1 L'Allemagne va réduire l'écart avec la Roja

Notre entrée en matière lors des éliminatoires pour l'EURO 2012 face à l'Allemagne, le 3 septembre prochain, au Heysel, ne s'assimilera pas à une partie de plaisir. Car la Mannschaft, qui a obtenu une troisième place des plus méritées en Afrique du Sud, est une machine colossale. La meilleure équipe depuis 1990, année où elle s'était imposée à l'occasion de la phase finale en Italie. A cette nuance près que si cette formation-là, composée de joueurs comme Rudi Völler, Jürgen Klinsmann et Lothar Matthäus était à son apogée, la génération actuelle est toujours en pleine croissance. Quelques garçons, tels Mesut Özil ou encore Thomas Müller, comptent à peine une petite vingtaine d'années. Après s'être inclinée par deux fois face à l'Espagne, je suis curieux de voir quel sera le résultat d'une éventuelle confrontation entre ces deux pays lors ...

Notre entrée en matière lors des éliminatoires pour l'EURO 2012 face à l'Allemagne, le 3 septembre prochain, au Heysel, ne s'assimilera pas à une partie de plaisir. Car la Mannschaft, qui a obtenu une troisième place des plus méritées en Afrique du Sud, est une machine colossale. La meilleure équipe depuis 1990, année où elle s'était imposée à l'occasion de la phase finale en Italie. A cette nuance près que si cette formation-là, composée de joueurs comme Rudi Völler, Jürgen Klinsmann et Lothar Matthäus était à son apogée, la génération actuelle est toujours en pleine croissance. Quelques garçons, tels Mesut Özil ou encore Thomas Müller, comptent à peine une petite vingtaine d'années. Après s'être inclinée par deux fois face à l'Espagne, je suis curieux de voir quel sera le résultat d'une éventuelle confrontation entre ces deux pays lors de l'EURO 2012. A ce moment-là, l'écart entre la Roja, meilleure équipe nationale de ces dernières années, et la Mannschaft sera devenu très minime. Si les Özil, Müller et Sami Khedira sont déjà capables de se distinguer à un très haut niveau malgré leur jeune âge, ne pourrait-on pas, tout doucement, être exigeant aussi avec certains de nos internationaux qui n'ont toujours pas reproduit en sélection ce qu'ils ont l'habitude de montrer en Premier League, ou dans d'autres championnats très relevés par exemple ? Romelu Lukaku ou Eden Hazard sont toujours des teenagers. Mais Vincent Kompany a 24 ans et Thomas Vermaelen 25 ! L'Espagne sur le toit du monde, c'est amplement mérité. Car aucune autre équipe, à l'exception de l'Allemagne peut-être, n'a affiché une plus grande homogénéité dans cette épreuve et proposé le plus beau jeu. Seul bémol : la Roja ne parvient guère à traduire au marquoir sa supériorité. Un score de 1-0 lors des quatre derniers matches, c'est trop peu pour une sélection d'une telle classe. Difficile d'y tirer un joueur du lot car des garçons comme Andres Iniesta, Xavi, David Villa et Iker Casillas ont tout simplement été grandioses tout au long de la compétition. Sans oublier Sergio Ramos, phénoménal lui aussi. Les Pays-Bas, de leur côté, ne pouvaient revendiquer davantage qu'une place en finale, même si Arjen Robben a eu la plus belle opportunité du match au bout des pieds. Je pense que Bert van Marwijk a tiré la quintessence d'une formation qui, hormis la star du Bayern, ne possède qu'un seul autre footballeur de dimension réellement mondiale, Wesney Sneijder. C'est trop peu pour rivaliser avec une équipe espagnole articulée autour d'une pléiade de vedettes. Diego Forlán meilleur joueur du tournoi, c'est un choix que je cautionne pleinement. Parmi les joueurs capables de transcender une équipe, on attendait plutôt des individualités comme Cristiano Ronaldo, Wayne Rooney, Lionel Messi ou Kaká. Toutes se sont royalement plantées, contrairement à l'Uruguayen qui a emmené quasi seul la Céleste en demi-finale. C'est déjà l'entrée en matière du Cercle Bruges, en Europa League, face aux Finlandais de Turku. Deux mois après leur finale de Coupe de Belgique, les Vert et Noir sont-ils déjà rodés ? Ils sont pour ainsi dire repartis de zéro, sous la férule d'un nouveau coach, Bob Peeters. D'autre part, ils ont la malchance aussi de devoir se frotter à un adversaire en pleine compétition. Et les Finlandais ne font pas dans la dentelle : ils ont empilé 7 buts au total face à leur premier adversaire gallois, Port Talbot. Cette qualification européenne, tant souhaitée par le Cercle, ne sera-t-elle pas un cadeau empoisonné ? J'espère que le 2 décembre prochain, à l'heure de désigner le pays qui organisera la Coupe du Monde 2018, les membres du comité exécutif de la FIFA auront une pensée toute particulière pour la candidature Pays-Bas/Belgique. Pour avoir accédé à trois reprises à la finale (1974, 1978 et 2010), nos voisins, qui n'ont jamais abrité de phase finale jusqu'ici, mériteraient plus que tout autre de l'organiser. Ce serait tout profit pour nous aussi même si nos Diables Rouges n'ont pas la même aura que les footballeurs oranges. Mais pareil événement boosterait notre foot. J'ai été sidéré, en Afrique du Sud, par les stades ; des outils de travail sensationnels. Les joueurs de ce pays (équipe nationale et grands clubs comme les Orlando Pirates ou le Jomo Cosmos) vont sûrement progresser dans les années à venir. Comme les Américains -organisateurs de la World Cup 1994- qui ont effectué un énorme pas en avant et sont devenus des incontournables de la Coupe du Monde. Un événement de cette ampleur serait l'occasion de nous doter de nouveaux stades. Un must car nous sommes actuellement dépassés. Si la Suisse, l'Autriche, la Pologne et l'Ukraine ont su, ou sont en train de construire des enceintes à la page, il est grand temps de se bouger en Belgique. PROPOS RECUEILLIS PAR BRUNO GOVERS