1 Le Club ne sait pas tuer un match

L'affiche de la 14e journée a été agréable : un chouette match mais pas une rencontre de top niveau ou de qualité européenne. C'était pas mal du tout dans le contexte belge mais sans plus. Avec le recul, on peut affirmer que le Club a raté l'affaire en or à Anderlecht, l'occasion de se rapprocher du top 6 et de s'éloigner de la crise. L'effectif a été secoué après la défaite contre le Dinamo Zagreb en Europa League. On évoquait des nouveautés comme la venue d'un psychologue. Bruges a pu aligner sa meilleure équipe au stade Constant Vanden Stock avec l'apport de Ronald Vargas. Les Mauves, par contre, devaient se passer de Lucas Biglia, Mbark Boussoufa, Jan Polak et Olivier Deschacht. C'est énorme. Anderlecht s'est cherché face au jeu technique de Bruges. A 0-2, score mérité après 20 minutes de jeu, le Club n'a pas su tuer le match. Cette équipe doit encore apprendre à gagner un match. C'est un problème.
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L'affiche de la 14e journée a été agréable : un chouette match mais pas une rencontre de top niveau ou de qualité européenne. C'était pas mal du tout dans le contexte belge mais sans plus. Avec le recul, on peut affirmer que le Club a raté l'affaire en or à Anderlecht, l'occasion de se rapprocher du top 6 et de s'éloigner de la crise. L'effectif a été secoué après la défaite contre le Dinamo Zagreb en Europa League. On évoquait des nouveautés comme la venue d'un psychologue. Bruges a pu aligner sa meilleure équipe au stade Constant Vanden Stock avec l'apport de Ronald Vargas. Les Mauves, par contre, devaient se passer de Lucas Biglia, Mbark Boussoufa, Jan Polak et Olivier Deschacht. C'est énorme. Anderlecht s'est cherché face au jeu technique de Bruges. A 0-2, score mérité après 20 minutes de jeu, le Club n'a pas su tuer le match. Cette équipe doit encore apprendre à gagner un match. C'est un problème. Il ne sert à rien de briller avant de trembler sur ses jambes. Or, c'est ce qui est arrivé en fin de première mi-temps. Ivan Perisic a été survolé par Roland Juhasz : 1-2. Deux minutes plus tard, Kanu profite d'une perte de balle du duo Vadis- KarelGeraerts et lance Romelu Lukaku : 2-2. Bruges a perdu son capital de la 42e à la 44e minute de jeu. Ces erreurs et ces absences même de courte durée doivent absolument être gommées. Cela arrive trop souvent. Une équipe du top ne peut pas perdre la tête et encaisser de tels buts. Certains disent que les Brugeois peuvent se reconstruire en s'appuyant sur cette mi-temps. Non, ce n'est pas suffisant. Il fallait infliger une défaite à cet Anderlecht prenable. Bruges a plus besoin de points et d'une série de matches sans défaite que de beau jeu. Tout le monde sait que Bruges est capable de proposer un football attractif mais cela ne suffit pas pour gagner. Si ce n'est pas rentable, il vaut mieux en revenir à un football moins chatoyant à certains moments mais plus organisé, surtout à la récupération et en défense. En première mi-temps, les Mauves ont livré leur plus mauvais football de la saison avec ce qui fut montré en Coupe de Belgique contre l'US Centre. Si Vargas, victime d'une fracture du nez, était resté au jeu, Bruges aurait émergé. Les Mauves ont sauvé la mise sur des contres mais n'ont su gérer la circulation du ballon sans Boussoufa. Anderlecht ne peut pas s'en passer. Le club de Preud'homme est au centre de toutes les attentions. Et on y parle beaucoup d'un autre Liégeois et ancien du Standard : Nacer Chadli. Ce gaucher vient de marquer trois buts importants : contre le PSV, à Brême et face à l'Excelsior. Twente est leader. Rapide, technique, réaliste et concret, Chadli y est pour beaucoup. En plus de cela, un autre attaquant belge nage dans le bonheur aux Pays-Bas : Björn Vleminckx de NEC. Il a marqué 11 buts en 13 matches dont trois face à De Graafschap. C'est sa deuxième saison en Hollande où il bénéficie notamment des conseils d'un fameux entraîneur des attaquants : Patrick Kluivert. Vleminckx en profite amplement. Si Chadli épate à Twente, il faut songer à lui dans le cadre de l'équipe nationale. Je me suis parfois interrogé mais, c'est évident, la fédération doit rencontrer d'urgence des joueurs comme Chadli, Mehdi Carcela, Mémé Tchité. C'est du talent qui nous ferait du bien. La France ou l'Allemagne puisent dans ces filons. On ne peut pas l'ignorer. Bob Peeters était l'entraîneur des attaquants de Gand la saison passée. C'est une exception. Quand on voit ce qu'il leur a apporté, je me dis que ce job devrait être généralisé en Belgique. Les Buffalos se sont glissés à la deuxième place du classement général. Je ne crois pas que Gand réalisera le même bilan que la saison passée sous la direction de Michel Preud'homme. C'était exceptionnel dans le bilan et la qualité. Cela dit, Ivan De Witte et Michel Louwagie peuvent dormir sur leurs deux oreilles : leur club est entré dans une période de confirmation et vivra une saison intéressante. Gand a signé un bel exploit en secouant le Sporting Portugal en Europa League. Ce succès face à un très bon adversaire était mérité. Les Buffalos se sont relancés et tout pourrait se jouer lors de leur déplacement à Lille. Au début de cette campagne, j'espérais qu'un club belge puisse passer l'hiver européen au chaud. Bruges est hors combat mais Anderlecht et Gand gardent toutes leurs chances. La sensation vient d'Eupen qui s'est brillamment imposé au Standard. Albert Cartier a bien relancé les promus, qui ne sont plus des oiseaux pour le chat. Les gars du Kehrweg jouaient bien en D 2 mais, un étage plus haut, tout est différent, plus dur, plus organisé, etc. En France, Arles est largué comme c'est le cas de Willem II aux Pays-Bas : c'est mauvais pour la qualité de ces championnats. Eupen a abandonné la lanterne rouge et inquiète le Lierse, Saint-Trond et le Germinal Beerschot. Il y a lutte tant en tête de la D1 que dans les caves de l'élite. J'ai aussi retrouvé le vrai Kevin Vandenbergh, ce renard des surfaces. Laurent Ciman avait stabilisé la défense mais son absence contre Eupen ne peut expliquer de telles errances dans les placements et les interventions. Rien n'était harmonieux dans ce secteur et le pompon, c'est le duo Felipe-Ramos : il y a longtemps qu'on sait que cela ne fonctionne pas avec eux. Comme il n'y a pas de grande formation sans défense à la hauteur de ses ambitions, le Standard doit d'urgence solidifier ses fondements. S'il n'y a pas de solution en interne, il s'agira d'examiner le problème à la trêve. PROPOS RECUEILLIS PAR PIERRE BILIC