1 Semaine casse-gueule en Coupes d'Europe

La première journée des Belges dans les Coupes d'Europe a été exceptionnelle avec deux victoires et deux nuls, mais il ne faut pas rêver : ça ne se reproduira pas souvent. Cette semaine, par exemple, je pense que nous allons prendre très peu de points. Si on analyse le calendrier, cette deuxième journée est peut-être la plus difficile de toutes. Chaque point pris pourra être considéré comme une victoire.
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La première journée des Belges dans les Coupes d'Europe a été exceptionnelle avec deux victoires et deux nuls, mais il ne faut pas rêver : ça ne se reproduira pas souvent. Cette semaine, par exemple, je pense que nous allons prendre très peu de points. Si on analyse le calendrier, cette deuxième journée est peut-être la plus difficile de toutes. Chaque point pris pourra être considéré comme une victoire. Leverkusen traverse un gros passage à vide en Bundesliga mais je vois mal Genk ramasser quelque chose là-bas. Parce que ça reste une D1 allemande, et que Genk n'a toujours pas retrouvé son niveau de la saison dernière. La bonne nouvelle là-bas, c'est le retour de Kevin De Bruyne, mais il n'est pas encore au top pour le championnat de Belgique, alors il ne faut pas espérer grand-chose de lui contre Leverkusen. Anderlecht devrait souffrir aussi sur le terrain du Lokomotiv Moscou. Ronald Vargas est dans le même cas que De Bruyne : les gros rendez-vous européens, c'est encore trop tôt. Ce week-end, le Sporting n'a pas été impressionnant contre un mauvais Beerschot. L'éclaircie, c'était Lucas Biglia. Tiens, à son propos, j'espère qu'il a compris que s'il voulait enfin partir dans un meilleur championnat, il ne pourrait plus se contenter d'être bon épisodiquement en Pro League : c'est sur la scène européenne et nulle part ailleurs qu'on le jugera. Un point à domicile contre le Cercle, c'est insuffisant. Copenhague vient jeudi à Liège. Sur le papier, ce n'est pas insurmontable, mais pour moi, cette équipe est comparable à Hanovre et c'est costaud. C'est un peu le même style de jeu : pas spectaculaire, mais qui sait faire mal là où il le faut. Il a encore pris trois points en faisant un match sérieux contre Mons. Mais il va à Braga, finaliste de la dernière Europa League. Vendredi dernier, on a vu lors de Porto - Benfica que le championnat portugais était vraiment d'un bon niveau. Ramener quelque chose ne sera pas évident. Dimanche soir, Genk reçoit Anderlecht. Je ne suis pas sûr qu'on puisse s'attendre à un match de haut niveau, sur le plan de l'engagement notamment. Parce que les deux équipes risquent fort d'être épuisées. Elles auront toutes les deux joué en déplacement. Genk aura l'avantage d'avoir affronté Leverkusen le mercredi, mais on voit là-bas que le noyau est étroit, et ça se manifeste déjà alors que la saison n'est pas encore très avancée. Anderlecht a plus de possibilités en profondeur, Ariel Jacobs peut se permettre de changer plus souvent, mais jouer à Moscou un jeudi soir alors qu'il faut disputer un choc pendant le week-end n'est pas simple. La Russie reste la Russie, il y a le décalage horaire, les fatigues du voyage. C'est une occasion pour le coach d'essayer d'autres choses. Pourquoi pas des changements sur les flancs de la défense, où Olivier Deschacht et Denis Odoi continuent à... ne pas me convaincre ? Demba Ba a marqué trois buts avec Newcastle. Ben oui, c'est le petit gars qui s'était révélé chez nous avec Mouscron et avait vite été vendu à Hoffenheim. La saison passée, il n'a eu besoin que de quelques matches avec West Ham pour prouver qu'il avait le niveau de la D1 anglaise. C'est étonnant qu'aucun de nos grands clubs ne se soit mis très vite sur la balle dès qu'il a percé avec Mouscron. Quand un joueur pareil part à l'étranger, c'est terminé, il est définitivement trop cher. Même chose avec Dries Mertens, qui vient encore de scorer quatre fois avec le PSV. Cela lui fait 11 goals en sept matches, c'est fou. Quand il a été annoncé en partance d'Utrecht, en fin de saison dernière, j'ai dit qu'Anderlecht devait faire un effort financier pour le rapatrier. Mais la direction a dit non : 7 millions, c'était trop. Le Sporting a quand même trouvé pas mal d'argent pour transférer d'autres joueurs. Ronald Vargas, Dieumerci Mbokani et Milan Jovanovic peuvent devenir des gars rentables mais il aurait fallu oser le pari Mertens. Dans un an ou deux, on dira sans doute que le PSV a fait une affaire en or, qu'il a eu ce joueur pour une croûte de pain. Il vaudra probablement une quinzaine de millions. Thibaut Courtois a passé son premier grand test avec l'Atletico Madrid et il a vu ce que c'était de jouer au Nou Camp en face de Lionel Messi et des autres : il a encaissé cinq buts, le tarif habituel là-bas. Cela n'enlève rien à son rêve : on ne faisait que le découvrir il y a un an, et aujourd'hui, il joue une heure et demie chaque semaine dans le championnat d'Espagne. Romelu Lukaku a commencé un match avec Chelsea, contre Fulham, et il a même été très bon : c'est l'info positive. Mais il faut replacer l'info dans son contexte. C'était en Coupe de la Ligue, la compétition qui intéresse le moins les clubs anglais, et dès que les choses sérieuses reprennent en championnat, il est de nouveau écarté de l'équipe de base. Je ne le vois pas entamer dix rencontres cette saison. Pour moi, il n'en aura même pas la possibilité : je crains de plus en plus qu'il ne soit prêté dès le mois de janvier. Il y a un an et quatre mois, l'Inter réussissait un triplé historique avec José Mourinho. Depuis, qu'est-ce qu'on n'a pas tartiné sur les tares de ce coach : football négatif, comportement cynique, etc. Tout cela est justifié. Mais si on analyse le parcours de l'Inter depuis son départ, on doit bien admettre que Mourinho est bel et bien exceptionnel. Bosser dans ce club, c'est affronter au quotidien une histoire, un contexte souvent difficile et un président pas facile à vivre. Avec Mourinho, ça se passait très bien. L'équipe gagnait beaucoup et il y avait peu de remous. Depuis qu'il est parti, il y a déjà trois entraîneurs qui se sont cassé la figure : Rafael Benitez, Leonardo et tout récemment Gian Piero Gasperini. C'est maintenant Claudio Ranieri qui s'y colle : je suis curieux de voir ce que ça va donner. PROPOS RECUEILLIS PAR PIERRE DANVOYE