1 Les deuxièmes couteaux d'Anderlecht en démonstration

Ce sont surtout les hommes de l'ombre qui m'ont impressionné dans l'équipe d'Anderlecht qui s'est baladée à Bruges. Sacha Kljestan et Lukas Marecek ont fait un boulot de fous dans l'entrejeu, ils ont notamment sorti Ronald Vargas du match. Et Jan Lecjaks n'a pas permis à Nabil Dirar de faire quoi que soit d'intéressant. Marcin Wasilewski m'a aussi bluffé dans l'axe de la défense. Un vrai bloc de granit, il a été fantastique. En plus, il ne commet plus d'agressions comme il le faisait avant sa blessure. Mais l'homme du jour, c'était Kanu. Il n'a fait que des bons choix, a grandi dans le match et a totalement éclipsé Vadis Odjidja. On a eu des doutes en été, en voyant le marché d'Anderlecht. C'étaient surtout des joueurs qui arrivaient pour compléter le noyau. Mais on voit maintenant qu'ils ont le niveau pour un match au sommet. Après avoir vu ça, je me dis que le club a réussi son ...

Ce sont surtout les hommes de l'ombre qui m'ont impressionné dans l'équipe d'Anderlecht qui s'est baladée à Bruges. Sacha Kljestan et Lukas Marecek ont fait un boulot de fous dans l'entrejeu, ils ont notamment sorti Ronald Vargas du match. Et Jan Lecjaks n'a pas permis à Nabil Dirar de faire quoi que soit d'intéressant. Marcin Wasilewski m'a aussi bluffé dans l'axe de la défense. Un vrai bloc de granit, il a été fantastique. En plus, il ne commet plus d'agressions comme il le faisait avant sa blessure. Mais l'homme du jour, c'était Kanu. Il n'a fait que des bons choix, a grandi dans le match et a totalement éclipsé Vadis Odjidja. On a eu des doutes en été, en voyant le marché d'Anderlecht. C'étaient surtout des joueurs qui arrivaient pour compléter le noyau. Mais on voit maintenant qu'ils ont le niveau pour un match au sommet. Après avoir vu ça, je me dis que le club a réussi son mercato. Bruges n'a plus le niveau depuis janvier et ça ne pouvait pas changer du jour au lendemain. L'équipe baisse les bras au premier contretemps. Il y a des joueurs en méforme, mais surtout pas mal de gars trop courts pour le top. On a eu beaucoup de patience avec Dirar mais je me demande vraiment s'il peut arriver haut. Il ralentit le jeu au lieu de l'accélérer. Joseph Akpala (même s'il a sa blessure comme circonstance atténuante) et Dorge Kouemaha, c'est combien de buts à eux deux ? Derrière, ça manque terriblement de vitesse. Je ne vois pas d'équilibre, pas de complémentarité dans cette équipe. Et rarement la volonté de tout donner. Adrie Koster n'arrive pas à faire monter la sauce, Bruges devra batailler pour jouer les play-offs 1. Et ce week-end, l'équipe va à Gand... Que Barcelone est impressionnant ! Cette équipe écrase tout le monde, elle vient de balayer l'Espanyol après avoir humilié le Real Madrid. Le tarif, c'est trois, quatre ou cinq buts. C'est spectaculaire, ça part dans tous les sens. Ces joueurs-là ont réponse à tout, ils neutralisent tous les systèmes. L'Espanyol a fait le pari de presser haut et ça s'est retourné contre eux. C'est le plus beau football de l'histoire du Barça et peut-être carrément le plus beau jeu de l'histoire tout court. Je ne me souviens pas d'avoir vu une équipe qui jouait aussi vite et avec un tel talent technique. Arsenal essaye d'imiter Barcelone mais est loin d'avoir les mêmes qualités. Les Anglais n'inquiéteront pas les Espagnols en huitièmes. L'autre match qui me branche, c'est Inter-Bayern avec les envies de revanche de Louis van Gaal après la finale perdue en mai. Le titre de champion du monde des clubs pour l'Inter, ce n'est pas étonnant. La grosse surprise du tournoi, c'est l'arrivée en finale du Tout-Puissant Mazembe. Un club congolais, oui... A La Gantoise, on ne doit même pas avoir de regrets après l'élimination en Europa League. Lille est sur une autre planète et aurait pu marquer huit ou neuf buts. La victoire d'Anderlecht contre Split ne me surprend pas. Par contre, le succès du Zenit à Athènes m'étonne car je ne pensais pas que les Russes joueraient le jeu jusqu'au bout. L'Ajax, c'est un bon tirage pour les Mauves. Ils vont affronter une équipe qui n'a toujours pas digéré de ne pas avoir su être championne la saison passée.Les petits clubs réfléchissent aux conséquences de leur vote pour un retour à 18. C'est un signe d'intelligence. Il est question d'un nouveau scrutin et on pourrait finalement garder une D1 à 16 équipes avec des play-offs à quatre ou à six. Les play-offs 2 pourraient carrément disparaître du programme, des clubs finiraient ainsi leur saison très tôt mais il y aurait des compensations financières. Et toujours une belle carotte : tout le monde a vu que les play-offs 1 n'étaient pas utopiques pour des équipes comme Zulte Waregem, Saint-Trond, Courtrai, Malines ou Lokeren. Si tu y participes ne fût-ce qu'une fois, tu touches beaucoup de cash et ça te fait progresser. De toute façon, à quoi servent les play-offs 2, à part à faire perdre de l'argent ? Genk y a fait une bonne affaire la saison dernière mais c'était la seule exception. Il y a trois ans, j'avais proposé qu'on arrête d'essayer de jouer en décembre et janvier. Mais on trouve toujours une bonne excuse pour maintenir des matches pendant cette période. Et c'est le chaos. C'est la Belgique : on fait des compromis parce qu'on n'a pas assez de cran pour prendre des mesures radicales. On a des moyens techniques exceptionnels qui permettent de prévoir la météo plusieurs jours à l'avance. Mais on n'en tient pas compte et on attend le dernier moment pour décider si on va jouer ou pas. Au Beerschot, on arrête le match après neuf minutes ! Réveillez-vous : on est en 2010, plus en 1970. Je n'arrive pas à comprendre le manque de régularité des Liégeois. Dès qu'elle joue dans un autre stade que le sien, cette équipe n'est nulle part. Même si elle a des blessés, elle n'a pas le droit d'être aussi insipide à partir du moment où elle ne peut pas invoquer des fatigues européennes. Je vois le Standard dans les play-offs quand même, et s'il veut toujours viser le doublé annoncé par Axel Witsel, il y a une nécessité : frapper au mercato de janvier en renforçant encore sa défense... PROPOS RECUEILLIS PAR PIERRE DANVOYE