1 L'argent prend le pas sur le palmarès

A l'époque où j'étais encore joueur, bien peu de mes collègues étaient sensibilisés à l'idée de poursuivre leur trajectoire en Russie ou dans l'un ou l'autre des pays du golfe Persique. Mais les temps ont changé. De nos jours, ces destinations ne sont plus seulement prisées par des éléments sur le retour, comme Roberto Carlos à Anzhi Makhachkala mais aussi par des garçons en pleine fleur de l'âge tels Mbark Boussoufa, qui a, comme le Brésilien, abouti au Daghestan. Et ce qui vaut pour le génial Marocain est manifestement d'application, aussi, pour d'autres acteurs de notre championnat. Le défenseur camerounais de Genk, Eric Matoukou, s'est dit charmé ces derniers jours par une offre d'un club russe. Idem pour Mehdi Carcela, courtisé par le Spartak Moscou, ou encore Steven Defour suivi par le Lokomotiv Moscou. Le Proche-Orient exerce, lui aussi, manifestement, la même fascination. Autrefois, c...

A l'époque où j'étais encore joueur, bien peu de mes collègues étaient sensibilisés à l'idée de poursuivre leur trajectoire en Russie ou dans l'un ou l'autre des pays du golfe Persique. Mais les temps ont changé. De nos jours, ces destinations ne sont plus seulement prisées par des éléments sur le retour, comme Roberto Carlos à Anzhi Makhachkala mais aussi par des garçons en pleine fleur de l'âge tels Mbark Boussoufa, qui a, comme le Brésilien, abouti au Daghestan. Et ce qui vaut pour le génial Marocain est manifestement d'application, aussi, pour d'autres acteurs de notre championnat. Le défenseur camerounais de Genk, Eric Matoukou, s'est dit charmé ces derniers jours par une offre d'un club russe. Idem pour Mehdi Carcela, courtisé par le Spartak Moscou, ou encore Steven Defour suivi par le Lokomotiv Moscou. Le Proche-Orient exerce, lui aussi, manifestement, la même fascination. Autrefois, c'étaient également des has been qui débarquaient là-bas, comme l'Argentin Gabriel Batistuta, ou, plus près de nous encore, l'Italien Fabio Cannavaro, qui vient de mettre fin à sa carrière à Al-Ahly (Arabie Saoudite) où il devient DT. Aujourd'hui, des valeurs sûres font le pas aussi. Le ton avait été donné par l'Anderlechtois Christian Wilhelmsson et le Lensois Aruna Dindane. L'ex-buteur de Genk, Moumouni Dagano avait suivi lui aussi le même exemple. A l'avenir, pareils transferts seront sans doute de plus en plus courants, l'argent semblant prendre de plus en plus le pas sur toute autre considération. Il n'y a pas que les joueurs qui sont attirés par ces nouveaux eldorados. Les entraîneurs le sont aussi. Ruud Gullit n'a pas su résister à l'appel des Tchétchènes de Terek Grozny (épisode terminé...) ou de Michel Preud'homme qui officie actuellement à Al Shabab, en Arabie Saoudite. Deux anciens monstres sacrés du ballon rond qui ont clairement déclaré qu'ils ne pouvaient refuser l'offre financière qui leur avait été faite. Avant l'arrêt- Bosman, les clubs avaient tout à dire. A présent, ce sont les joueurs qui ont le plus souvent le dernier mot. Les exemples sont en tout cas de plus en plus nombreux de footballeurs qui n'hésitent pas à mettre leurs dirigeants sous pression pour obtenir gain de cause. Ronald Vargas est allé au clash avec la direction brugeoise pour obtenir sa liberté ; JonathanLegear n'a de cesse de dire que ses jours à Anderlecht sont comptés et les Genkois Kevin De Bruyne et Thibaut Courtois ont d'ores et déjà leurs idées ailleurs qu'au stade du Phénix. Le clou, c'est quand même la menace du gardien du Racing, Koen Casteels, de faire éventuellement appel à la loi de 1978 pour obtenir sa liberté à Genk et forcer ainsi un passage chez les Allemands d'Hoffenheim. Si la situation avant la loi Bosman n'était pas bonne (elle faisait la part belle aux clubs), il ne faut pas non plus tomber dans l'autre extrême. Je suis contre l'utilisation de cette loi de 1978 dans notre pays et viserais aussi une plus grande uniformité européenne au niveau de la situation contractuelle des footballeurs, ce que demande d'ailleurs UEFA et FIFA. Il n'est pas normal qu'on puisse mettre un joueur sous contrat à 14 ans dans tel ou tel pays, alors qu'il faut attendre 16 ans chez nous. Beaucoup s'attendaient à ce que l'Argentine, pays organisateur de la Copa America, et son principal adversaire, le Brésil, dominent cette compétition. Il n'en est rien et les Cariocas devront même cravacher contre l'Equateur, ce mercredi, pour obtenir leur passe-droit en quarts. Au même titre que les Argentins, malmenés eux aussi depuis le début de l'épreuve, les internationaux brésiliens ont été trop sollicités. Depuis la Coupe du Monde 2010, ils ont joué sans discontinuer. Il me paraît normal qu'ils recherchent leur deuxième souffle. N'oublions pas que comparativement aux autres nations engagées dans ce tournoi, les meilleurs éléments de ces deux pays évoluent tous dans des championnats huppés et que la saison 2010-11 a tenu la plupart d'entre eux en haleine jusqu'au bout. Il suffit de songer à Lionel Messi, qui a dû cravacher avec le FC Barcelone pour maintenir le Real Madrid à distance en Liga espagnole et qui a gagné la Ligue des Champions. Si les joueurs belges ont besoin de souffler après 40 matches, que dire alors des Sud-Américains ? Je comprends que les responsables anderlechtois mettent tout en £uvre pour attirer Milan Jovanovic au Parc Astrid. Avec ses états de service et son style, c'est lui et nul autre qui s'impose comme le successeur tout désigné de Mbark Boussoufa. Le Serbe, c'est une garantie de succès car il a tout : le talent, la personnalité et la polyvalence. Avec lui dans ses rangs, le Sporting, en quête d'équilibre sur le flanc gauche, serait paré. Car l'ancien Standardman est capable de s'imposer dans n'importe quel système : le 4-2-3-1 cher à Ariel Jacobs, mais aussi le 4-3-3 ou le 4-4-2. C'est le chaînon manquant au RSCA. Avec son concours, Anderlecht serait le super-favori pour le titre. PROPOS RECUEILLIS PAR BRUNO GOVERS