1 Il faut penser à des coaches mentaux

J'ai été ébranlé par le suicide du gardien allemand Robert Enke qui, malgré les succès à Hanovre et avec la Mannschaft, a composé pendant bon nombre d'années avec une immense détresse. Je ne sais trop si l'apport d'un psychologue l'aurait empêché de commettre son geste, tant le mal paraissait profond, mais un coach mental est une nécessité dans le football d'aujourd'hui.
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J'ai été ébranlé par le suicide du gardien allemand Robert Enke qui, malgré les succès à Hanovre et avec la Mannschaft, a composé pendant bon nombre d'années avec une immense détresse. Je ne sais trop si l'apport d'un psychologue l'aurait empêché de commettre son geste, tant le mal paraissait profond, mais un coach mental est une nécessité dans le football d'aujourd'hui. Peut-être pas pour l'aspect du collectif, dans la mesure où un entraîneur doit être capable de préparer psychologiquement ses joueurs en fonction des matches ou des objectifs, mais plutôt pour le suivi personnalisé. Celui qui ne joue pas, qu'il soit blessé ou qu'il ne fasse pas partie des plans du coach, est fragilisé. Dans les sports individuels, cet apport est entré dans les m£urs. En tennis, certains parlent même de gourou, mais dans les disciplines collectives, on est encore loin du compte. Chez nous, du moins, car à l'étranger cette pratique est de plus en plus courante. De même, il n'y est pas rare qu'hormis un préparateur des gardiens, le staff technique comporte aussi des préparateurs pour la défense, l'entrejeu et l'attaque. En Belgique, on est en retard de plus d'une guerre...Les Diables Rouges, qui s'étaient débrouillés face à la Turquie et l'Estonie sans entraîneur des gardiens, ont eu le bon goût de compenser cette lacune par la nomination d'Hans Galjé. Dans la mesure où il est difficile de faire appel pour cette fonction à un coach opérant chez l'un des ténors de notre championnat, j'applaudis le choix de ce technicien de haut vol, que j'ai connu à Bruges et qui donne pleine satisfaction à MouscronAprès les matches aller des barrages, dans la zone européenne, une équipe a déjà plus qu'un pied en Afrique du Sud : la France, qui s'est imposée 0-1 en Irlande. Pour les autres, mes faveurs vont à la Bosnie-Herzégovine, malgré sa défaite 1-0 au Portugal, à l'Ukraine, qui a réussi un nul vierge en Grèce, et à la Russie, en dépit de sa victoire étriquée contre la Slovénie. Côté bosniaque, le duo Edin Dzeko- Sead Ibanisevic pourrait renverser complètement la vapeur face à un opposant privé de Cristiano Ronaldo. Pour ce qui est des Russes, je crois en la patte de lapin de leur coach, Guus Hiddink. L'homme a tellement d'expérience qu'il mènera une fois encore sa mission à bonne fin. Dans la zone Afrique, le dernier ticket qualificatif devrait être l'apanage de l'Egypte face à l'Algérie lors de la belle entre les deux pays organisée ce mercredi à Omdurman au Soudan. Les Pharaons seront dans une winning mood, vu qu'ils ont redressé une situation longtemps compromise lors des arrêts de jeu devant les Fennecs. Leur situation est un peu comparable à celle du Standard lors des playoffs : Anderlecht avait tout en main pour boucler le championnat à son avantage avant de réaliser un partage inattendu à Tubize. Résultat des courses : une poussée d'adrénaline pour les Rouches face à un adversaire au moral entamé. Même s'il ne s'agissait que d'une joute amicale, au Qatar, le Brésil m'a fait une énorme impression face à l'Angleterre. Je ne vois pas la moindre lacune dans cette formation. A mes yeux, elle s'impose comme favorite pour la Coupe du Monde, devant l'Espagne. Parmi les outsiders, en raison de l'organisation de l'épreuve sur le sol africain, je vois bien l'une ou l'autre formation de ce continent créer des surprises aussi. Je songe à la Côte d'Ivoire et au Cameroun en priorité. On peut se réjouir de la victoire face à la Hongrie. C'est le deuxième succès en autant de rencontres sur nos terres, sous l'ère Advocaat, après celui forgé contre la Turquie. On a beau dire que les Turcs étaient démobilisés au moment de nous défier et que les Magyars ne sont pas des foudres de guerre, je retiens quand même la victoire ! Ce n'était pas souvent arrivé même contre des adversaires à notre portée sur papier sous la coupe de René Vandereycken. C'est non négligeable car si on veut se qualifier pour une phase finale, il importe toujours d'engranger le maximum à la maison tout en grappillant quelque chose à l'extérieur. A cet égard, les débuts avec d'Advocaat sont prometteurs. On dit souvent, à tort ou à raison, que les Diables manquent de flancs. Ce n'était pas le cas devant la Hongrie, car Sepp De Roover a fait figure de révélation au poste de back droit, tandis que le back gauche (!) Thomas Vermaelen a ponctué sa prestation sans faille d'un but. Mais c'est devant, surtout, qu'on aura noté de belles satisfactions. En premier lieu dans le chef d'Eden Hazard. A 18 ans, le Lillois a tout d'un futur grand : technique en mouvement, vitesse, coup d'£il, sens tactique. De l'autre côté, Kevin Mirallas m'a emballé aussi malgré une entame laborieuse. Avec ces deux-là, la Belgique possède de bons pourvoyeurs sur les flancs. Reste à trouver un finisseur, capable de mettre leurs bons services au fond du but. Pour moi, Tom De Sutter est davantage un remiseur. C'est pourquoi, à moyen terme, je vois bien Romelu Lukaku faire l'affaire. Mais il est trop tôt pour le lancer dans le bain. A 16 ans, il convient de le ménager. Or, Anderlecht va au-devant d'une saison très longue : il y a le championnat new look d'un côté et, de l'autre, ses implications européennes. Car il ne fait pas de doute que les Sportingmen passeront l'hiver au chaud. Le garçon devra donc se multiplier dans les mois à venir. Si les Diables se greffaient là-dessus, ce serait trop pour lui. propos recueillis par bruno govers