1 Supprimer les play-offs, c'est retourner au Moyen Age

Une évaluation du système des play-offs après une saison et demie à peine, c'est un non-sens. Un bilan au bout de trois ans aurait été plus indiqué. Même si, dans ce cas, on aurait sans doute débouché sur la même issue qu'aujourd'hui. Car, qu'on le veuille ou non, ce ne sont pas les grands qui font la loi dans notre football, mais les petits. Comme ils sont plus nombreux que les ténors, le mot de fin leur revient toujours. Et ça ne fait manifestement pas avancer les choses. Le retour à un championnat classique s'assimilerait à mes yeux au Moyen Age. En lieu et place d'aller de l'avant, on recule. La logique aurait voulu qu'on reparte à 16 sur les anciennes bases. Mais non, on le fera à 18. Tant qu'on y est, pourquoi pas à 20 ? En PremierLeague c'est le cas, et en Espagne aussi. Pourquoi n'imiterions-nous pas le même exemple ? La Jupiler Pro League, c'est le top, non ? Une question m'interpelle quand même : comment allons-nous passer de 16 à 18 clubs en fin de campagne ? Il faudra une adaptation du règlement. Voilà qui promet une belle foire d'empoigne entre les mal lotis de l'éli...

Une évaluation du système des play-offs après une saison et demie à peine, c'est un non-sens. Un bilan au bout de trois ans aurait été plus indiqué. Même si, dans ce cas, on aurait sans doute débouché sur la même issue qu'aujourd'hui. Car, qu'on le veuille ou non, ce ne sont pas les grands qui font la loi dans notre football, mais les petits. Comme ils sont plus nombreux que les ténors, le mot de fin leur revient toujours. Et ça ne fait manifestement pas avancer les choses. Le retour à un championnat classique s'assimilerait à mes yeux au Moyen Age. En lieu et place d'aller de l'avant, on recule. La logique aurait voulu qu'on reparte à 16 sur les anciennes bases. Mais non, on le fera à 18. Tant qu'on y est, pourquoi pas à 20 ? En PremierLeague c'est le cas, et en Espagne aussi. Pourquoi n'imiterions-nous pas le même exemple ? La Jupiler Pro League, c'est le top, non ? Une question m'interpelle quand même : comment allons-nous passer de 16 à 18 clubs en fin de campagne ? Il faudra une adaptation du règlement. Voilà qui promet une belle foire d'empoigne entre les mal lotis de l'élite et la tête de la D2. Puisque la voix des grands n'a pas été entendue, je ne vois pas pourquoi, à leur tour, ils ne pourraient pas songer à leur propre intérêt en matière de droits télé. Ce sont leurs matches qui intéressent prioritairement le grand public et non des rencontres de bas de classement. Je comprendrais, dans ces conditions, qu'ils songent à une clé de répartition plus avantageuse pour eux. Ou qu'ils vendent individuellement leurs droits.Le Club Bruges éliminé dans sa poule, nos espoirs européens reposent sur Anderlecht et La Gantoise. Mais ils sont ténus. Le Sporting n'est plus maître de son sort et ce devrait être tout profit pour l'AEK Athènes qui aura affaire à un Zenit Saint-Pétersbourg complètement démobilisé. Reste à voir aussi si les Mauves sont à mêmes de venir à bout de l'Hajduk Split car ils ne respirent pas la grande forme. Ce n'est que justice qu'ils aient perdu leur première place au profit du Racing Genk, dans la mesure où les joueurs d' ArielJacobs n'affichent plus un comportement de leaders depuis longtemps. La moitié de ses cadres semblent carrément hors forme et ce n'est guère rassurant avant d'aller donner la réplique aux Bleu et Noir. Il y a un mois, ce match aurait été tout à fait déséquilibré. A présent, vu la forme ascendante des Brugeois, la donne a subitement. En cas d'uppercut européen, un autre pourrait suivre en championnat pour les Bruxellois ! La Gantoise, malmenée lors de ses premières sorties en Europa League, est finalement mieux lotie qu'Anderlecht car un point lui suffit contre Lille pour assurer sa pérennité européenne. Mais les Buffalos sont appelés à souffrir contre une équipe nordiste qui n'occupe pas pour rien la tête du classement en France. Les huitièmes de finale de la Ligue des Champions impliqueront donc quatre clubs anglais, trois espagnols et italiens, deux allemands et français de même qu'un ukrainien et un danois. 14 sur 16 pour les cinq compétitions majeures, c'est un signe qui ne trompe pas. Ceux-là font la loi chaque année et, contrairement à ce qui se passe chez nous, ils ne doivent nullement craindre une révolte des sans-grade. Au lieu de se lamenter ou de vouloir changer les modalités d'accession au parterre des grands, il vaut sans doute mieux s'inspirer de l'exemple du FC Copenhague qui, avec un budget de 6,5 millions d'euros, prouve qu'il est possible de réaliser de grandes choses. Les petits ne sont bien sûr pas tous logés à la même enseigne. On l'a vu avec Zilina, Bursaspor et le Partizan Belgrade qui n'ont fait que de la figuration. Mais les exceptions existent. Les Danois en sont une. Au même titre que les Norvégiens de Rosenborg Trondheim l'avaient été avant eux. Chapeau à Michel Preud'homme qui, avec le FC Twente, est parvenu à décrocher la troisième place, synonyme de passerelle vers l'Europa League, dans un groupe comportant Tottenham, l'Inter Milan et le Werder Brême. Compte tenu de la qualité de ces adversaires, les Tukkers auraient dû en principe fermer la marche. Ils ont finalement réussi au-delà des espérances en pratiquant un très beau football. Leur match de clôture face aux Londoniens, qui s'est soldé par 3-3, était un petit chef-d'£uvre. A mes yeux, ce Twente-là n'a pas encore dit son dernier mot sur la scène européenne. Il peut aller loin, à condition de conserver l'essentiel de ses forces vives. Ce qui ne sera pas simple puisqu'il est question du départ de leur joueur emblématique, Theo Janssen, à Wolfsbourg. Plusieurs joueurs ont effectué leur grand retour sur les terrains le week-end passé. Je songe à Jelle Vossen et Kevin De Bruyne au Racing Genk ou à Mbark Boussoufa à Anderlecht. Je discerne un dénominateur commun à toutes ces rentrées : elles ont eu lieu en avance sur les prévisions les plus optimistes. Et l'on remarque le même phénomène pour certaines revalidations en cour. Comme chez Olivier De-schacht, par exemple, qui a aussi une dizaine de jours d'avance sur le programme établi. Si chez lui, il faudra patienter un certain temps, vu la gravité de sa blessure, avant qu'il ne retrouve son niveau, je suis tout de même frappé de constater combien une indisponibilité de moins d'un mois n'a que peu d'effet sur le rendement d'un joueur. Au contraire, elle peut même s'avérer bénéfique. Vossen, par exemple, avait l'air un peu émoussé et paraissait avoir perdu le sens du but avant ses ennuis à la cheville. A peine retapé, le voilà qui marque à nouveau comme à la parade. PROPOS RECUEILLES PAR BRUNO GOVERS