1 Mes trois déceptions : Italie-France-Angleterre

Perdre l'Italie et la France en poules constitue une grosse déception car il s'agit du finaliste et du vainqueur de la dernière édition. Si Marcelo Lippi et RaymondDomenech doivent prendre leurs responsabilités, les joueurs doivent se sentir gênés. Pas seulement si on regarde le nombre de points pris (un pour la France et deux pour l'Italie) mais bien si on tient compte de la manière de jouer qui ne reflète nullement la valeur intrinsèque des joueurs. Les Français se sont montrés trop arrogants vis-à-vis des supporters, de l'entraîneur et même du tournoi. Ils ont eu une mentalité inacceptable. La France aurait dû modifier quelque chose après l'Euro 2008. Domenech n'avait pas ce leadership pour tenir un groupe ensemble et son arrogance a déteint sur le groupe.
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Perdre l'Italie et la France en poules constitue une grosse déception car il s'agit du finaliste et du vainqueur de la dernière édition. Si Marcelo Lippi et RaymondDomenech doivent prendre leurs responsabilités, les joueurs doivent se sentir gênés. Pas seulement si on regarde le nombre de points pris (un pour la France et deux pour l'Italie) mais bien si on tient compte de la manière de jouer qui ne reflète nullement la valeur intrinsèque des joueurs. Les Français se sont montrés trop arrogants vis-à-vis des supporters, de l'entraîneur et même du tournoi. Ils ont eu une mentalité inacceptable. La France aurait dû modifier quelque chose après l'Euro 2008. Domenech n'avait pas ce leadership pour tenir un groupe ensemble et son arrogance a déteint sur le groupe. L'Italie, elle, a au moins eu le mérite d'essayer mais Lippi n'avait pas effectué la meilleure sélection possible. Il n'y avait aucun joueur de l'Inter et un seul de Rome, pourtant 1er et 2e du dernier championnat italien. Cela signifie que Lippi a retenu des joueurs moyens et laissé les vedettes comme Francesco Totti ou Antonio Cassano à la maison. Certes, il voulait éviter une lutte d'égos mais ce groupe a manqué de personnalité et les anciens comme Fabio Cannavaro ou Gianluca Zambrotta n'avaient plus assez de jus. Seul Andrea Pirlo aurait pu apporter quelque chose mais il était blessé. Ce que l'Angleterre a montré était très pauvre. Fabio Capello n'a pas trouvé son équipe. Il a fait jouer des joueurs qui n'avaient pas le niveau d'une Coupe du Monde comme James Milner, Gareth Barry ou Matthew Upson. Et il a placé des leaders à des places inhabituelles : on a vu Steven Gerrard à gauche, Frank Lampard quasiment médian défensif et Wayne Rooney dans un système de deux attaquants alors qu'il a l'habitude de jouer seul en pointe, soutenu par deux ailiers. Ces trois joueurs m'ont véritablement plu et sont, en dehors des stars habituelles, les trois individualités les plus marquantes. Il s'agit de trois sportifs encore relativement jeunes : Keisuke Honda a 24 ans, Alexis Sanchez 22 ans et Asamoah Gyan 25 ans. Cela signifie qu'ils ont déjà un bon niveau mais qu'ils peuvent aller plus haut encore. Honda a quitté le MVV il y a six mois pour le CSKA Moscou et je ne comprends pas pourquoi un des grands clubs du championnat néerlandais n'est pas allé le chercher il y a un an, lorsqu'il était abordable. Il peut évoluer à différentes positions et est un joueur complet. Il a une bonne vista, est physiquement fort et techniquement habile. Sanchez est un joueur très rapide et technique mais il a également encore beaucoup à apprendre. Notamment à contrôler un peu plus le jeu. Il doit choisir les bons moments pour accélérer et de ne pas mener un tempo élevé constamment. Il est très offensif à l'image du Chili. Et à chaque fois qu'il a le ballon, il est dangereux. Quant à Gyan, il est tout seul en attaque et abat un boulot considérable. Il fait mal et il impressionne les émissaires des grands clubs. Sa moyenne de buts (un tous les deux matches) démontre qu'il peut s'avérer précieux. Je doute qu'il reste longtemps à Rennes. On pourrait aussi ajouter le Japon et le Ghana. Ces équipes ont développé une équipe avec une idée directrice derrière. On reconnaît tout de suite leur manière de jouer. A cela s'ajoutent quelques individualités bien marquées. Et en jouant un football positif. Il y avait une vraie identité et cela me plaît. J'aurais pu y ajouter la Slovaquie mais j'ai moins été impressionné par cette formation. Ces trois sélections ont évolué différemment mais elles disposent de noyaux équilibrés. Le Brésil n'est pas spectaculaire mais bien organisé, formant un bloc et essayant de contrôler le jeu tout en le dominant. Le tempo n'est jamais trop élevé mais les Brésiliens savent accélérer. Ils essaient de laisser rentrer l'adversaire avant de les déborder d'un coup. L'Espagne est plus dominante dans le jeu, avec une circulation de balle plus haute, plus longue et plus rapide que les Brésiliens. Enfin, l'Argentine est davantage un mélange des deux autres sélections. Les Argentins laissent aller le ballon très vite, pas tout le temps comme l'Espagne mais davantage que le Brésil. De plus, ils disposent en Lionel Messi du joueur le plus décisif de cette Coupe du Monde. Depuis le début du tournoi, je dis que la cohabitation Diego Maradona- Lionel Messi peut être difficile. Je reste curieux de suivre cela même si cela se passe relativement sereinement depuis l'entame de la compétition. Il a déjà beaucoup travaillé avec les jeunes et il a fait de bons résultats. Je pense que cette fonction lui va mieux que diriger une équipe première. Avait-il une présence assez forte pour une équipe comme le Standard où la pression est très grande ? Il n'est pas trop dur et je pense qu'il s'agit de la personne idéale pour travailler avec les jeunes. Il les comprend et ce boulot correspond à sa personnalité. Par contre, je ne comprends pas la politique du Standard de n'offrir que des contrats d'un an. Pour les jeunes, il faut de la stabilité. Il faut donc donner des certitudes à celui qui s'en occupe. Or, un contrat d'un an n'en constitue pas vraiment une. PROPOS RECUEILLIS PAR BRUNO GOVERS - PHOTOS: REPORTERS