1. Genk battu, c'est mauvais pour Anderlecht

La défaite de Genk à Courtrai va probablement permettre à tous les joueurs du Racing de revenir sur terre. Leur avance au classement n'était pas révélatrice de leur supériorité : ils profitaient surtout de la faiblesse des autres grandes équipes. C'était une erreur de croire après une dizaine de matches que Genk était le grand favori pour le titre. Les hommes de Frankie Vercauteren seront meilleurs dimanche contre Anderlecht que le week-end passé à Courtrai !
...

La défaite de Genk à Courtrai va probablement permettre à tous les joueurs du Racing de revenir sur terre. Leur avance au classement n'était pas révélatrice de leur supériorité : ils profitaient surtout de la faiblesse des autres grandes équipes. C'était une erreur de croire après une dizaine de matches que Genk était le grand favori pour le titre. Les hommes de Frankie Vercauteren seront meilleurs dimanche contre Anderlecht que le week-end passé à Courtrai ! La guerre des mots continue entre Vercauteren et Ariel Jacobs. On peut s'étonner que deux hommes aussi intelligents ne parviennent pas à se réconcilier, mais je ne suis pas surpris. Aussi longtemps qu'ils seront en haut de l'affiche, aucun des deux ne fera un pas vers l'autre. Ils sont trop pris par leurs responsabilités. Il faudra qu'ils aient pris leurs distances avec le foot de haut niveau pour faire éventuellement la paix.Anderlecht sort du trou avec ses victoires contre Athènes et Westerlo mais le problème de fond subsiste. A part quelques individualités comme Silvio Proto, Mbark Boussoufa et Romelu Lukaku, je vois surtout des joueurs qui ne sont pas à leur niveau.A Bruges, on n'est toujours pas bien dans les têtes. On ne compte plus les agressions, les réactions de frustration, les cartes inutiles. Contre Lokeren, NabilDirar et Vadis Odjidja ont encore dérapé. Après un bon match, quand ça va bien, les Brugeois deviennent nonchalants. Quand ça va mal, on les sent irrités et ils perdent leur self-control. Le crédit d'Adrie Koster ne sera pas éternel. Bruges est maintenant 8e et on ne lui permettra plus beaucoup d'accidents de parcours.Avant le sommet de dimanche, j'ai les mêmes craintes qu'avant chaque choc : croisons les doigts en espérant qu'il n'y aura pas d'accidents. Dans les deux équipes, je vois des joueurs qui ne sont pas assez adultes, qui supportent mal la pression. C'est un volcan annoncé.Je pensais qu'avec la nouvelle formule du championnat, il y aurait moins de limogeages d'entraîneur car toutes les équipes gardent plus longtemps des chances de sauver leur saison. Mais les C4 continuent de pleuvoir. Celui de Bart De Roover à Zulte Waregem m'étonne par son timing. Après avoir travaillé plus de 15 ans avec Francky Dury, ce club savait quand même qu'il ne trouverait pas le clone de ce coach, qu'il se lançait dans une autre aventure. Mais on n'a pas donné à De Roover l'occasion de faire ses preuves, d'imprimer sa griffe, d'imposer ses méthodes de travail. Le virer après 12 matches, c'est trop tôt. C'est clair que la succession de Dury était une mission gigantesque mais les dirigeants doivent aussi se remettre en question. Avaient-ils choisi le bon entraîneur ? Dury et De Roover ont des conceptions fort différentes. Dury respectait tous les adversaires mais savait convaincre ses joueurs qu'il était possible de battre tout le monde. De Roover montrait trop de respect pour les équipes d'en face et pratiquait alors un football très prudent, par moments à la limite du catenaccio. C'est peut-être inévitable pour ceux qui arrivent des divisions inférieures : ils ne croient pas dans les chances de leur équipe. Le coach du Germinal Beerschot est de plus en plus sous pression. Je ne suis pas convaincu qu'il durera encore longtemps. La défaite de Gand au Standard confirme que cette équipe n'a plus le niveau de l'an dernier. Elle avait déjà pris une gifle contre Genk et a aussi perdu au Club Bruges. Son manque d'expérience l'empêchera de finir sur le podium. Le Standard poursuit son redressement mais est encore loin de ce qu'il montrait les années de ses titres. Il reste beaucoup de boulot pour Dominique D'Onofrio. En première mi-temps, son club a eu du mal à dominer un Gand pas très bon. C'est surtout au positionnement de Gohi Bi Cyriac qu'il faut travailler. Il reste trop loin devant, trop près de l'attaquant de pointe alors qu'il devrait décrocher pour se rapprocher du rôle qu'occupait Igor de Camargo quand le Standard était dominant. L'avantage, c'est qu'ils sont deux pour mettre de la pression sur la défense centrale. Le gros inconvénient, c'est que Cyriac laisse beaucoup d'espaces dans son dos et devient inutile en perte de balle : du coup, l'entrejeu adverse prend le dessus. Le Standard doit essayer de revenir au 4-2-3-1 qui a fait sa force. Soap à Manchester et je n'aime pas ça ! Manchester United, peut-être le plus grand club du monde, s'est laissé mettre sous pression par Wayne Rooney. Il a eu ce qu'il voulait et cela illustre tout le pouvoir des joueurs dans le foot d'aujourd'hui. Le mardi, il annonce qu'il quitte United car il ne se retrouve plus dans les ambitions de ce club. C'est sidérant d'entendre un footballeur déclarer que Man. Utd ne serait plus ambitieux ! Rooney orchestre alors tout un scénario avec ses agents et les propriétaires de Manchester City qui seraient prêts à lui offrir ce qu'il demande. Au bout du compte, United craque et le fait prolonger jusqu'en 2015 à des conditions financières complètement dingues. Rooney serait maintenant le joueur le mieux payé du monde. C'est pénible de voir qu'un club pareil se soit laissé déstabiliser par un joueur. Et entre le moment où Rooney a déclaré qu'il partait et la signature de son nouveau contrat, il y a eu des menaces de mort par des supporters : cette histoire a dérapé de tous les côtés. C'est révélateur de l'évolution des m£urs dans le foot de haut niveau. Sportivement, United fait une bonne affaire. Mais une affaire qui lui coûte plus d'un million d'euros par mois. par MARC DEGRYSE