leonardo ?

Leonardo est le successeur de Benitez. Je suis sceptique : avec son passé de joueur et d'entraîneur de l'AC Milan, le grand rival, comment sera-t-il accueilli ? Je prévois une saison difficile pour l'Inter.

PROPOS RECUEILLIS PAR DANIEL DEVOS - PHOTOS BELGA

63x Diable Rouge (23 buts), a joué en attaque pour Bruges, Anderlecht, Sheffield Wed., PSV, Gand et G. Beerschot. 5x champion de Belgique, 1x des Pays-Bas, 4x Footballeur Pro, Soulier d'Or 91. Ce que j'avais affirmé il y a près d'un an et demi, après l'accident de MarcinWasilewski, se confirme : AxelWitsel serait sans doute bien inspiré en poursuivant sa carrière à l'étranger. En Belgique, le passé le rattrapera toujours. Son carton rouge de dimanche en témoigne : l'arbitre pouvait le lui donner, mais des interventions tout aussi musclées d' EliaquimMangala et BerntEvens n'ont pas été sanctionnées de la même manière. Axel avait probablement l'intention de jouer le ballon, mais a eu la malchance d'arriver trop tard. Et là, les images du passé ont ressurgi. Dans l'esprit de l'arbitre comme dans celui des supporters adverses. En l'absence de StevenDefour, Witsel veut prendre à son compte le rôle de leader et montrer l'exemple, mais il n'a pas encore assez de planches pour savoir jusqu'où il peut aller. Les problèmes que l'on constate au Standard depuis trop longtemps ne trouvent pas de solutions, et sont encore accentués par l'absence de leaders charismatiques comme MéméTchité, StevenDefour et même SinanBolat. Mais Dominique D'Onofrio ne doit pas fuir ses responsabilités non plus. Il peut, certes, invoquer des faits de match et des absences pour expliquer la défaite au Cercle, mais il y a plus à tirer de ce Standard-là. Anderlecht a aussi dû se priver de plusieurs pions majeurs et n'en a pas souffert outre mesure. Actuellement, chaque déplacement ou presque des Rouches se solde par une défaite. Du côté de Gand, les mêmes lacunes persistent : à l'exception du déplacement à Genk, les Buffalos ont perdu tous leurs matches au sommet. Ce n'est plus un hasard et cela démontre que Gand n'est pas encore prêt à lutter pour le titre. Défensivement, les deux buts de Bruges résultent d'erreurs de KennyThompson et MarkoSuler. Et offensivement, j'ai l'impression que les attaquants se disent : " On a loupé une occasion, ce n'est pas grave, d'autres se présenteront à nous. " FranckyDury a du travail sur le plan de la mentalité. AdrieKoster a-t-il sauvé sa peau ? En tout cas, il a pris les bonnes décisions et a tactiquement bien organisé son équipe. Le repositionnement défensif a porté ses fruits : CarlHoefkens a livré une excellente prestation à droite, en s'acquittant de sa tâche défensive tout en donnant de bonnes impulsions offensives, et RyanDonk a parfaitement muselé le solide ElimaneCoulibaly. Dans l'entrejeu, JeroenSimaeys et JonathanBlondel ont fait du bon boulot. Et le fait de confier un rôle moins offensif à NabilDirar et IvanPerisic a permis de meubler le milieu de terrain. L'option jeunesse s'est aussi révélée payante. Le gardien ColinCoosemans a signé de belles interventions, et dans le jeu, ThibautVanAcker s'est montré sobre et efficace : il n'a pas commis de grosse erreur et s'est surtout mis au service de l'équipe. Ce fut clairement la victoire de l'organisation et de la mentalité. L'option de protéger le résultat en deuxième mi-temps ne correspond pas nécessairement à la philosophie de Koster, mais à l'heure actuelle, les supporters ne demandent pas du football champagne. Ils veulent d'abord des résultats avec, s'il le faut, de la sueur, du sang et des larmes. L'option d'écarter VadisOdjidja de la sélection entre aussi dans cette philosophie : Koster a privilégié l'intérêt de l'équipe au détriment des egos. Vadis est précisément l'un de ces joueurs bourrés de talent dont l'ego a parfois tendance à prendre le dessus. Anderlecht me fait un peu penser à FabianCancellara : lorsqu'il s'échappe du peloton, généralement, on ne le rattrape plus. Je crois que ce sera aussi le cas du Sporting : il est lancé, caracole en tête, dégage une confiance qu'il a peut-être puisée en partie dans sa qualification européenne alors qu'il n'était plus maître de son destin. Le scénario actuel ressemble comme deux gouttes d'eau à celui de la saison dernière. Après la désillusion du Partizan, Anderlecht s'est découvert un autre objectif que le championnat de Belgique. Et y puise de la motivation en sachant, en outre, que contre l'Ajax le coup est jouable. Lorsqu'approche le mois de janvier, on parle toujours beaucoup de transferts. Mais, lorsqu'une équipe tourne comme c'est le cas d'Anderlecht, on n'a besoin ni de transfert entrant, ni de transfert sortant. RomeluLukaku, MbarkBoussoufa ou LucasBiglia ne doivent pas trop se tracasser : s'il y a de l'intérêt pour eux aujourd'hui, il existera toujours en juin. Et dans l'autre sens, pourquoi le Sporting devrait-il tenter une greffe sur un corps en parfaite santé ? A l'approche de Noël, RafaelBenitez a donc été sacrifié sur l'autel des résultats. Mais, lorsqu'on succède à JoséMourinho qui a tout gagné, c'était forcément difficile de faire mieux ou même aussi bien. Benitez a gagné la Supercoupe et le Mondial des Clubs, mais cela ne suffisait pas à l'appétit des supporters et des dirigeants. Lorsqu'en plus on va au clash avec le président Moratti, il faut s'attendre à ce que le couperet tombe. L'Inter aurait peut-être dû permettre au coach espagnol de reconstruire l'équipe à sa guise, en engageant dès le mois de juillet des joueurs qui partagent sa philosophie et qui sont prêts à aller au feu pour lui, quitte à vendre au prix fort des éléments comme WesleySneijder et DiegoMilito. Benitez aime changer son équipe. Or, il a dû composer avec la base mise en place par son prédécesseur. Leonardo est le successeur de Benitez. Je suis sceptique : avec son passé de joueur et d'entraîneur de l'AC Milan, le grand rival, comment sera-t-il accueilli ? Je prévois une saison difficile pour l'Inter. PROPOS RECUEILLIS PAR DANIEL DEVOS - PHOTOS BELGA